TAHRAT Larbi [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot

Né en 1896 à Flaye Sidi Aïch, Bougie (Petite Kabylie, Algérie), mort à Alger en avril 1975 ; instituteur à Constantine ; militant syndicaliste ; animateur du Congrès musulman ; militant socialiste .

Larbi Tahrat entra à l’École normale de la Bouzaréah à Alger puis devint instituteur à Constantine. En 1936, il était professeur de cours complémentaire et, après la guerre, directeur du collège d’enseignement général de Constantine.

En 1931, alors qu’il enseignait à l’école Jules-Ferry de Constantine, Larbi Tahrat devint directeur du journal La Voix des humbles qui exprimait les revendications égalitaires, très assimilationnistes, des instituteurs d’origine indigène. Il était aussi secrétaire de la Ligue des citoyens français d’origine musulmane. Il fut l’un des animateurs du congrès des instituteurs d’origine indigène qui se tint à Bougie en avril 1936 et fut membre du bureau de cette association. En 1935, il avait été élu conseiller municipal de Constantine sur la liste du docteur Bendjelloul, leader de la Fédération des élus, mouvement de notables réclamant l’assimilation pour lutter contre la prépondérance politique du colonat.

En 1936, Larbi Tahrat se rapprocha du Front populaire à travers le mouvement du Congrès musulman, rassemblant les différentes tendances politiques algériennes, y compris le Parti communiste. Ce fut lui qui présida, le 7 mai 1936, la séance inaugurale du comité de Constantine dont il devint le secrétaire ; en juin, il participa au congrès général d’Alger et fit partie des délégations à Paris du congrès musulman. Il fut l’un défenseur du projet Blum-Viollette qui proposait d’élargir la citoyenneté française à quelque vingt mille Algériens. À l’encontre de la campagne antisémite du maire de Constantine, Morinaud, il évoqua « le peuple algérien », composé de musulmans et d’israélites. Le Républicain de Constantine, journal de Morinaud, fit campagne contre lui, l’accusant d’être « passé aux rouges » et de trahir les électeurs et le docteur Bendjelloul. Le Conseil d’État annula, en juillet 1936, son élection au conseil municipal. Larbi Tahrat se représenta en janvier 1937, mais fut battu.

L’action politique de Larbi Tahrat s’affirma alors au titre du Congrès musulman — il participa à la fondation des Jeunesses musulmanes algériennes (Jeunesses du Congrès musulman), dont le Ier congrès se tint à Constantine dans les locaux de l’université populaire en juin 1937 — et à celui de la SFIO dont il se réclamait. En mai 1937, il était délégué de la Fédération de Constantine au congrès SFIO à Paris. En octobre, il était candidat socialiste au conseil général dans la circonscription de Bougie mais n’obtint que 52 voix. Larbi Tahrat fut révoqué par le gouvernement de Vichy. Après la guerre, il joua encore un grand rôle dans la Fédération SFIO de Constantine.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131887, notice TAHRAT Larbi [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 29 janvier 2016.

Par René Gallissot

SOURCES : Fanny Colonna, Instituteurs algériens (1883-1939), PFNSP, 1975. — Presse locale dépouillée par P. Montoy.

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