TELLIER Alphonse, Alexandre

Par Jean Gaumont et Justinien Raymond

Né à Amiens (Somme) le 29 septembre 1876, mort le 29 septembre 1954 à Lillers (Pas-de-Calais) ; ouvrier cordonnier ; socialiste, syndicaliste, coopérateur ; maire de Lillers (Pas-de-Calais) ; député du Pas-de-Calais.

Alphonse Tellier
Alphonse Tellier

Né à Amiens, fils d’un fileur et d’une repasseuse, Alphonse Tellier entra à l’âge de treize ans comme apprenti dans une manufacture de chaussures. A seize ans il adhéra à un groupe de Jeunesses socialistes. Revenu du régiment, il se fit inscrire à la section socialiste et au syndicat des Cuirs et Peaux d’Amiens. En 1899, Tellier fut nommé secrétaire de ce syndicat et secrétaire adjoint de la Bourse du Travail. Avec quelques camarades, il fonda, en 1900, la « Cordonnerie ouvrière » d’Amiens que le Magasin de Gros reprit en 1910. Lors d’une élection partielle au conseil municipal en 1902, Alphonse Tellier fut élu sur la liste socialiste. Secrétaire adjoint de la fédération socialiste de la Somme, il devint, en septembre 1906, secrétaire général. Il assista comme délégué au XVe congrès national corporatif — 9e de la CGT — et à la conférence des Bourses du Travail tenus à Amiens du 8 au 16 octobre 1906. En 1907, le Magasin de Gros des coopératives, qui venait de reprendre l’Union des cordonniers de Lillers (35 sociétaires), demanda à Tellier de venir en assumer la direction aidé, pour la partie commerciale, par son fidèle collaborateur Marien. En un seul exercice, la production passa de 87 000 F à 330 000 F Trois ans plus tard, la cordonnerie fit place à une véritable manufacture de chaussures que le MDG inaugura solennellement en mai 1911 avec le concours de Jaurès. Dans le Pas-de-Calais, Alphonse Tellier se mit à la disposition de la fédération socialiste pour la propagande. En 1919, il fut élu maire de Lillers et, en 1929, député du Pas-de-Calais ; il ne fut pas réélu en 1932. Comme coopérateur et membre de la Maison du Peuple de Lillers, il présida le congrès de la fédération des Coopératives du Pas-de-Calais le 15 juin 1913.

En 1928, Alphonse Tellier fut élu député de la 1re circonscription de Béthune : arrivé en tête au premier tour avec 7 176 voix, devant les candidats républicains de gauche, de droite et le communiste Obry (1 758 voix), Tellier fut élu avec 9 308 voix sur 20 674 inscrits. En 1932, passant d’un tour à l’autre de 7 232 à 8 922 voix sur 21 001 inscrits et bénéficiant d’un important report de voix du candidat communiste Dubus, Alphonse Tellier fut néanmoins battu par le candidat de droite (9 132 voix). En 1936, il retrouva son siège grâce à la discipline du Front populaire : sur 21 238 inscrits, il obtint 7 325 voix, devant le communiste Duport (3 370) qui se désista pour lui. Au ballottage, Tellier l’emporta sur Decroix par 10 264 voix contre 8 938. Réélu maire de Lillers en 1936, il resta en fonction jusqu’en 1944.

Alphonse Tellier ne put se rendre à Vichy pour le vote du 10 juillet 1940 et son attitude sous l’Occupation lui permit de demeurer au Parti socialiste à la Libération.

Son petit-neveu Léon Tellier*, allait devenir secrétaire de la fédération de la Somme.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article132134, notice TELLIER Alphonse, Alexandre par Jean Gaumont et Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean Gaumont et Justinien Raymond

Alphonse Tellier
Alphonse Tellier

SOURCES : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes T. II de l’Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière publiée sous la direction de Compère-Morel, Paris, Quillet, 1913, p. 632. — L’Avant-Garde, 14 décembre 1902. — Germinal, 17 mai 1907. — Le Populaire, 12 juin 1928 et 12 avril 1936. — Jean Gaumont, Histoire générale de la coopération en France, Paris, Fédération Nationale des coopératives de consommation, t II, 1923, t I, 1924, p. 528 et 533. — Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — J. Jolly, Dict. parl. — L’Avant-Garde, 14 décembre 1902. — Germinal, 17 mai 1907.

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