SANDRO Charles

Par Jacques Girault

Né le 13 novembre 1898 à Toulon (Var), mort le 17 mai 1958 au congrès socialiste du Luc, déclaré le 18 mai 1958 au Pradet (Var) ; instituteur ; secrétaire adjoint de la Fédération socialiste SFIO du Var (1934-1939), secrétaire fédéral (1944-1948) ; résistant.

Ses parents, Italiens naturalisés, avec trois enfants, tenaient le restaurant de la Croix blanche à Toulon, place d’Italie. Sa mère, après l’avoir vendu en 1919, se retira au Pradet. Catholiques non pratiquants, ils firent donner à leur fils les premiers sacrements. Bon élève, Charles Sandro obtint le certificat d’études primaires et commença un apprentissage de serrurier malgré son instituteur qui voulait le pousser. Son père, encouragé par un de ses pensionnaires, Clément, le futur maire de Saint-Mandrier, accepta de l’inscrire à l’école primaire supérieure Rouvière. Il entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Draguignan (1915-1917). Mobilisé dans l’Infanterie, le 18 avril 1917, il fut blessé à Sainte-Marie-à-Py (Marne) Py (Marne) le 29 septembre 1918.

Charles Sandro exerça, après sa démobilisation, le 23 octobre 1919, comme instituteur à Régusse (juin 1920), à Aups (octobre 1920), puis à Salernes (octobre 1921). Il y épousa la fille d’un greffier de justice de paix et d’une commerçante en août 1922. Leurs deux enfants furent seulement baptisés. Leur père, en effet, initié à la Franc-Maçonnerie le 19 février 1922, fréquentait les réunions de la loge "L’Egalité" (Grand Orient de France) à Draguignan. Compagnon le 27 mai 1923, maître le 20 juillet 1924. Il fut le secrétaire-adjoint en 1925-1926. Ses prinicipaux travaux avaient porté sur la coopération internationale, la guerre du Rif, la défense de l’école laïque et de l’esprit laïque, les œuvres post et péri-scolaires.

En rapport avec Florentin Alziary, Charles Sandro, en réponse à la circulaire sur la situation des jeunes instituteurs, le 5 novembre 1922, se montrait favorable à la création d’un groupe de Jeunes. Le 15 février 1924, il donna son accord pour la formation d’une commission pédagogique, souhaitant que celle-ci intervienne après les élections législatives. Aussi, fut-il le premier trésorier de la section pédagogique varoise, le 15 mai 1924, structure née en dehors des organisations corporatives, affiliée à l’Association française pour l’avancement de la science. Au début 1926, se posa la question de l’adhésion de la section au syndicat. Sandro se montra favorable et devint membre du conseil d’administration de l’Union générale des membres de l’enseignement public, bientôt section départementale du Syndicat national des instituteurs. Il écrivit un article dans le bulletin sous le titre "Luttons pour l’unité de la classe laborieuse" et refusa la proposition d’Alziary de faire partie du bureau de l’Union. En avril 1927, il signa un nouvel article commentant la création de la CGT-SR sous le titre "Travaillons à l’unité".

Parallèlement, en effet, Charles Sandro militait au sein de la section socialiste SFIO de Salernes. Vice-président du comité des fêtes, il fut reconduit dans ces fonctions après les élections municipales de mai 1925. Délégué au congrès de la fédération socialiste SFIO en septembre 1925 pour voter en faveur de la participation ministérielle, il prit des distances avec la plupart des points de vue débattus. Dans son allocution, il se montra favorable à une "participation conditionnée : minimum de programme, répartition des portefeuilles et surtout choix des militants socialistes devant participer à ce ministère par le parti lui-même. " Dans sa lettre à Alziary, le 28 septembre, il précisa "Je t’avouerais que si je n’avais pas eu un mandat impératif, j’aurais voté contre la participation ministérielle après les explications de Reynaud et les airs de matamores et de dictateur de Renaudel".

Sandro, très tôt, livra à son ami Alziary, ce qui allait être une des constantes de sa pensée politique. Le 26 janvier 1926, il lui écrivit : "Je ne vois qu’un moyen de sortir de notre pétrin : l’alliance socialiste-communiste. Je crois que nous nous y acheminons par la route de l’inflation. Ce sera le moment aussi pour les communistes d’envoyer promener Moscou et ses ukases." Partisan de l’unité, il précisa : "Nous avons tant besoin de cette unité ouvrière, si nous ne voulons pas, sous couvert d’Union nationale, courir à un fascisme aussi hypocrite que celui de nos voisins transalpins est hideux."

Charles Sandro concevait cette unité aussi bien dans le domaine syndical que sur le terrain politique. Aussi, approuva-t-il les syndicats de la Marne et des Deux-Sèvres qui lancèrent une campagne pour l’unité syndicale en 1927. De la même façon lors du congrès de la fédération socialiste SFIO aux Arcs, le 4 décembre 1927, il préconisa pour le deuxième tour des élections législatives "une candidature ouvrière unique et, à défaut, une candidature de gauche, serait-elle communiste."

Sandro exerça à Salernes jusqu’en 1929. Secrétaire de la section socialiste SFIO, secrétaire du comité de grève des ouvriers céramistes (22 juin-15 juillet 1925), il rédigea les ordres du jour, organisa des souscriptions. Le commissaire spécial souligna alors qu’il manifestait des "sentiments nettement communistes". Par cette attitude, il affrontait le maire "socialiste" et franc-maçon Gabriel Esbérard, lui-même industriel de la céramique. Aussi, se porta-t-il candidat pour le siège de conseiller général contre lui. Il obtint, le 19 juillet 1925, 194 voix sur 976 inscrits, et fut nettement battu par Esbérard. Toutefois, ce dernier faisait partie des élus sur lesquels s’appuyait la domination du Parti socialiste SFIO dans le département. Sandro apparut alors comme l’un des opposants les plus résolus à la stratégie renaudélienne. Lors de la réunion du comité fédéral du 10 novembre 1925, il s’opposa à la position de Renaudel sur la participation ministérielle. Il entraîna avec lui la section de Salernes vers des positions minoritaires. Sans doute adhérent précoce de la "Bataille socialiste", toujours secrétaire de la section en 1929, il fut un des rares socialistes non-Toulonnais à collaborer au Réveil du Var. Il y signa un article, le 30 juin 1927, "Impôts, vie chère, socialisme". Orateur à la réunion publique du 1er mai 1927 à Salernes, il composa peu après un article, reprenant des idées développées dans le bulletin syndical. On pouvait notamment y lire : "Notre ligne de conduite, à nous, amis de l’Unité est clairement tracée. Nous voulons secouer la timidité des confédérés ; nous voulons chasser le sectarisme des unitaires. C’est par l’union des deux centrales existantes que nous devons réaliser l’unité." (Le Réveil du Var, 9 juin 1927). Il se trouva sur ce thème immédiatement en communion d’idées avec Jacques Toesca qui venait d’arriver dans le Var. Toujours secrétaire de la section socialiste SFIO de Salernes, il présida le comité local de soutien au candidat du Parti pour les élections législatives de 1928.

Le 1er octobre 1929, Sandro commençait ses nouvelles fonctions de directeur de l’école du Pradet. Toujours trésorier de la section pédagogique varoise, membre du conseil syndical, il devint secrétaire-adjoint pour l’arrondissement de Toulon, responsabilité qu’il ne conserva pas longtemps. Il présida diverses assemblées générales corporatives.

Charles Sandro militait surtout dans la Franc-Maçonnerie (Grand Orient de France). Deuxième surveillant à l’Égalité, il obtint son exeat pour la loge "La Réunion" de Toulon tout en revenant en mars 1830 et en juin 1931 à l’Égalité. Il atteignit, à la Réunion, le 18e degré en 1938. Actif dans le Parti socialiste SFIO, il continuait à mener l’offensive contre la majorité de la fédération. Lors du congrès fédéral du 12 janvier 1930, il mit en garde contre "les miettes de réformes", indiquant ; "Pour nous, pas de choix, c’est l’opposition jusqu’au jour où le parti est assez fort pour prendre le pouvoir. Nous ne voulons pas que le parti aille de concessions en concessions." En mai 1930, au congrès de Fréjus, dans une intervention favorable au désarmement général, il nota : "La Société des nations doit être une société des peuples et non des gouvernements". Il ne fut pas désigné comme membre du comité fédéral, le 19 mai. Toujours membre du groupe des militants gravitant autour de La Bataille socialiste, selon plusieurs témoignages, il refusa l’organisation d’une tendance.

Sandro aida à la survie de la section socialiste SFIO au Pradet. Il eut notamment une action décisive sur l’adjoint Joseph Lantrua et lutta contre la tactique locale d’union municipale contre la droite. Aussi, les socialistes en rupture avec cette perspective lors des élections municipales de 1929 trouvèrent-ils des encouragements. Il fut secrétaire du comité de soutien du Pradet au candidat socialiste SFIO pour les élections législatives de 1932. Cette action locale lui valut de nombreux heurts avec les milieux locaux de droite. A plusieurs reprises, des inscriptions le visant en tant que fondateur et animateur de la Société des amis de l’école laïque couvrirent les murs de l’école. Ainsi, en novembre 1935 ou en novembre 1936, lit-on :
"Allons Sandro du courage,
Débarrasse le pays
Imite Salengro
Paye de ta vie",
ou en décembre 1936, au goudron, "Sandro en Espagne".

Quand la scission néo-socialiste se précisa, Sandro fut un des piliers de la gauche du Parti et fut délégué au congrès national d’Avignon en avril 1933. Dès le congrès de reconstitution d’une fédération socialiste SFIO, le 3 décembre 1933, il en devint secrétaire-adjoint.

Charles Sandro consacra l’essentiel de son activité militante à reconstruire le Parti socialiste SFIO tout en poussant très loin dans la voie de l’unité antifasciste. Au congrès fédéral de mai 1934, il demanda l’amnistie complète pour les militants de la tendance "Action socialiste". Il présenta une motion qui, amalgamée avec celle de Toesca, recueillit 99 voix contre 19 aux analyses de Gaudien Bartoli. Il se situait toujours à mi-chemin entre le noyau de "La Bataille socialiste" et le groupe des futurs partisans de Marceau Pivert. Délégué au Conseil national du 15 juillet 1934, il développa une position originale : selon le compte rendu du Populaire, après avoir indiqué l’ "enthousiasme unanime" des Varois pour l’unité d’action, afin de ne "pas désillusionner les masses", il se prononça pour l’acceptation des propositions communistes tout en approuvant les réserves exprimées par Léon Blum et en souhaitant que le parti ne néglige pas "la propagande spécifiquement socialiste". Au congrès national de Boulogne de février 1936, il s’opposa aux propositions de Paul Faure de présenter des candidats socialistes SFIO partout. Il fallait, selon lui, rechercher la possibilité de candidatures uniques dès le premier tour. Aussi, dans cette situation, fallait-il, selon lui, que les divers candidats s’expriment clairement dès avant le premier tour des élections sur le programme du Front populaire. Dans son compte rendu, l’Humanité accordait une grande place à son intervention. Lors du congrès fédéral de Barjols en janvier 1936, Sandro, maintenu secrétaire-adjoint, reçut la responsabilité de l’Ouest varois.

A plusieurs reprises, Charles Sandro s’opposa aux propositions de candidatures sur des postes électifs. Dès juillet 1934, lors d’une réunion du comité fédéral, fut examinée son éventuelle candidature au Conseil général dans le quatrième canton de Toulon. Il refusa que cette éventualité soit examinée et annonça, dès le début de la réunion, qu’il fallait choisir Michel Zunino. De la même façon, pour les élections législatives de 1936, après avoir été pressenti, il se prononça clairement pour le même Zunino. Il résulta de ces épisodes une amitié entre Sandro et le futur député qui dura après la guerre quand ce dernier adhéra au Parti communiste. Il vota pourtant l’exclusion de Zunino du Parti socialiste SFIO en 1945. Après la Deuxième Guerre mondiale, chaque fois que Zunino fut candidat, Sandro soutint sans ambiguïté le candidat socialiste SFIO.

Bien que moins attiré par le syndicalisme, Sandro suivait attentivement la question scolaire. Au congrès national du Parti socialiste SFIO à Marseille, le 10 juillet 1937, son intervention porta sur la réforme scolaire, la défense laïque et se prononça pour une nationalisation complète de l’enseignement.

En octobre 1938, instituteur chargé de la direction de l’école du quartier du Cap-Brun, Charles Sandro prit, en octobre 1940, la direction de l’école de l’avenue Lazare Carnot dans le quartier Saint-Roch où il habita désormais.

Mobilisé en août 1939 comme adjudant-chef et officier d’approvisionnement, après sa démobilisation, le 18 juillet 1940, Sandro fut révoqué de l’enseignement en raison de son affiliation maçonnique (Journal officiel, 4 février 1942). Il refusa de faire une demande de dérogation et de prêter serment au maréchal Pétain. Il déclara alors, selon son témoignage, "Je reviendrai dans l’enseignement par la grande porte".

Charles Sandro devint alors comptable chez un épicier en gros de Toulon (Augier). En contact avec Jean Charlot, socialiste franc-maçon de Saint-Raphael, il participa aux réunions clandestines du Comité d’action socialiste et fut plus particulièrement chargé de suivre la région d’Hyères. En liaison avec Paul Custaud et Léonelli, il reconstitua la Franc-Maçonnerie clandestine. Membre du triangle maçonnique, il s’occupa de l’organisation des arsenaux de Toulon. Membre de "Libération", il appartint à plusieurs réseaux de renseignements (Jade-Fitzroy, Police, F2, groupe Picoche-Prébois, Intelligence service par Perpignan, Franc-Maçonnerie vers Alger, Edouard-Alexandre) et fut en contact avec l’AS.

Sandro fut arrêté au Pradet par les autorités italiennes (OVRA), le 13 juillet 1943. Les prétextes invoqués étaient, selon son témoignage, entre autres la détention d’armes, l’organisation de l’armée secrète, la communication et la réception de messages. Emprisonné dans une caserne d’Hyères, traduit, le 16 août 1943, devant le Conseil de guerre de Breil, il fut déporté à Cuneo, le 7 septembre 1943. Lors de son transfert dans une forteresse à Vinadio, il s’évada le 15 septembre 1943 avec trois autres détenus. Dès lors, il entra dans la clandestinité sous le pseudonyme de "Reboul" ou de "Monsieur Charles", se cacha quelques temps à Garéoult (Var), vécut dans différentes régions et notamment fut chargé de missions en Bretagne. Il prit une part active dans l’aide apportée au maquis des Maures. Affilié depuis longtemps à l’AS pour le secteur Est de Toulon, il participa à l’organisation militaire de la résistance dans la région en 1944. En liaison avec la société où il avait travaillé comme comptable, il ravitailla les maquis (Salernes, Canjuers, Cabasse notamment). Secrétaire fédéral du Parti socialiste clandestin, il tenta de mettre sur pied les milices socialistes en juillet-août 1944. Il prit part à la libération de La Valette et de Toulon.

Charles Sandro, le 7 septembre 1944, devint membre de la délégation spéciale chargée de l’administration de Toulon. Délégué à l’état-civil, aux contributions, à l’octroi, membre de la commission des déportés et internés de la Résistance, il représenta la municipalité lors de la mise sous séquestre de la Société du Petit Var. Chargé de l’enquête politique, il remit son rapport en janvier 1945. Toutefois il démissionna peu après de la délégation pour consacrer à plein temps à ses responsabilités de secrétaire de la fédération socialiste SFIO. Il siégea en septembre 1944 à la commission municipale du Comité départemental de Libération en remplacement de Raoul Altieri.

Sandro fut ainsi au cœur de la réorganisation du Parti socialiste SFIO dans le département. Régulièrement délégué dans les instances nationales, il fit partie du comité de direction du quotidien République créé en avril 1946. La section socialiste de Salernes proposa sa candidature pour les élections au Conseil général dans le canton. Cette hypothèse ne reçut pas son agrément. Plusieurs fois mis en minorité sur les questions d’orientation politique au fur et à mesure que les distances avec le Parti communiste français s’élargissaient, il constata son échec dans le rapport moral pour le congrès fédéral du 25 janvier 1948 : "Il est indiscutable que les événements ont donné raison à la fraction majoritaire du bureau fédéral. Ce fut pour moi un drame de conscience. Il me faut tristement constater que le fossé entre les deux partis ouvriers s’élargit sans cesse alors que je fondais des espoirs sur le rapprochement des partis frères." Il en tira les conclusions et demanda à être relevé de sa responsabilité de secrétaire fédéral. Continua-t-il à siéger dans les organismes de direction du Parti ? Les sources divergent ; la fédération lors de son décès indiquait qu’il fut membre du bureau fédéral jusqu’en 1951. En 1949, lors des élections cantonales dans le quatrième canton de Toulon, il soutint énergiquement le candidat socialiste SFIO Dominique Lupi contre le conseiller sortant sortant Zunino qui fut battu. De la même façon, il encouragea les socialistes de La Garde lors des élections municipales de 1953 à participer à la liste d’union républicaine conduite par le fils de l’ancien maire Edmond Charlois contre la liste de la municipalité sortante conduite par Zunino.

Par la suite, Charles Sandro conserva son opposition aux orientations majoritaires dans la fédération socialiste SFIO. Par exemple, en accord avec Jean Charlot, il montra son hostilité à la Communauté européenne de défense. Lors du congrès fédéral du 23 mai 1954, il "dénonça les dangers d’une ratification [de la CED] qui provoquerait la renaissance du pan-germanisme". Il fut délégué au congrès national qui suivit. Il se prononça pour le rapprochement avec le PCF pour la gestion municipale de Toulon. Le 24 avril 1955, il signa un appel à voter pour Zunino, député communiste, pour l’élection cantonale dans le quatrième canton de Toulon. En mai 1958, il prit parti pour un accord avec les communistes lors des élections municipales de La Garde dont Zunino avait été maire alors que le bureau de la fédération socialiste SFIO. s’était prononcé contre une telle entente.

Quand se constitua la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, Charles Sandro devint le vice-président de la fédération varoise en novembre 1945. Il devait la présider quelques années après ainsi que l’Association des déportés, internés et des familles de disparus qu’il avait créée en 1952. Parallèlement, dans la Franc-Maçonnerie, il obtint le 30e degré, le 7 mars 1949, le 31e degré, le 13 septembre 1952 et le 32e degré, le 17 septembre 1955.

Ayant réintégré l’enseignement, Sandro dirigea l’école, puis le cours complémentaire de Saint-Jean-du-Var d’octobre 1944 à sa retraite en 1951. Il devint alors délégué cantonal du quatrième canton.

Dans la crise de mai 1958, Charles Sandro adopta une position très ferme de défense républicaine et préconisa une large union avec les républicains, communistes compris, contre les factieux. Le 17 mai 1958, se déroula au Luc le congrès de la fédération socialiste SFIO pour désigner les candidats pour les élections sénatoriales. Ceux-ci désignés, Charlot, le secrétaire fédéral, exprima la détermination des socialistes pour la défense des institutions républicaines, se félicitant que des socialistes soient entrés au gouvernement, avec notamment Jules Moch à l’Intérieur. Sandro demanda la parole "pour définir son point de vue", "faire appel à l’union de tous les démocrates sincères, de tous les travailleurs épris de liberté pour la défense de la République menacée (selon le communiqué de la fédération socialiste SFIO). "Il fut violemment interrompu" (République, 18 mai 1958). Le Petit Varois- La Marseillaise, quotidien communiste, le 19 mai, rapportait en encadré ses dernières phrases : "Si nous attendons trop longtemps pour nous unir, nous finirons ensemble dans des camps de concentration. Je désire l’union de tous les travailleurs pour défendre la République". Terrassé par une crise cardiaque, il s’écroula, mort sur le coup. Dans son hommage élogieux, la fédération socialiste SFIO indiquait que son dernier mot avait été "République" et que malade depuis plusieurs années, il n’avait pas écouté les conseils de ménagements donnés par la faculté.

Plusieurs artères (Salernes, Garéoult, La Garde) ou bâtiments publics (groupes scolaires au Pradet, à Toulon-Bon Rencontre) dans le Var portent son nom.

Son épouse née Marie-Jeanne, Louise Héraud, le 8 août 1899 à Salernes, fille d’un greffier de la Justice de Paix, félibre, et d’une commerçante (bazar), avait participé de près à son activité militante et résistante. Candidate aux élections municipales de Toulon, le 29 avril 1945, sur la liste socialiste, elle obtint 9 925 sur 60 365 inscrits. Par la suite, elle appartint à divers comités de soutien aux candidats socialistes lors des élections. Elle mourut, le 8 août 1986 à l’hôpital de La Garde (Var).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article130429, notice SANDRO Charles par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 29 mai 2019.

Par Jacques Girault

ICONOGRAPHIE : Charles Sandro dans les années 1950.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13085. — Arch. Dép. Var, 2 M 5 267, 7 32 3, 4 M 49 4 3, 56 8, 16 M 38, 18 M 5, 12, 13, 35, 90, 3 Z 2 10, 4 24. — Arch. J. Charlot (Centre d’histoire sociale du XXe siècle). — Arch. privées : F. Alziary, A. Lamarque, J. Sauli, E. Verniéri. — Documentation et renseignements fournis par la famille de l’intéressé. — Notes de Jean-Marie Guillon et de Maurice Mistre. — Sources orales.

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