ROIRON Benoît, Marcel

Par Jean Lorcin, Gilles Morin, Jean-Michel Steiner

Né le 31 janvier 1898 à Lorette (Loire), mort le 9 novembre 1987 à Saint-Chamond (Loire) ; représentant, puis artisan à Lorette ; ancien combattant de 1914-18 ; militant et responsable socialiste de la Loire ; secrétaire de la Fédération SFIO de la Loire (1934-1940) ; maire de Lorette (1945-1947).

Fils d’ouvriers aux forges et d’une ménagère, Benoît Roiron, combattant durant la Grande guerre 14-18, fut pendant plus de quinze ans ajusteur-tourneur. Marié le 31 décembre 1921 à La Grand Croix (Loire) avec Laurentine Tardy, il se créa une situation indépendante comme représentant, de la fin des années vingt jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il tint un commerce de fournitures publicitaires.

Benoît Roiron adhéra à la SFIO en 1926 et fut successivement secrétaire de section, membre de la commission exécutive fédérale puis secrétaire de la fédération de la Loire. En 1933, à ce titre, il écrivait dans l’organe fédéral, La Voix populaire. Candidat SFIO aux élections législatives de 1936 dans la 4e circonscription de Saint-Étienne, il obtint au premier tour 930 suffrages sur 22 723 votants et se retira au second tour au bénéfice de Pétrus Faure, seul élu du Front populaire, avec Albert Sérol, dans la Loire.

Benoît Roiron se présenta au conseil d’arrondissement dans le canton de Bourg-Argental en 1937 où il recueillit 500 voix sur 2 233 votants, contre 114 au communiste Delabre et 1 564 au candidat de l’URD qui fut élu au 1er tour.
Benoît Roiron appartenait, avec Jean, Anatole Robert, à la minorité du Parti socialiste réticente à l’alliance avec le Parti communiste. En 1938, il dénonça la tentative communiste de réalisation de l’« unité organique à la base » par la fusion des sections socialistes et communistes et en tira prétexte pour refuser désormais toute participation à l’activité du Comité d’entente départemental réunissant les deux partis ouvriers. Délégué au congrès national du Parti socialiste SFIO, il vota la motion Paul Faure, minoritaire dans la Loire, la majorité des mandats avec Ferdinand Faure et Albert Sérol s’étant portée sur la motion Léon Blum.

Au congrès socialiste de Nantes, en mai 1939, il intervint au nom de sa fédération pour demander que soit interdit aux membres du parti d’adérer à des organisations non socialistes, comme les Amis de l’URSS et les autres organisations contrôlées par le PCF ou hostiles à la SFIO.

Au début 1940, sa situation professionnelle étant brisée par la guerre, il reprit son métier d’ajusteur et se fit embaucher dans une usine. Mais sa demande d’affectation spéciale lui fut refusée et, en mars 1940, il était mobilisé dans le Puy-de-Dôme. Membre de la tendance Paul Faure, il ne maintint pas l’activité du parti après juillet 1940 ce qui eut pour effet de bloquer toute activité du parti. Bien qu’attentiste, il n’y eut rien à lui reprocher à la Libération mais il fut mis sur la touche. Le secrétaire fédéral, Jean Robert, n’ayant pas réussi à redresser la situation d’une fédération en perdition face au PCF, lui permit de revenir aux affaires dans le courant de l’année 1946.

Benoît Roiron fut élu maire de Lorette du 25 mai 1946 au 2 novembre 1947. Après le départ de Jean Robert pour le département de l’Isère, il fut de nouveau désigné secrétaire fédéral en février 1947. Connaissant la même impuissance que son prédécesseur Jean Robert à redresser la Fédération, Benoit Roiron finit par céder à son tour le secrétariat à Claudius Volle en 1955.

En juin 1951, Roiron figurait en deuxième position sur la liste du bloc des gauche (radicaux et socialistes), apparentée avec celle de Georges Bidault et Eugène Claudius Petit. Il obtint 25 539 voix et 431 signes préférentiels.
En 1952, Roiron était candidat à l’élection législative partielle de mai 1952, organisée pour pourvoir au remplacement de la députée communiste Denise Bastide. Il obtint 5 800 voix au premier tour (contre 35 897 à Pétrus Faure) et ne franchit pas le seuil légal de 5 % des voix ; il ne se maintint donc pas au 2e tour où se présenta un candidat d’origine CFTC soutenu par les socialistes (Pralong).

Secrétaire de section SFIO de Lorette en février 1954, Roiron remplaça Léon Dousson.

Retraité, Benoît Roiron était toujours secrétaire de section en 1956, sa section ne comptant plus que cinq adhérents à cette date. Pour les municipales de 1965, il conduisit, sans succès, une liste FGDS.

Roiron était présent dans de nombreuses réunions nationale du parti SFIO. Il fut rapporteur de la commission de vérification des mandats au congrès national de février 1955.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article129417, notice ROIRON Benoît, Marcel par Jean Lorcin, Gilles Morin, Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 septembre 2015.

Par Jean Lorcin, Gilles Morin, Jean-Michel Steiner

SOURCES : Arch. Dép. Loire, 3 M 75, 3 M 77, 4 M 129, 2 W 95 et 98-99, 85 W 160, 354 VT 1-2, 633 VT 19 ; État-civil de la commune de Lorette (1894-1898), 3NUMEC2/3E124_8 ; 1 R 1753, registre de matricule de 1918. — Arch. de l’Ours, 10-1-43, correspondance Loire et notice personnelle du 29/9/1947. — La Tribune républicaine, 25 septembre 1934 ; 26 janvier, 25 et 27 avril 1936 ; 7 octobre, 4 et 20 décembre 1938. — Le Cri du peuple, 6 juillet 1935. — Le Pays socialiste, 21 juillet 1939. — Bulletin intérieur de la SFIO, section d’organisation, février 1952. — M. Sadoun, Les Socialistes sous l’Occupation, Presses FNSP, 1982. — J.-M. Steiner, Métallos, mineurs, manuchards. Ouvriers et communistes à Saint-Étienne (1944-1958), PUSE, 2014. — Notes de Claudius Volle du 19 octobre 1998 et de R. Orizet du 6 octobre 1998. — État civil.

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