THOMAS François, Marie

Par Roger Pierre

Né le 7 juin 1886 à Damgan (Morbihan), mort le 13 août 1970 à Viroflay (Yvelines) ; professeur de Lycée à Tournon (Ardèche) , militant socialiste puis communiste et à nouveau socialiste.

Fils d’un cantonnier, François Thomas, officier d’infanterie pendant la Première Guerre mondiale, perdit un œil et eut la mâchoire à demi-fracassée. Libéré avec le grade de capitaine et la croix de la Légion d’honneur, il prépara l’agrégation d’histoire et la passa avec succès ; il fut nommé au lycée de Tournon (Ardèche), où il enseigna jusqu’en 1925.

François Thomas adhéra à l’ARAC et fut délégué en 1920 à la propagande. Il assura de nombreuses conférences dans la Drôme et l’Ardèche. Membre du Parti socialiste, il fit campagne pour l’adhésion à la IIIe Internationale. Cependant, au lendemain du congrès de Tours, Thomas déclara qu’il ne croyait « à aucun évangile, fût-il marxiste », et craignait de voir, après la scission, s’exaspérer les tendances, à droite et à gauche. S’adressant publiquement à son camarade Jules Nadi*, député de la Drôme, dans les colonnes de l’hebdomadaire le Sud-Est, il appela à cesser les controverses pour maintenir l’unité. Thomas quitta le PC en 1922. À la fin de 1923, il constitua à Tournon un « groupe Jean-Jaurès » et jeta les bases d’une Fédération socialiste dans l’Ardèche, où la SFIO ne comptait plus que vingt adhérents à la date du 20 décembre 1923. Orateur de talent, François Thomas participa en 1924 à la campagne des élections législatives et apporta son soutien aux candidats de la liste du Cartel des gauches, notamment au républicain-socialiste Antériou, dont il contribua à assurer l’élection.

Antériou étant devenu ministre des Pensions dans les cabinets Painlevé en 1925-1926, il prit Thomas comme sous-chef de cabinet. Après la chute du ministère, François Thomas ne revint pas à Tournon ; il fut nommé professeur à Aix-en-Provence puis à Paris. Lorsque Antériou accepta, au lendemain des élections de 1928, d’entrer dans le ministère Poincaré, il prit son ancien collaborateur comme chef de cabinet.

Mais les rapports d’Antériou avec la Fédération socialiste de l’Ardèche se détériorèrent brusquement. A deux reprises, les congrès fédéraux de l’Ardèche réclamèrent à la commission nationale des conflits un contrôle, puis un blâme à l’encontre de Thomas.

Son fils Jean-François, volontaire à la 2e division blindée du général Leclerc, fut tué au cours des combats de Lorraine, en 1944.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article132542, notice THOMAS François, Marie par Roger Pierre, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Roger Pierre

ŒUVRE : « Annonay, étude de géographie urbaine », Revue de géographie alpine, 1923. — Le Vivarais et les Ardéchois à Paris, Aubenas, éd. Habauzit, 1930 (en coll.). — Le Vivarais, Grenoble et Paris, Arthaud, 1947 (en coll. avec Marthe Thomas). — Fresques vivaroises, 1925.

SOURCES : Arch. Dép. Ardèche, 15 M 30. — Le Réveil annonéen, 1919. — Le Réveil ardéchois, 1919-1920. — Le Journal de Valence, La Drôme socialiste, 1919-1920. — Le Sud-Est, 1920-1921. — L’Humanité, éd. du Midi, 3 décembre 1923. — L’Ardèche socialiste, 1929-1930. — Roger Pierre, Les origines du syndicalisme et du socialisme dans la Drôme, Paris, Éd. Sociales, 1974.

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