ROUSSENQ Paul

Né le 28 septembre 1885 à Saint-Gilles-du-Gard (Gard), mort début août 1949 à Bayonne (Basses-Pyrénées) ; anarchiste.

Très jeune, Paul Roussenq s’adonna à la lecture des journaux libertaires ; à dix-sept ans, il partit à l’aventure, et fut condamné à trois mois de prison pour vagabondage ; en appel, il lança un croûton de pain à la tête de l’avocat général ; ayant refusé d’exprimer des regrets, il fut condamné à cinq ans de prison et envoyé aux bataillons d’Afrique. En cellule pour insultes à ses supérieurs, il mit le feu à son treillis. Condamné à vingt ans de bagne, il fut libéré en 1932, après vingt-cinq ans passés en Guyane.

En 1933, il revint en France, mais ne se fixa nulle part et fut souvent condamné pour vagabondage. Le Secours rouge international, par l’entremise de Gabriel Citerne*, le prit en main, l’envoya en URSS et lui fit faire une tournée de propagande.

Paul Roussenq fut gérant du journal libertaire Terre libre, d’août 1934 — peut-être avant — à juin ou juillet 1935. Terre libre deviendra, à partir de mars-avril 1937, l’organe de la Fédération anarchiste de langue française. Dans le numéro 12 du journal, daté avril 1935, Roussenq publia ses notes de voyage : « Un libertaire en URSS ». Il était parti d’août à novembre 1933 avec une délégation du Secours rouge international. Il écrit notamment :

« Le SRI a édité une brochure sur mon voyage en URSS. Cependant mon manuscrit fut passé au crible, et je dus biffer de nombreux passages soulignés au crayon bleu » et il terminait :

« Nous ne sommes pas, nous autres libertaires, contre le prolétariat soviétique, mais contre les mauvais bergers qui le dirigent. Nous devons lutter contre le fascisme international, avec les groupements ouvriers, sur le terrain de l’action, sans rien abdiquer de nos principes et sans jouer le rôle de dupes.

« Travaillons sans cesse les masses avachies, semons le grain qui germera pour les moissons futures, quand se lèvera l’aurore de l’Anarchie libératrice. »

Suspect, Paul Roussenq connut pendant la Deuxième Guerre mondiale, les camps de Sisteron et de Fort-Barreau. Après la guerre, malade, il tenta à plusieurs reprises de se suicider. Les Allobroges, quotidien des Alpes et de la vallée du Rhône, né de la Libération, publia ses Mémoires (cf. n° 1748 du 5 août 1949).

Dans l’article nécrologique du Libertaire (19 août 1949), Élisée Perrier citait une lettre de Roussenq, datée Bayonne, 3 août 1949, ainsi conçue :

« Mon cher Élisée,

Je suis à bout.

À Bayonne, il y a une belle rivière où, ce soir même, j’irai chercher le grand remède à toutes les souffrances : la Mort. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article129980, notice ROUSSENQ Paul , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

ŒUVRE : Vingt-cinq ans de bagne, préface de F. Vittori, brochure de La Défense, organe du SRI, Paris, s.d., 64 p.

SOURCES : Journaux cités.

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