Né le 3 février 1894 à Paris, mort le 5 mai 1984 à Paris ; après diverses activités, devint enseignant ; militant libertaire.

Petit-fils d’Élie Reclus*, fils de Paul Reclus* qui fut condamné au bagne pour ses opinions anarchistes, Jacques Reclus suivit ses parents en exil et vécut en Écosse puis en Belgique où il fit des études de sciences économiques à Bruxelles. Il les poursuivit à Paris, où sa famille revint en 1914, mais se préparait à une carrière de pianiste qu’il dut abandonner après avoir été blessé à la main droite en 1918. Dès cette époque, il était connu dans les milieux libertaires. Il collaborait à La Clairière (1917) et à La Bataille syndicaliste devenue La Bataille (1914-1916). A partir de janvier 1920, il devint gérant des Temps nouveaux (voir Jean Grave*), publication à laquelle son père collabora également. Il participa à la revue du docteur Marc Pierrot*, Plus loin, et au Libertaire quotidien. Ce fut sous son impulsion qu’en 1923 se constitua le Groupement de défense des révolutionnaires emprisonnés en Russie qui édita la brochure Répression de l’anarchisme en Union soviétique.
Au début de 1928, il fut sollicité par l’anarchiste chinois Wu Kesang pour aller enseigner le français et l’histoire à l’Université du travail à Shanghai. Arrivé en mai, en compagnie de son ami l’avocat Pascal Mugnier, expulsé d’Indochine pour agitation révolutionnaire, Jacques Reclus dénonça aussitôt la corruption des fonctionnaires français. Il partit ensuite pour Nankin, Pékin, Hong-Kong, etc...Pendant la guerre, il se trouvait à Kunming où son domicile était ouvert aux Français libres, Pierre Boulle, Léon Jankélévitch...
En 1945, il enseigna de nouveau à Pékin mais en 1952 fut victime de la violente xénophobie des communistes chinois. Expulsé, il revint à Paris où son épouse Huang Shuyi devint professeur aux Langues orientales à Paris. Il travailla comme correcteur puis devint rédacteur de la revue bibliographique de sinologie (EPHE), enfin enseignant à Paris-VII.

ŒUVRE : La Révolte des Taïping (1851-1864). Prologue de la révolution chinoise, Le Pavillon, 1972. — J. Reclus est l’auteur de nombreuses traductions.

SOURCE : Arch. Jean Maitron, lettre de J. Reclus, 27 mars 1963. — Josiane Garnotel, Le Libertaire quotidien, MM, op. cit. — René Bianco, Un siècle de presse anarchiste, op. cit. — R. Faligot et R. Kauffer, Kang Sheng et les services secrets chinois (1927-1987), R. Laffont, 1987. — Libération, 15 mai 1984 [photo]. — Le Monde, 18 mai 1984. — Bulletin des correcteurs, mai-juin 1984.

René Bianco et Jean Maitron

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