SOUTAN Julien, Samuel

Par Nadia Ténine-Michel

Né le 11 août 1906 à Essonnes (Seine-et-Oise), mort le 6 mai 1968 à Mulhouse (Haut-Rhin) ; métallurgiste puis gérant de coopérative ; militant des JC puis communiste en Seine et Seine-et-Oise.

Fils d’un ouvrier papetier sympathisant communiste (gruttier à la papeterie Darblay), Julien Soutan, titulaire du CEP, ouvrier métallurgiste, frère de Rémi Soutan* , adhéra en 1921 aux Jeunesses socialistes-communistes de Corbeil et en 1931 au Parti communiste. Pendant son service militaire, il constitua un groupe de soldats se livrant à de la propagande antimilitariste ce qui lui valut d’être condamné à trois mois de prison (il s’était fait photographier au milieu d’un groupe de soldats en tenant une pancarte avec faucille et marteau).

Libéré de ses obligations militaires, il devint en 1925 secrétaire des Jeunesses communistes d’Essonnes et membre du Comité d’entente. Poursuivi en 1930 pour avoir manifesté contre la guerre, condamné avec son frère par défaut (lui à six mois de prison (son frère à neuf), il gagna comme illégal, la Belgique où il milita difficilement. Revenu à Paris, devenu secrétaire de rayon, il fut arrêté et incarcéré pendant six mois. C’est durant son incarcération que Julien Soutan fut candidat en 1931 au conseil général dans le canton de Corbeil. Sorti de prison le 31 août 1931, il se présenta en 1932 aux élections législatives dans la 4e circonscription de Pontoise où il obtint 5,1 % des suffrages exprimés.

Il suivit une école communiste de rayon, une école départementale, une école régionale et une école nationale.


Coopté au comité départemental et au bureau, nommé responsable de la Région Paris-Sud du PC, il devint en 1934 un des permanents, pour une durée d’un an, pour la Région parisienne. Domicilié ensuite à Boulogne-Billancourt (Seine), devenu gérant de coopérative, il remplaça Léon Pinçon* à la tête du rayon communiste. En 1936, Julien Soutan brigua à nouveau un siège de député dans la circonscription de Rambouillet où il rassembla 12 % des suffrages exprimés. Pendant la campagne, il avait rappelé à ses électeurs sa condamnation à six mois de prison que lui avait value « sa lutte contre la guerre » en 1930 sous le ministère Tardieu. Il fut relevé de son secrétariat de section en janvier 36 sans en comprendre la raison : "j’aurais seulement voulu qu’on me dise pourquoi".

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131581, notice SOUTAN Julien, Samuel par Nadia Ténine-Michel, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 12 mars 2011.

Par Nadia Ténine-Michel

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise, 2 M 11/18, 11/20, 11/26, 16/13, 16/19, 2 M 30/7, 30/28, 4 M 2/68. — J.-P. Depretto, Les Communistes et les usines Renault de Billancourt (1920-1936), MM, Paris IV, 1974. — Arch. Com. Boulogne-Billancourt. — RGASPI, Moscou, 517 1 1663 ; 495 270 7101, autobiographie, 24 février 1932 et 16 août 1938, classé A1.
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