ROUESTE Maurice

Né le 7 octobre 1882 à Bray-sur-Somme (Somme), Maurice Roueste fut secrétaire général du syndicat des ouvriers briqueteurs et aides du département de la Seine. Réputé syndicaliste très actif, très violent, partisan de l’action directe, du sabotage et de la chasse aux « renards », il fut délégué au XVIe congrès national corporatif — 10e de la CGT — tenu à Marseille du 5 au 12 octobre 1908 et au XVIIe congrès, Toulouse, octobre 1910.

Il appartint au comité confédéral avec Raymond Péricat* et fit partie de la commission exécutive de l’union des syndicats de la Seine.

Dès 1910, il prit fréquemment la parole aux divers meetings organisés à Paris par la Fédération du Bâtiment et se fit notamment remarquer au cours des grèves de charpentiers, de serruriers et de maçons, etc. Il fut condamné à plusieurs reprises pour son action militante : le 11 juillet 1910, à quinze jours de prison ; le 2 mars 1912, à deux mois de prison à Paris ; en mars 1913, à Aix, à quarante-cinq jours de prison.

Après avoir été nommé délégué permanent à Marseille par la Fédération nationale du Bâtiment en 1912, Maurice Roueste entreprit non sans opposition sur le plan local de réorganiser son syndicat. Il anima des grèves souvent violentes comme celle de Chagnaud, à L’Estaque, en novembre (un mort et trente blessés) et celle des terrassiers à Aix, en mars 1913, ce qui lui valut quarante-cinq jours de prison.

En juillet 1914, Maurice Roueste, membre du conseil national de la Fédération du Bâtiment était délégué de la 11e région (Alpes-Maritimes, Var, Basses-Alpes, Corse) et de celle de Nice. Cette section qu’il avait organisée avait connu un très rapide développement : 700 membres s’étaient syndiqués en six mois. Et la tâche n’était pas facile : « Savez-vous que lorsque je pars pour une conférence, j’ai toujours mon fusil à l’épaule ? » confiait-il aux congressistes.

Au congrès fédéral de juillet 1918, Maurice Roueste représenta le syndicat du Bâtiment de Nice. Il demeura membre du comité national. En 1920, il fut élu secrétaire fédéral à la propagande mais ne devait pas exercer longtemps ce mandat. Il mourut le 6 février 1921 et fut remplacé par Henri Cordier*.

Il avait été condamné à plusieurs reprises pour « atteinte à la liberté du travail ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article129763, notice ROUESTE Maurice , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13647, 13649, 13650 et 13651. — Notes de Jean Maitron, J.-L. Pinol et A. Olivesi.

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