RENAITOUR Jean-Michel [TOURNAIRE Pierre-André dit]

Par Justinien Raymond

Né le 31 mars 1896 à Paris (Xe arr.), mort le 13 décembre 1986 (XIe arr.) ; homme de lettres ; député socialiste puis socialiste indépendant de l’Yonne (1928-1940) ; maire d’Auxerre.

Pierre-André Tournaire fit de brillantes études secondaires au lycée Henri-IV à Paris. Il adhéra à la XIe section du Parti socialiste en 1913. Le 15 novembre 1915, il s’engagea dans l’aviation pour la durée des hostilités et devint pilote de bombardier. Démobilisé le 20 juillet 1919, il reprit ses études et, sous un pseudonyme (en forme d’anagramme), se lança dans le journalisme. Il devait acquérir la notoriété comme écrivain : en 1923, il reçut le Grand prix national de littérature et celui de la bourse nationale de voyage attribuée par le ministère de l’Instruction publique.

Courant 1919, Jean-Michel Renaitour appartint brièvement au Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires fondé par Jean de Saint-Prix* et Marcel Ollivier. En novembre 1920, il signa le manifeste du Comité pour la reconstruction de l’Internationale et demeura au Parti socialiste après la scission de Tours (décembre 1920). Quelques années plus tard il commença une carrière politique en se portant candidat aux élections législatives de 1924 sur la liste d’Union républicaine et socialiste dans l’Yonne. Il recueillit 12 814 voix sur 86 022 inscrits. Deux ans plus tard, il fut élu conseiller général de Seignelay (Yonne) comme socialiste indépendant. Il devait conserver cette fonction jusqu’en 1940 et la retrouver de 1955 à 1979. Il semble que dès cette époque, il ait appartenu à la Franc-maçonnerie (loge Francisco Ferrer). Il collabora de 1924 à 1927 au mensuel les Libérés de toutes les guerres publié à Lyon par Victor Margueritte*.

Candidat socialiste SFIO aux élections législatives de 1928 dans la 1re circonscription d’Auxerre-Avallon, bien qu’ayant été exclu par la commission fédérale des conflits, Jean-Michel Renaitour obtint 5 932 voix sur 21 086 inscrits, en deuxième position, derrière le candidat de droite. Bénéficiant du désistement du candidat radical-socialiste (1 820 voix), il l’emporta au second tour avec 8 973 voix contre 8 743 à son adversaire. Parlementaire actif, il agit le plus souvent en franc-tireur et rompit bientôt avec le Parti socialiste. Mais auparavant, il avait conquis la mairie d’Auxerre qu’il administra jusqu’en 1941. Sans concurrent socialiste et sous l’étiquette de socialiste indépendant, il fut réélu député en 1932 (10 449 voix sur 20 823 inscrits) et en 1936 (9 134 voix sur 20 812 inscrits), il siégea dans les rangs des Indépendants de gauche. Le 10 juillet 1940, il ne prit pas part au vote attribuant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il donna par la suite des articles aux Temps nouveaux de Jean Luchaire et à l’œuvre de Marcel Déat*.

Après la Seconde Guerre mondiale, il fut conseiller municipal (1962-1977), adjoint (1964-1971) et conseiller général de Seignelay. Jean-Michel Renaitour fut directeur du théâtre Édouard VII, membre du jury du Conservatoire national d’art dramatique. Il reçut le grand prix de l’Académie française en 1952.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article128481, notice RENAITOUR Jean-Michel [TOURNAIRE Pierre-André dit] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 15 septembre 2019.

Par Justinien Raymond

SOURCES : Dict. parl., op. cit.Le Travailleur, 14 mai 1924, 8 mars et 31 mai 1938. — Le Monde, 27 mars 1979, 18 décembre 1986. — M. Ollivier, Un bolchevik dangereux, op. cit.

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