STARKOFF Véra (EFFRONT Thérèse, épouse Schutz, dite)

Par Notice complétée par Marianne Enckell

Née en Pologne (alors Russie) le 1er avril 1867, morte à Paris en mars 1923 ; auteure dramatique, traductrice.

Née Teresa Tova (Tauba) Ephron (aussi orthographié Efron, Effront), d’un père éditeur à Saint-Pétersbourg, la jeune fille s’inscrivit à l’Université de Genève en 1884 mais s’établit à Paris dès 1889, où elle prit le pseudonyme de Véra Starkoff. Elle publia cette même année un opuscule sur La Sibérie.

Elle épousa en 1892 Léon Paul Nicod, dont elle eut deux enfants.

Le 21 décembre 1900 fut fondée la Fédération des syndicats féminins qui élisit son comité, composé de Pauline Savari (secrétaire générale), Louise Réville et Diane Savelli (secrétaires adjointes) et des déléguées, Louise Ruben, Hubertine Auclert, Vera Starkoff, J. Bornier et Verlain. Les adhésions étaient reçues au siège social, 4. boulevard Malesherbes, et au secrétariat, 10 rue Antoine Roucher (XVIe arrondissement).

Véra Starkoff fut une des fondatrices des Universités populaires, et notamment de cekke de Montreuil-sous-Bois ; c’est probablement là qu’elle se mit à écrire des pièces de théâtre aux thèmes féministes et sociaux qu’elle y faisait jouer. En 1909 elle fonda le Théâtre de l’Idée. Elle traduisit aussi des œuvres de Pouchkine, de Tchernychevski et de Korolenko, et donna des cours de russe pour gagner sa vie.

Elle était active au sein de l’Union fraternelle des femmes, de la Libre Pensée, et fut initiée à la Franc-maçonnerie en 1901.

Elle se réclamait de la philosophie de Léon Tolstoï. Elle publia plusieurs ouvrages dont l’un, consacré au bolchevisme, fut préfacé par Han Ryner et illustré par son deuxième mari, Robert Adolphe Schutz. Elle y écrivait : « Il y a dans le bolchevisme une nouvelle vérité et une vieille erreur. C’est la grande loi universelle du Travail proclamée dans la doctrine tolstoïenne, et c’est la violence combattue inlassablement par la pensée ardente du "grand écrivain de la terre russe". » Selon elle, la violence compromettait le régime des soviets.

En 1915, elle avait publié un Appel aux femmes et aux mères allemandes, proche des thèses de l’union sacrée.

Sa tombe figure au cimetière Montparnasse.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131640, notice STARKOFF Véra (EFFRONT Thérèse, épouse Schutz, dite) par Notice complétée par Marianne Enckell, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 19 octobre 2019.

Par Notice complétée par Marianne Enckell

ŒUVRE : La Sibérie, Plon, 1899. —L’Amour libre, pièce sociale en un acte, Paris, P.V. Stock, 1902. — L’Issue, pièce sociale en deux actes, Paris, P.-V. Stock, 1903. — Le Petit Verre, Paris, P.V. Stock, 1904 (comédie sociale en un acte représentée au Grand-Guignol le 20 novembre 1904). — Le vrai Tolstoï, Éd. Figuière, 1911. — Le Bolchevisme, Éd. du Fauconnier, 1922. — Tchernichevsky, Éd. Les Portraits d’hier.

SOURCES : Voir Œuvre. — Le Populaire, 23 mars 1923. — Cecilia Beach, Staging politics and Gender : French Women’s Drama, 1880-1923, New York, Palgrave 2005. — Monique Surel-Turpin et al., Au temps de l’anarchie, un théâtre de combat, 3 vol., Paris, Séguier, 2001. — Caroline Granier, "Nous sommes des briseurs de formules" : les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Ressouvenances, 2008. – Séverine Auffret, Georges Vayrou, « Une militante à (re)découvrir, Véra Starkoff », Cahiers d’Histoire 143, 2019. – Notice de Dominique Petit sur Louise Réville.

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