Né le 13 février 1885 à Strasbourg (Bas-Rhin), mort le 30 mars 1962 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; professeur d’allemand ; syndicaliste, militant pacifiste ; écrivain.

Lucien Roth passa sa jeunesse à Clermont-Ferrand où s’était installé sa famille. Quand à l’âge de seize ans, il perdit son père qui était graveur, il dut aider sa mère à vivre et poursuivit des études supérieures de langue allemande tout en étant maître d’internat. Devenu professeur, il adhéra à la Fédération unitaire de l’enseignement, fut d’abord suppléant au lycée de Troyes, puis enseigna au lycée d’Argentan, au collège d’Ambert, au lycée d’Aurillac, à celui d’Avignon, et enfin, à partir de 1929, au lycée Mignet d’Aix-en-Provence.
Réformé, Lucien Roth ne fut pas mobilisé en 1914, mais ses idées l’amenèrent à participer aux travaux de Georges Demartial* et Georges Michon* sur les responsabilités de la guerre. Militant de la Ligue des droits de l’Homme où il connut Félicien Challaye*, Jeanne Alexandre (voir Jeanne Halbwachs*) et Michel Alexandre*, il fut de ceux qui protestèrent contre la position de cette organisation qui avait justifié « la guerre du droit ». Lucien Roth entretint une correspondance suivie avec de nombreux militants et écrivains, dont Alfred Rosmer*, Victor Serge*, Jean Guéhenno*, Marcel Martinet* et Romain Rolland*. Partisan convaincu de la non-violence, il rencontra ce dernier en Suisse, en 1928, année où commença sa collaboration à l’École émancipée. Malade en 1931, il ne put réaliser son projet d’aller lui faire une nouvelle visite lors de l’entrevue de celui-ci et de Gandhi qu’il admirait.
Lucien Roth prit sa retraite en 1945. Profondément affecté par le décès de sa femme, Jenny Rauzier, en octobre 1954, il mena jusqu’à sa mort une vie assez recluse à Aix-en-Provence où son ami intime, l’écrivain Édouard Peisson*, venait très souvent lui rendre visite. Lucien Roth fut inhumé au cimetière de Ventabren, petit village proche d’Aix où Peisson, précisément, possédait une maison et où lui-même fut enterré trois ans plus tard.

ŒUVRE : Traductions d’Otto Ernst, H. von Kleist, Peter Rosegger.

SOURCES : Correspondance de Madame Geneviève Franc, fille de Lucien Roth. — É. Bauchet, « Hommage posthume à Lucien Roth », La Voix de la paix, mars 1963.

Jean Prugnot

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