SAÏL Mohamed, Ameriane ben Ameziane

Par Jean Maitron

Né le 14 octobre 1894 à Taourit-Béni-Ouglis (département de Constantine), mort en avril 1953 ; chauffeur mécanicien ; militant anarchiste ; volontaire en Espagne.

Le 6 septembre 1932, Saïl Mohamed écrivait au Semeur, le journal d’A. Barbé : « [...] pendant près de quatre ans, en temps de guerre, je fus insoumis puis déserteur. » Gérant de l’Éveil social, journal créé en 1932 (suivi de Terre libre en 1934), il fut poursuivi pour incitation de militaires à la désobéissance. Arrêté fin mars 1934, pour port d’arme prohibée, il fut condamné à un mois de prison ; à l’expiration de sa peine, il fut maintenu en détention dans l’attente d’un jugement pour détention d’armes de guerre. Condamné de nouveau à un mois de prison, il fut aussitôt libéré ; il avait été détenu pendant quatre mois et demi, temps qui dépassait de deux mois et demi celui de ses deux condamnations. Pendant sa détention, il envoya un message de sympathie au congrès de l’Union anarchiste, qui eut lieu à Paris les 20 et 21 mai 1934.

Pendant la guerre civile espagnole, il combattit dans les rangs de la colonne Durruti et fut blessé en décembre 1936. Il se présentait alors dans les meetings comme « délégué du groupe international de la colonne Durruti ». Il représenta le groupe anarchiste d’Aulnay-sous-Bois au congrès de l’UA qui se tint à Paris les 30, 31 octobre et 1er novembre 1937. Pour avoir, en septembre 1938, distribué des tracts contre la guerre, il fut condamné à dix-huit mois de prison. En 1939, pour le même motif, il fut arrêté et interné. En 1941, il aurait été détenu au camp de Riom-ès-Montagnes (Cantal).

Collaborateur au Libertaire en 1931, 1937 et après la guerre, il avait également publié des articles en 1936 à la Voix libertaire, organe de l’Association des fédéralistes anarchistes, ainsi qu’à Terre libre, l’organe de la Fédération anarchiste de langue française. Dans Contre-courant du 5 mai 1953, Louis Louvet dit de Saïl, qui avait travaillé avec lui au journal l’Anarchie : « Malgré des incartades, dues à un caractère tout d’une pièce, j’avais gardé de l’affection pour lui. »

Le Libertaire du 30 avril 1953 annonça son décès ; il fut inhumé le même jour au cimetière musulman de Bobigny (Seine).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article130216, notice SAÏL Mohamed, Ameriane ben Ameziane par Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean Maitron

ŒUVRE : Appels aux travailleurs algériens, textes recueillis et présentés par Sylvain Boulouque, Fédération anarchiste, groupe Fresnes-Antony, n° 43.

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise, 2 M 11/18 et 25, 4 M 2/67 et 68, 4 M 2/81, 5 M 56. — La Voix libertaire, 21 janvier 1933, avril 1934, 1er septembre 1934, 29 janvier 1937. — Le Libertaire, 20 mai 1954. — Le Semeur, 6 octobre 1932. — Terre libre, décembre 1935. — Rens. de G. Perrot. — Notes de Nadia Ténine-Michel.

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