THÉVENON Urbain, Marius

Par Jean Lorcin

Né le 6 août 1901 à Saint-Nizier-de-Fornas (Loire) ; mort le 10 avril 1973 à Saint-Étienne (Loire). Instituteur à Cellieu (Loire)], puis directeur d’école à Roche-la-Molière (Loire), militant syndicaliste révolutionnaire de la Loire.

Urbain Thévenon naquit dans une famille de serruriers, issue elle-même d’une vieille famille de tisserands, milieu dans lequel s’était épanouie la tradition anarchiste. Une donation lui permit d’obtenir une bourse et il put fréquenter l’école primaire supérieure, filière vers l’École normale d’instituteurs de Montbrison où il acheva ses études (1917-1920). Syndiqué comme beaucoup de ses camarades de promotion, il lisait Le Populaire du Centre et le journal pacifiste La Vague.
Il accueillit avec enthousiasme la Révolution russe. Mais cette adhésion était ambiguë. À travers la Révolution russe, Thévenon, comme beaucoup d’autres syndicalistes révolutionnaires, projetait ses propres désirs. L’équivoque ne résista pas à la lutte que se livrèrent communistes et syndicalistes révolutionnaires au sein de la CGTU. Thévenon adhéra au Comité syndicaliste révolutionnaire puis fut en 1922 membre du conseil d’administration de la Bourse du Travail de Firminy, en même temps que du conseil du syndicat de l’enseignement. Des syndicalistes révolutionnaires quittèrent peu à peu la CGTU et, en 1926, certains fondèrent la CGT-S.R. En 1926, Thévenon fut de ceux qui fondèrent la Ligue syndicaliste qui devint par la suite le Comité pour l’indépendance du syndicalisme et qui regroupa des syndicats minoritaires. La liaison momentanée avec le comité de Lyon permit aux militants stéphanois de s’exprimer dans les colonnes de l’hebdomadaire L’Effort. En 1927, Thévenon devint secrétaire adjoint de la Bourse du Travail de Saint-Étienne. Il forma un noyau local de militants liés à La Révolution prolétarienne. Le PC, en 1929, accusait cet « ennemi farouche de la CGTU et des syndicats unitaires » de s’efforcer d’ « entraîner le syndicat unitaire de l’enseignement dans l’autonomie. »
En 1930, il devint secrétaire adjoint de l’Union locale confédérée puis de l’Union départementale, en 1933, Thévenon fonda alors à Saint-Étienne et à Firminy des « collèges du travail » dont le but était l’éducation syndicale des militants, collèges où enseigna entre autres Simone Weil. Thévenon, au nom du Comité pour l’indépendance du syndicalisme, prit sa défense dans L’Effort (23 janvier 1931) lorsque, professeur de philosophie au lycée de jeunes filles du Puy, elle fut menacée d’être mutée parce qu’elle avait participé à une manifestation de chômeurs.
Urbain Thévenon et sa femme Albertine Thévenon furent nommés instituteurs à Cellieu, dans les environs de Saint-Etienne, vers 1933.
En 1934, après la signature du pacte d’unité d’action, il participa à un meeting électoral au Chambon-Feugerolles où il dénonça la « politique du gouvernement d’union nationale dirigée contre tous les ouvriers en commençant par les fonctionnaires » et termina par un appel à l’unité syndicale. Il n’en aurait pas moins refusé une action commune avec la CGTU contre la venue du colonel de La Rocque à Saint-Etienne le 12 juin 1934 (Interview de Marcel Thibaud, 12 juillet 1975). Pour Thévenon, l’unité syndicale ne pouvait se faire que sur la base de l’indépendance du syndicalisme d’où sa proposition au congrès d’unification du 19 janvier 1935 de décréter l’incompatibilité des mandats politiques et syndicaux car il craignait « que des luttes intestines étrangères au syndicat soient introduites ». Il participa aux côtés des militants de La Révolution prolétarienne, à la conférence « Contre la guerre et l’Union sacrée », organisée les 10-11 août 1935 à Saint-Denis par les majoritaires du rayon de Saint-Denis.
Nommé membre de la commission exécutive de l’UD unifiée, il consacra ses efforts à regrouper les ex-confédérés et les autonomes. Cette minorité trouva son expression à partir de février 1937 dans le mensuel La Voix syndicaliste dont la diffusion atteignit de 5 à 8 000 exemplaires, malgré les difficultés « pour présenter le journal à la sortie des usines. » Le premier numéro du journal, paru en février 1937, témoignait du maintien de la tradition pacifiste et syndicaliste révolutionnaire : « Nous nous dresserons avec force contre toute cette campagne chauvine, contre l’idéologie militariste, contre toute préparation morale des esprits à la guerre. Nous répudions le mot Nation qui suppose qu’on peut défendre à la fois les intérêts des exploiteurs et des exploités [...] Prolétaires, nous n’avons pas de patrie. »
Secrétaire du comité de défense de Garnier-David (voir ces noms), deux militants cégétistes du Bâtiment accusés d’avoir trempé dans le meurtre d’un chef de chantier, Thévenon protesta, au 3ème Congrès de l’UD-CGT, le 8 mai 1938, contre l’abandon de ces syndicalistes à la vindicte de la justice. Empêché d’intervenir à la tribune par Benoît Frachon, qui déclara précipitamment adoptée la résolution du bureau de l’UD, Thévenon entraîna 153 des délégués, représentant 30 syndicats, hors de la salle.
C’est aux pacifistes comme lui que pensait Benoît Frachon lorsqu’il déclara, au cours du même congrès : « Si loin que les instituteurs aient poussé leur étude de l’Histoire, ils n’ont pas compris tellement ils sont stupides ce que le bon sens ouvrier a si bien retrouvé : le sentiment national » (cité par H. Destour, Les Syndicalistes révolutionnaires …, op. cit., pp. 95-96).
Devenu en 1938 secrétaire du SNI pour la Loire, poste qu’il conserva jusqu’en 1940, Thévenon impulsa le Centre syndical d’action contre la guerre dont le syndicat des instituteurs constituait la cheville ouvrière. En pleine crise des Sudètes, le groupe stéphanois du Centre syndical d’action contre la guerre, resté « fidèle aux enseignements de la 1ère Internationale, de la C.G.T. d’avant-guerre et de la C.G.T.U. de 1922 », invoquait le droit des « minorités à « disposer d’elles-mêmes » (Tribune, 26 septembre 1938). Répondant à un manifeste jugé belliciste du Parti communiste, il mettait en garde les lecteurs de La Tribune contre le risque d’être entraîné dans la guerre « pour empêcher les 3.500.000 Allemands des Sudètes de redevenir Allemands, même si cela correspond à leur volonté » et dénonçait la démagogie du parti communiste qui tentait de lier la question des « menaces contre les 40 heures » à celle de la politique internationale, alors que celle qu’il préconisait ne pouvait « aboutir qu’à une accélération de la course aux armements », ce qui ne pouvait que mettre en péril les conquêtes sociales de la classe ouvrière (Tribune, 23 septembre 1938). Le 30 septembre 1938, Thévenon pour le SNI et Blanc pour la Fédération des œuvres laïques publièrent un communiqué : « Nous ne voulons pas la guerre... nous demandons que le message de raison du président Roosevelt soit entendu. »
La grève du 30 novembre 1938 contre les décrets-lois de Daladier fut l’occasion d’une polémique entre les minoritaires et l’UD. Les minoritaires reprochèrent à l’UD d’avoir lancé la grève sur le thème : « Les décrets-lois sont la conséquence des accords de Munich », thème « impopulaire dans le syndicat des instituteurs qui est attaché à la paix et a toujours lutté pour les négociations entre nations ».
Au nom du SNI, Thévenon envoya à Daladier une missive l’engageant « fermement à ne pas précipiter notre pays dans la guerre, mais à essayer au contraire d’arrêter le conflit germano-polonais par la continuation des pourparlers. En cas d’impossibilité, vous engage à ne pas généraliser ce conflit. C’est vous qui, par votre vote, sauverez ou perdrez des milliers d’êtres humains » (1er septembre 1939).
Après la signature du Pacte germano-soviétique, Thévenon prit la tête de la campagne pour l’exclusion des communistes de l’UD. Thévenon devint secrétaire adjoint de la nouvelle UD. A ce titre, il intervint en faveur d’un ouvrier radié à tort de l’affectation spéciale comme militant communiste. Il s’inquiétait d’ailleurs de voir le patronat profiter de la situation pour revenir sur les conquêtes du Front populaire, comme les conventions collectives.
Il assura le secrétariat de l’UD, conjointement avec Ernest Gastal, de la Bourse du Travail de Roanne, à partir du 14 juillet 1940, à la suite de la démission du secrétaire général, André Garnier.
Entre 1940 et 1942, il fut déplacé en Ardèche, à Vagnas, « par le régime de Vichy qui craignait son influence non conformiste », rappelle un des fondateurs de la CGT-FO dans la Loire, Tony Peyre (Arch. Dép. Loire, 20 J 30, Fonds Tony Peyre, 3e secrétaire général de l’UD-FO Loire), « pour avoir organisé une grève », précise Pétrus Faure (La terreur rouge, …, op. cit., p. 142) – s’agirait-il de la grève du 30 novembre 1938 ? —. De fait, il faisait partie des membres du corps enseignant, militants syndicalistes ou pacifistes, frappés sans discernement par le gouvernement de Vichy et victimes de l’esprit de revanche du patronat. L’arrivée au pouvoir de l’Amiral Darlan fit espérer une évolution qu’annonçait le discours du Maréchal à Saint-Etienne. De fait, le nouveau Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Pierre Pucheu, adversaire déclaré des « trusts », condamna explicitement une répression qui frappait des syndicalistes non communistes dont le seul tort était d’avoir fait leur devoir « en un temps où les revendications étaient le seul moyen d’obtenir ce qui était dû » (Au Travail, 2 août 1941) et l’on assista à la libération spectaculaire, entre autres, de Lecoin, un des auteurs du tract « Paix immédiate », et de Robert Louzon, de la « Révolution prolétarienne », dont le seul tort avait été de combattre « les va-t-en guerre qui nous ont poussé dans la situation où notre pays se trouve aujourd’hui », faisait observer Urbain Thévenon (« Il faut créer un climat favorable », Au Travail, 20 septembre 1941). Il fallut toutefois attendre l’arrivée au pouvoir d’un « ministre socialiste » Au Travail, 30 mai 1942) en la personne du vieux militant syndicaliste révolutionnaire Hubert Lagardelle, successeur de René Belin au ministère du Travail, et de Pierre Laval, qui s’était toujours prononcé pour le rapprochement des peuples et la révision du traité de Versailles pour voir enfin revenir dans la Loire Urbain Thévenon, une mesure qui faisait « plus pour la Révolution Nationale que des kilogs d’affiches et de tracts », exultait la rédaction de l’hebdomadaire Au Travail le 27 juin 1942. Thévenon y a écrit quelques articles qui lui seront reprochés à la Libération.
Au Travail, « hebdomadaire populaire syndicaliste » fondé le 30 novembre 1940, se plaçait dans le sillage du Secrétaire d’Etat au Travail René Belin pour assurer la continuité du syndicalisme, un syndicalisme français, constructif, « débarrassé de la tutelle de tous les politiciens » (Marcel Roy, « Le véritable syndicalisme continue », Au Travail, n° 1, 30 novembre 1940). C’était le vieux thème de l’indépendance du syndicalisme qui revenait à la surface, et ce alors que René Belin avait accepté d’entrer dans le gouvernement du Maréchal Pétain. Comme lui, Au Travailse prononçait pour la collaboration intérieure, entre ouvriers et patrons, aussi bien qu’extérieure, entre la France et l’Allemagne, dans la suite logique du pacifisme des années 30. Au Travails’inscrivait dans le droit fil de la revue La Révolution prolétarienne. Tous se réclamaient d’un syndicalisme constructif, inspiré du « planisme » de De Man. C’était le sens que les syndicalistes donnaient à la Charte du Travail, à laquelle ils se ralliaient à condition qu’elle fasse sa juste place au syndicalisme. Les articles d’Urbain Thévenon s’inscrivaient dans le droit fil de cette interprétation syndicaliste de la Charte du Travail.
On lui a également reproché sa participation, du 3 au 17 mai 1942, à un stage à l’École Nationale des Cadres Civiques de Mayet-de-Montagne dont le but était de donner une formation intellectuelle aux futurs cadres syndicaux. Urbain Thévenon, qui y représentait l’Office des Comités Sociaux de la Loire, croyait y retrouver l’idéal syndicaliste révolutionnaire des « minorités agissantes ».. Aussi pensait-il prolonger l’expérience de Mayet-de-Montagne par l’ouverture de « collèges du travail » dans toutes les Bourses du Travail (« Pour préparer l’avenir : reconstituons nos cadres », Au Travail, 13 juin 1942). On a donc pu lui reprocher également sa collaboration, de retour dans la Loire où il réintégra son école à Roche-la-Molière, à l’école des cadres de Terrenoire où il assura un cours de formation syndicale en même temps qu’il créait un centre d’études d’esprit syndicaliste révolutionnaire, dans le cadre du collège départemental du travail ouvert par l’UD, le 6 septembre 1942, sous la direction de Thévenon, en attendant l’ouverture de cercles d’études locaux qui devaient voir le jour en novembre 1943. Ces cours ne devaient rien avoir de « scolaire » : on se proposait de faire surtout appel à l’esprit de réflexion, au sens critique des participants, ce que traduit le choix délibéré d’une pédagogie active, à base d’études dirigées et de travaux pratiques. On visait en effet plus à donner une formation pratique aux futurs cadres des comités sociaux prévus par la Charte du Travail qu’une formation théorique. C’était la reconstitution des « collèges du travail » d’avant guerre.
Jugé par un tribunal d’honneur en 1944, il argua pour sa défense du fait qu’il s’était opposé à la Charte du Travail. En fait, Urbain Thévenon était resté un partisan inconditionnel de l’indépendance syndicale, mais pas au point de rompre les contacts avec le pouvoir en place, ne fût-ce que pour continuer à défendre les intérêts ouvriers en acceptant de participer comme par le passé à des organismes de « collaboration » (Urbain Thévenon, « L’indépendance syndicale est la sauvegarde de la pensée ouvrière », Au Travail, 8 août 1942). Pour autant, il se refusait à renier en bloc le « marxisme », doctrine « destinée à nous guider vers l’émancipation des travailleurs » (Urbain Thévenon, « Une doctrine révolutionnaire », Au Travail, 5 seprembre 1942), telle que la concevaient les syndicalistes révolutionnaires, pour qui l’action directe de la classe ouvrière, par l’intermédiaire des syndicats, était le seul moyen de faire la « révolution prolétarienne » (Urbain Thévenon, « Une interprétation du marxisme », Au Travail, 12 septembre 1942). Sur ces bases, il s’opposait à la désignation par le patronat des délégués ouvriers aux comités sociaux provisoires d’entreprise et conditionnait son adhésion à la Charte du Travail à la subordination des Comités sociaux aux syndicats. Mais son adhésion à la Charte du Travail supposait que l’on vainque de « sourdes résistances, camouflées quelquefois derrière un paternalisme choquant », faute de quoi la Charte du Travail ne servirait qu’à consolider le pouvoir des « trusts » (Urbain Thévenon, « Quinzième anniversaire de la catastrophe du Puits Combes », Au Travail, 10 juillet 1943). L’éviction d’Hubert Lagardelle, qui avait affirmé « Pas de syndicats, pas de Charte », du Ministère du Travail ne pouvait que conforter ces appréhensions (Paul Noirière, « La Charte continue … », Au Travail, 25 décembre 1943). C’était l’enterrement du syndicalisme, qu’annonçait Urbain Thévenon sur la tombe de Pierre Arnaud, abattu vraisemblablement par des Résistants communistes :
« (…) Pierre Arnaud, tu représentais pour nous une idée : l’idée d’une société où le formule de chacun pour tous et de tous pour chacun aurait été matérialisée. Cette idée est mise au second plan. On met au premier plan l’idée de communautés dirigées par des élites hiérarchisées : on s’oriente vers de nouvelles formes d’exploitation, vers la consécration de nouveaux privilèges » (Urbain Thévenon, « Adieu à Pierre Arnaud », Au Travail, 22 janvier 1944). Mais ces propos crépusculaires n’étaient-ils pas aussi l’expression du « vent de panique » qui soufflait sur les « traîtres usurpateurs des postes syndicaux », pour reprendre le vocabulaire de La Vie ouvrièreclandestine du 22 février 1944, menacés dans leur pouvoir par le retour en masse des travailleurs vers leurs syndicats, à l’appel de la CGT ? Thévenon fut menacé, dans une lettre déposée dans la boîte du secrétaire de la Bourse du Travail le 24 juillet 1944, en des termes qui prenaient un sens sinistre après l’assassinat d’Arnaud : « Touron-Thévenon-Gastal-Thiollière, sont des traîtres du Mouvement syndical. Ils essayent de donner le change, mais rien ne fera oublier leur trahison. Le moment approche où ils seront jugés » (Arch. Dép. Loire, 85 W 143. RG, Saint-Etienne, 28 juillet 1944).
Le tort d’Urbain Thévenon ne se limitait-il pas au choix d’une politique de présence qui visait, dans la perspective d’une guerre longue, à économiser au maximum les militants ouvriers, fait observer Jean Duperray ( Mémorial de « l’Insurgé, p 42), d’autant moins suspect d’indulgence qu’il avait choisi la Résistance ?
Les communistes lui reprochaient aussi d’avoir été témoin à charge au procès de Riom, où il aurait fait valoir que tous les membres de la CE de l’UD arrêtés pour avoir organisé une réunion clandestine à Saint-Jean-Bonnefonds au début de la guerre étant communistes ou sympathisants, ils tombaient sous le coup de la loi (Interview de Claudius Buard, 5 mai 1971.
Thévenon tombait donc sous le coup des mesures d’exclusions prises par l’UD-CGT de la Loire à la demande du bureau confédéral CGT, exclusions sanctionnées légalement par une Commission départementale de déchéance syndicale sans attendre la réunion d’un tribunal d’honneur qui, en janvier 1945, demanda sa révocation de l’Education nationale avec droits à la retraite. Cet avis fut entériné par les assemblées syndicales en 1945. Thévenon, mis à la retraite d’office, alla travailler à Paris comme correcteur dans une imprimerie.
Il fut réintégré après un conseil extraordinaire du SNI réuni le 24 février 1949.
Il milita par la suite à l’UD-FO.

Pour la préparation du congrès du SNI de 1952, il publia, dans L’École libératrice du 27 juin, avec huit autres militants, connus pour leur proximité avec le courant « Force ouvrière », un texte dit d’ « orientation syndicale » préconisant la recherche prioritaire de l’unité « dans l’indépendance absolue du mouvement syndical ». Le chapeau indiquait qu’il participait activement à la campagne menée par la FEN-FO et le Syndicat confédéré des instituteurs pour présenter une liste FO aux dernières élections à la commission administrative paritaire départementale. Pour le congrès de 1953, il signa la « motion d’orientation des amis de la CGT-F0 » présentée par des militants des Côtes du Nord. Pour celui de 1954, il signa la motion d’orientation des « amis de Force ouvrière »

Il animait un Cercle d’études Syndicalistes qu’il représenta au bureau du Comité de défense des libertés des peuples d’outre-mer de la Loire fondé à Saint-Etienne le 6 janvier 1955. Thévenon retrouvait dans ce comité ses vieux compagnons de lutte, Jean Duperray, Jean Seigne, André Garnier. Tous s’accordaient à défendre le droit des peuples colonisés à l’autodétermination. Cela les amena à s’opposer à la poursuite de la guerre d’Algérie. Ils s’opposèrent également à la Constitution de 1968.

Urbain Thévenon, retraité, continua à militer à l’UD-FO où il s’occupa d’éducation syndicale. Féru d’histoire, il occupa sa retraite à la direction de deux chantiers de fouilles archéologiques, et à l’étude du mouvement ouvrier auquel il avait consacré sa vie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article132379, notice THÉVENON Urbain, Marius par Jean Lorcin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 septembre 2018.

Par Jean Lorcin

SOURCES : Arch. Dép. Loire, 4 M 127, 85 W 101, 85 W 143, 97 VT 49, 342 VT 1, 20 J 30, 20 J 52. – Articles cités. – La Tribune Républicaine, 1938-1939 ; 12 janvier 1956 ; 30 décembre 1957 ; 11 janvier 1958. – Le Cri du Peuple, 1926-1939. – La Révolution prolétarienne, février et avril 1927, 15 février 1929, mars 1949, mai 1973. – La Voix syndicaliste, février 1937, 25 mai 1938. – La Dépêche, 10 janvier 1945, 2 janvier 1958, 6 février 1961. – Le Patriote, 24 septembre 1958. – Au Travail, 21 juillet 1941 ; 27 juin et 19 décembre 1942 ; 23 janvier, 20 février, 13 mars, 15 mai, 5 juin, 24 juillet et 4 décembre 1943. — L’Ecole libératrice, 1950-1954. — Papiers Thévenon. – Jean Lorcin et Gérard Raffaëlli, « Thévenon Urbain, Marius », in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, 4e période, Paris, Editions de l’Atelier. - Henry Destour, Les syndicalistes révolutionnaires et le mouvement syndical dans le département de la Loire entre les deux guerres mondiales, Mémoire de Maîtrise, Saint-Etienne, 1971. - Hervé Blettery, Le mouvement ouvrier dans la Loire sous la 4ème République. Pluralisme syndical et unité d’action dans la région stéphanoise (1944-1948), Mémoire de Maîtrise, Saint-Etienne, 1985.. — Simone Weil, La condition ouvrière, préface d’Albertine Thévenon, Paris, Gallimard, 1951 ; 1976. — Pétrus Faure, Histoire du mouvement ouvrier dans le département de la Loire entre les deux guerres mondiales, Saint-Etienne, Imprimerie Dumas, 1956 ; La Terreur rouge, Saint-Etienne, Imprimerie Dumas, 1975. — Jean Duperray, Mémorial de l’Insurgé, Lyon, Imprimerie Nouvelle Lyonnaise, 1968. — Simone Pétrement, La vie de Simone Weil, Fayard, 1973. — Monique Luirard, La Région stéphanoise dans la guerre et dans la paix (1936-1951), Centre d’Etudes foréziennes/Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur les Structures régionales, 1980. — Michel Dreyfus, « Syndicats, nous voilà ! Le syndicalisme vichyssois à travers un journal : Au Travail », in : Vichy 1940-1944 : Archives de guerre d’Angelo Tasca, sous la direction de Denis Peschanski, Paris, Éditions du CNRS / Milano, Feltrinelli, 1986. — Daniel Colson, « La Charte du travail et le syndicat des Métaux de Saint-Étienne », in : Les ouvriers en France pendant la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Denis Peschanski et Jean-Louis Robert, actes du colloque, Paris, CNRS, 22-24 octobre 1992. - Jean-Pierre Le Crom, Vichy et le corporatisme, Paris, Les Editions de l’Atelier, 1995. — Notes de Jacques Girault.

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