RIBARD André, Louis, Raoul

Par Nathalie Viet-Depaule

Né le 10 juin 1897 au Havre (Seine-Inférieure), mort le 21 octobre 1963 à Paris (XVe arr.) ; sous-préfet, historien et homme de lettres ; secrétaire du mouvement Paix et Liberté.

Après des études de droit, exempté du service militaire, André Ribard fut quelque temps au service d’un préfet puis devint successivement secrétaire général de la préfecture du Puy (Haute-Loire) et, en février 1924, de Nice (Alpes-Maritimes). Séduit par la lecture de L’État et la Révolution, il lisait l’Humanité et votait communiste. Il se lia avec Henri Barbusse qu’il allait voir à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et dont le « fin regard et cette délicatesse d’intellectuel, avivée par la maladie », demeurèrent associés dans sa mémoire.

En 1932, André Ribard entra au cabinet du président Painlevé. Membre du Comité national de lutte contre la guerre et le fascisme (Amsterdam-Pleyel), il avoua avoir « brûlé ses vaisseaux et sacrifié sa carrière ». Il accompagna Painlevé en Europe centrale, rencontra Gabriel Péri et Paul Vaillant-Couturier et songea à adhérer au Parti communiste. Mais, s’étant enquis de cette éventualité auprès de [ Jacques Duclos, celui-ci lui assura qu’elle n’était point nécessaire.

Ayant décidé en 1934 d’abandonner la carrière préfectorale, André Ribard allait se consacrer à la publication d’ouvrages politiques et historiques. Devenu membre du comité directeur de Monde, il se rendit en octobre 1934 en Espagne pour le journal.

A partir de 1935, André Ribard sillonna la France pour tenir des meetings du mouvement Paix et Liberté dont il était l’un des fondateurs et dont il devint le secrétaire général. Il se rendit aussi, en août 1935, en Union soviétique mais dut abréger son séjour à cause de la mort de Barbusse. Il fit partie de la délégation qui ramena le corps en France. Il se rendit encore en 1936 en URSS. Il avait aussi donné, en 1936-1937, des cours sur l’État à l’Université ouvrière et était entré au comité directeur de Clarté. Il appartenait depuis 1936 aux Amis de l’URSS. Le 18 novembre 1936, il prit la parole dans un meeting des Jeunesses socialistes et communistes au Magic City pour dénoncer l’ouvrage d’André Gide, Retour de l’URSS.

Il alla ensuite à Chicago, à Londres puis à Mexico en 1938 avec Marcel Prenant.

La Gestapo arrêta André Ribard le 19 novembre 1942. Il fut interné le 9 décembre suivant à Romainville puis transféré à Compiègne et enfin déporté le 23 janvier 1943 à Orianienburg d’où il revint, fin mai 1945.

Après la guerre, membre du Comité national des écrivains, il créa l’association « La vie publique », groupe d’études et d’informations politiques et devint membre de son comité directeur. Il fit de 1945 à 1949, au nom de France-URSS, des tournées de conférences. Le Parti communiste critiqua violemment son ouvrage Essai sur la France actuelle paru en 1949. Mais André Ribard continua à apporter son soutien à la politique soviétique à l’occasion des procès dans les démocraties populaires et de la condamnation de Tito. Il resta membre du comité de patronage de France-URSS. La police le qualifiait alors de "républicain progressiste".

André Ribard s’était marié le 5 août 1939 à Neuilly-sur-Seine avec Germaine Lallement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article128736, notice RIBARD André, Louis, Raoul par Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 15 mai 2019.

Par Nathalie Viet-Depaule

ŒUVRE : Espagne, 1934. De la grève à la révolution. Les luttes d’octobre, Comité mondial de lutte contre la guerre et le fascisme, 1934. — La Tragédie espagnole, Mouvement populaire de Paix et Liberté, 1936. — Le Peuple au pouvoir, Éd. sociales internationales, 1936. — Le chemin de la liberté, Mouvement populaire de Paix et Liberté, 1937. — La France, histoire d’un peuple, Éd. sociales internationales, 1938. — La Prodigieuse histoire de l’humanité, 1946. — Histoire de France, 1947. --- Essai sur la France actuelle, Librairie de la fontaine, 1949. — Introduction à la vie publique, Librairie Robin, 1950. — L’homme et la pensée marxiste,, Distribution Robin, 1953. — 1960 et le secret du Vatican,, Robin, 1954. — La révolution est-elle pour demain ?, Au petit Luxembourg, 1955.

SOURCES : P. Herbart, En URSS, 1936, Gallimard, 1937. — H. Guilbeaux, La fin des Soviets, Melfère, 1937. — A. Gide, Littérature engagée, Gallimard, 1950. — Musée de la Résistance nationale. — Le Monde, 19 janvier 1950, 22 octobre 1963. — CAC 19960325 article 1, rapport RG PCF 1950 (communiqué par l’IHTP).

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