RENARD Adrien, Francisque

Par Frédéric Stévenot, Claude Pennetier

Né le 7 août 1905 à Roanne (Loire), mort le 29 mars 1979 à Saint-Quentin (Aisne) ; ouvrier du textile ; militant communiste et syndicaliste de l’Aisne ; secrétaire de l’Union départementale des syndicats confédérés CGT de l’Aisne ; député communiste ; secrétaire de la Fédération CGT du Textile.

Adrien Renard
Adrien Renard
La CGT et le Mouvement syndical, 1925, p. 163

Fils d’un employé à la fabrique de bâches et d’une « pelotonneuse », frère de François Renard*, Adrien Renard, titulaire du certificat d’études primaires, manœuvre puis ouvrier du textile, était trésorier du rayon communiste local en 1932 (voir Jean-Baptiste Nevers*). Il quitta Roanne pour s’installer dans l’Aisne et travailla dans le textile.

Membre du Parti communiste depuis 1924, rédacteur au journal communiste L’Exploité, Adrien Renard fut candidat sur la liste communiste aux élections municipales de mai 1935 à Saint-Quentin. Le congrès de réunification syndicale de l’Aisne, réuni en janvier 1936, l’élut permanent et secrétaire adjoint chargé de la propagande. L’Union départementale groupait alors sept à huit mille adhérents. Il fut secrétaire général en 1938 et 1939. Le congrès de l’unité du Textile, en juin 1937, l’avait élu membre de la commission exécutive (voir Victor Vandeputte*). Il fut délégué aux congrès CGT de 1936 (Toulouse) et 1938 (Nantes). Il fut proposé par la CGT, et accepté par le préfet, comme membre de la Commission départementale paritaire de conciliation mise en place le 22 juillet 1936. Son suppléant était Gaston Deballe*. Il fut ainsi chargé d’effectuer un rapport sur la grève des ouvriers de l’imprimerie moderne, à Château-Thierry, dont le propriétaire était Gaston Cagniard*. Au cours de cette mission, il collabora avec Cardon, président de la Chambre des métallurgistes de l’Aisne, à Saint-Quentin, représentant du patronat au sein de la Commission départementale paritaire de conciliation.

Mobilisé en 1939 comme auxiliaire de 2e classe, puis démobilisé en juillet 1940, il fut aussitôt arrêté administrativement pour avoir poursuivi ses activités au sein du PC clandestin, le 18 octobre 1940. Il fut alors interné au camp de Nexon (Haute-Vienne), d’où il s’évada trois mois après, à la fin du mois de janvier 1941. Il fut à nouveau arrêté le 22 février suivant, alors qu’il poursuivit le travail demandé par son organisation. Le 21 juillet, le tribunal militaire de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), présidé par Perret (condamné en novembre 1946 à 20 ans de travaux forcés, à la confiscation de ses biens et à l’indignité nationale par la Cour de justice de Poitiers), Adrien Renard se vit infliger la peine maximale, soit cinq années de réclusion, 5 000 F d’amende et 20 ans de suppression des droits civiques, civils et familiaux. Il fut libéré de la prison de Nontron (Dordogne) par les FFI le 10 juin 1944. Il resta dans les maquis de Dordogne jusqu’à ce que son retour dans l’Aisne soit possible.

De retour dans l’Aisne après la Libération, au cours de l’automne 1944, Adrien Renard fut l’un des personnalités communistes les plus influentes dans le département ; il siégea d’ailleurs au bureau régional du PCF

En 1945, Adrien Renard fut élu secrétaire de la Fédération nationale du Textile (CGT) jusqu’en 1948 ; il retrouva également son poste de secrétaire de l’UD des Syndicats ouvriers de l’Aisne.

En janvier 1945, il fut proposé, en tant que représentant de la CGT, par le préfet de l’Aisne pour remplacer l’URD Louis Ternynck, conseiller général de Chauny, révoqué.

Il fut présenté comme candidat unique de la gauche aux élections cantonales de septembre 1945 dans le canton de Bohain, détenu par l’URD Herbet, maintenu par l’administration en janvier 1945, mais qui ne se représentait pas. Toutefois, l’accord entre les fédérations départementales de la SFIO et du PCF ne fut pas respecté : appuyé par les sections locales, le socialiste Paul Lépine se déclare face à Adrien Renard. Ce dernier fut battu au premier tour, mais de justesse : il obtint 3 661 voix (49,83 %) contre 3 689 à son compétiteur.

Conduisant la liste communiste, il fut élu député à la première Assemblée constituante le 21 octobre 1945, en première position et entre à la commission du Travail. Le comité fédéral le plaça en tête de la liste du PCF pour les élections du 2 juin 1946 : les candidats communistes obtinrent près de 80 000 suffrages exprimés (35,7 %). Adrien Renard fut aisément réélu ainsi que René Thuillier et Paulette Charbonnel, mais non Raoul Sauer, Émile Gente et Paul Doloy*.

La même liste fut reconduite aux élections législatives du 10 novembre 1946. Le vote communiste progressa de 2 883 voix pour atteindre 38,1 % des suffrages exprimés. Mais le PCF ne put obtenir plus que trois députés : Adrien Renard, René Thuillier et Paulette Charbonnel. Adrien Renard fut réélu à l’Assemblée nationale jusqu’en 1958. Le Parti communiste demeura la principale formation politique de l’Aisne jusqu’à l’avènement de la Ve République.

Adrien Renard conserva le canton de Guise au PCF, en succédant à Raoul Sauer au second tour des cantonales du 14 octobre 1951. Le 20 avril 1958, le siège de conseiller général échut à Georges Pettgen, directeur honoraire de cours complémentaire et conseiller municipal de Guise.

L’influence politique d’Adrien Renard fut aussi perceptible au sein de la Fédération de l’Aisne. Il fut élu au secrétariat du Comité fédéral de l’Aisne le 15 février 1953, puis au bureau fédéral à partir du 16 mai 1954. En 1959, il fut de nouveau élu secrétaire fédéral, en remplacement de Jacques Loriot relevé de ses responsabilités par le Bureau fédéral du 16 novembre 1959 sous prétexte de motifs ayant trait à sa vie privée. A partir du 30 avril 1961, il fut chargé de la propagande. Il fut aussi secrétaire de l’Amicale des vétérans et membre du conseil départemental du Mouvement de la Paix. Il devint secrétaire de l’Amicale des Élus (1962).

Îgé de cinquante-neuf ans, Adrien Renard fut élu membre du Comité fédéral à partir du 10 mai 1964, où figura pour la première fois son fils Roland Renard*. En 1965, sans entrer au secrétariat fédéral, il fut à nouveau chargé de la propagande. On le retrouva aussi au Comité France-RDA. En 1968, il était toujours membre du Comité fédéral de l’Aisne, mais aussi responsable départemental du comité France-URSS. Il avait suivi les cours de l’École centrale du PCF.

Il fut enfin élu 1er adjoint au maire de Gauchy du 21 mars 1971 à sa mort, qui survint le 29 mars 1979, à Saint-Quentin.

Son fils, Roland Renard, est maire communiste de Montescourt-Lizerolles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article128492, notice RENARD Adrien, Francisque par Frédéric Stévenot, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 13 septembre 2018.

Par Frédéric Stévenot, Claude Pennetier

Adrien Renard
Adrien Renard
La CGT et le Mouvement syndical, 1925, p. 163

SOURCES : RGASPI, 495 270 659. — Arch. Dép. Aisne, 3 MM 4, 10 M 48, Délibérations du Conseil général de l’Aisne (1945-1981). — La Liberté de l’Aisne (n° 48 du 8 septembre 1945, n° 82 du 11 mai 1946, n° 111 du 23 novembre 1946, n° 113 du 7 décembre1946) ; 3 MM 4, 10 756 : éléments biographiques apportés par Roland Renard. — Arch. comité national PCF. — Arch. Nat. F7/13139 ; L’Exploité, 1935-1939. — La Voix du Peuple, janvier 1936. — La Liberté de l’Aisne, 27 octobre 1945. — Compte rendu du congrès de réunification syndicale de l’Aisne, janvier 1936).— Compte redu du congrès de la Fédération CGT du Textile, mars 1946.

ICONOGRAPHIE : La Liberté de l’Aisne (n° 54, 20 octobre 1945).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément