RIVES Georges, Camille, Alfred. Pseudonyme : CATURIX

Par André Balent

Né le 6 juin 1913 à Paris (XIVe arr.), mort le 16 mars 1945 à Flossenburg (Allemagne), en déportation ; militant socialiste de Perpignan (Pyrénées-Orientales) ; résistant des Pyrénées-Orientales (MUR).

Fils d’Alexandre, Joseph, Alexandre Rives, employé de magasin, et de Marie, Jeanne Barreau, ménagère, âgés respectivement de vingt-huit et vingt-quatre ans en 1912, Georges Rives fut adopté pupille de la Nation par jugement du tribunal civil de Perpignan du 27 octobre 1931. Il fit des études secondaires au collège de garçons de Perpignan, l’actuel lycée François-Arago. Rédacteur à la mairie de Perpignan (Pyrénées-Orientales), il milita tout d’abord dans les rangs des Jeunesses laïques et républicaines des Pyrénées-Orientales dont il fut l’un des animateurs. Par la suite, il devint l’un des dirigeants des Jeunesses socialistes SFIO et participa très activement au mouvement des Faucons rouges. Avec Henri Ginestet et Désiré Beaux, il était en 1938 membre du comité fédéral mixte de l’Entente des Jeunesses socialistes SFIO des Pyrénées-Orientales. Il en était le secrétaire fédéral ("jeune"), flanqué d’un secrétaire fédéral "adulte", Pascal Bernole. En 1938, il était en outre un des administrateurs de La voix des Jeunes socialistes catalans, l’organe mensuel de de l’Entente des jeunesses socialistes des Pyrénées-Orientales. Dans le sillage de Jean Payra dont il fut le secrétaire personnel, Georges Rives s’imposa comme l’un des principaux dirigeants de la SFIO dans les Pyrénées-Orientales.

En 1936, il devint le secrétaire du comité départemental de Front populaire. Partisan de l’intervention dans la guerre civile espagnole, il se rendit très souvent à Barcelone et fut un propagandiste de la cause de l’Espagne républicaine. Le 17 février 1939, peu après que les troupes franquistes eurent atteint la frontière française, Georges Rives prit à partie, dans les colonnes de l’hebdomadaire Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, le général Falgade, commandant de la XVIe région militaire : « Le général Falgade, va accueillir avec prise d’armes, sonneries, large sourire, le général Solchaga, commandant des troupes navarraises. » Cet article lui fut ultérieurement reproché par les Vichyssois. Ce fut l’un des motifs invoqués pour lui retirer son emploi à la mairie de Perpignan. Antimilitariste (il avait été réformé), Georges Rives avait été un antimunichois convaincu.

En 1940-1941, il fit des démarches afin de pouvoir se faire admettre dans un camp de formation des chefs des Compagnons de France. Sa candidature fut dans un premier temps acceptée puis rejetée après enquête de police. Georges Rives participa à la Résistance sous le pseudonyme de Caturix. Il appartenait aux Mouvements unis de résistance de Perpignan et devint en 1943 un des responsables de l’AS. Il participa aussi à l’activité clandestine de réseaux : "Alliance" (France combattante) et "Druides" (créé à Perpignan par Pierre Cartelet issu des Compagnons de France). Interné le 6 janvier 1944 à la citadelle de Perpignan, il fut torturé. Il fut déporté le 27 avril suivant à Auschwitz puis Buchenwald et Flossenburg (Allemagne) où il mourut. Déclaré "mort pour la France", il fut homologué capitaine FFI.

Son nom fut donné après la Libération à une rue perpignanaise des nouveaux quartiers du sud de la ville à proximité de la Citadelle. Son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrénées-Orientales) et sur la plaque commémorative des élèves du collège de garçons de Perpignan tués pendant les conflits armés du XXe siècle apposée dans le hall d’entrée du lycée François-Arago de Perpignan.

Georges RIves s’était marié le 11 juillet 1941 à Nice (Alpes-Maritimes) avec Reine Benedi.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article129074, notice RIVES Georges, Camille, Alfred. Pseudonyme : CATURIX par André Balent, version mise en ligne le 18 septembre 2017, dernière modification le 5 novembre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, série M non classée, versement du cabinet du préfet, (1951, 1956, 1959) liasses, 65, 177, 187. — L’Avant-Garde (Prades), octobre 1935. — La Voix des jeunes socialistes catalans, mensuel, Perpignan, 1938. — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, 17 février 1939. — Ch. Camps, Les noms de rues de Perpignan, Th., Montpellier, 1974. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, ’De la résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 965. — Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, I, Chronique des années noires, Prades, Terra Nostra, 1994, 400 p. [p.236]. — État civil, Paris 14e arrondissement, acte de naissance et mentions marginales..

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