ROUGER Hubert, dit HUBERT-ROUGER

Né le 6 octobre 1875 à Calvisson (Gard), mort le 21 septembre 1958 à Nîmes ; viticulteur devenu employé ; militant socialiste ; maire de Nîmes (1925-1940) ; député socialiste SFIO (1924-1940).

Hubert Rouger
Hubert Rouger

Hubert Rouger naquit dans une famille de vignerons dont il partagea la vie et les travaux jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. À treize ans, il quitta l’école communale et, continuant à s’instruire par l’étude personnelle, devint commis de perception, comptable et enfin directeur de l’imprimerie coopérative « L’Ouvrière » de Nîmes, en 1905. Il adhéra alors au syndicat des employés de commerce.

À l’âge de vingt ans, en grande partie sous l’influence du Dr Delon, de Nîmes, de forte culture marxiste, H. Rouger entra au POF et resta fidèle à cette tendance jusqu’à l’unité. Peu après, il fonda un noyau dans son bourg natal en même temps qu’une coopérative, « La Maison du Peuple ». Par une active propagande orale il multiplia les groupes socialistes dans le Gard et dans les départements voisins : Vaucluse, Ardèche, Hérault, Bouches-du-Rhône, Lozère, et jeta çà et là les bases de plusieurs associations coopératives. Cette activité lui valut d’être nommé par le congrès de Calvisson (7 octobre 1900) secrétaire adjoint à la propagande de la fédération du POF qui en avait fait déjà l’administrateur de son hebdomadaire Le Combat social (3e série lancée le 16 décembre 1899) et en fera son rédacteur en chef de 1901 à 1912. Il représenta sa fédération au congrès de la salle Wagram (1900), aux congrès du POF et du PS de F. en 1900, 1902, 1905, et dans les congrès nationaux de la SFIO sauf celui de 1907, comme auprès des travailleurs en grève. En 1903, il soutint la lutte des mineurs du Gard par des conférences à leur profit dans tout le département, et se rendit auprès des journaliers agricoles en grève à Marsillargues (Hérault). En 1906, il tint de nombreuses réunions dans les centres viticoles en pleine crise.

Mais alors l’unité était réalisée. Il en avait été un actif artisan puisqu’il fut, au nom du Parti socialiste de France, un des deux rédacteurs du règlement de la Fédération unifiée. Il va connaître dès lors les succès électoraux, mais il n’avait pas attendu l’unité pour entrer en lice. En 1902, il fut candidat à la députation, sans grand succès, dans la 1re circonscription d’Alès. En 1906, dans la 2e circonscription de Nîmes, il rassembla 2 442 voix contre le ministre Gaston Doumergue. En 1908, il entra au conseil municipal de Nîmes, fut adjoint la même année, puis maire en 1909. Il démissionnera en 1910 après son élection comme député, au premier tour, le 24 avril, dans la 2e circonscription de Nîmes par 9 276 voix sur 26 088 inscrits, contre un socialiste indépendant soutenu par le parti radical et les trois sénateurs du département et contre un radical-socialiste. Sa profession de foi développe la doctrine socialiste en précisant qu’elle n’attente pas à « la petite propriété paysanne, instrument de travail du petit cultivateur ». Hubert Rouger fut réélu au second tour en 1914 et devint secrétaire de la Chambre des députés en 1918-1919. Majoritaire pendant toute la durée de la guerre, sa tendance n’obtint que 19 voix contre 66 aux minoritaires lors du congrès de la Fédération le 30 septembre 1917. Battu en 1919, il entra au conseil général pour le canton d’Aigues-Mortes où il fut réélu en 1922. Il retrouva son siège de député en 1924, élu dans l’ensemble du département au scrutin de liste. Le scrutin uninominal le lui confirma, toujours au second tour, dans la première circonscription de Nîmes, en 1928, en 1932 et en 1936. Ainsi, de 1910 à 1940, Hubert Rouger représenta le Gard, sauf pendant la législature de 1919 à 1924. Le 9 janvier 1921, il n’avait obtenu que 181 voix (liste socialiste) sur 816 inscrits et 806 suffrages exprimés à l’élection sénatoriale. A la Chambre, il s’attacha aux questions ouvrières, aux intérêts des viticulteurs (à la fin de sa carrière parlementaire, il était vice-président du groupe viticole de la Chambre). Mais il était aussi membre de la commission des Affaires étrangères.

En 1920, il avait été un des deux délégués de la Fédération du Gard au congrès de Strasbourg (février) puis à celui de Tours (décembre). Ses 110 mandats étaient allés pour parts presque égales aux deux grandes options proposées avec un léger avantage pour l’adhésion à la IIIe Internationale. Hubert Rouger était resté à la SFIO et lorsque s’étaient vivement opposés, à partir de 1924, partisans et adversaires de la participation ministérielle, il avait choisi les premiers sans y apporter de passion.

Le 10 juillet 1940, à l’Assemblée nationale de Vichy, il vota les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En novembre 1940, il fut révoqué de sa fonction de maire. Après la Libération, il fut exclu du Parti socialiste pour plusieurs années mais fut réintégré dans les années cinquante.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article129784, notice ROUGER Hubert, dit HUBERT-ROUGER , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 22 juillet 2012.
Hubert Rouger
Hubert Rouger

ŒUVRE : Hubert-Rouger collabora aux journaux et revues suivants : Le Combat social, Le Socialisme, La Revue socialiste, L’Avenir (revue du socialisme), Le Midi socialiste, L’Humanité, Le Populaire de Paris.
Brochures : Simple aperçu historique sur le mouvement socialiste dans le Gard, Nîmes, 1904. — L’Action socialiste au Parlement. — Le Socialisme en France.
Quatre volumes constituant les tomes III, X, XI, XII de l’Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l’Internationale ouvrière publiée sous la direction d’Adéodat Compère-Morel,, Paris, A. Quillet, 1912-1921. 12 vol.. — La France socialiste, op. cit. — Les Fédérations socialistes en trois volumes, op. cit.

SOURCES : Arch. Ass. Nat., dossier biographique. — Arch. Dép. Gard, CA 97, 147, 148, 5 M 684, 689. — La France socialiste, op. cit., pp. 362-363. — Compte rendu sténographique du 18e congrès national, Tours, 25, 26, 27, 28, 29 et 30 décembre 1920, Paris, 1921, pp. VII ; XX à XXIV. — Courte notice nécrologique dans Le Monde, 23 septembre 1958. — R. Bourderon, La libération du Languedoc, Hachette, pp. 31 et 32.

ICONOGRAPHIE : Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes I, op. cit., pp. 313 et 337. — La France socialiste, op. cit., p. 362.

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