RAVEL Jules, Jean

Par Jean-Rémy Bézias, René Lemarquis

Né le 6 mars 1901 à Guillaumes (Alpes-Maritimes), mort le 19 juin 1986 à Nice (Alpes-Maritimes) ; secrétaire du syndicat unitaire des employés du gaz de Nice (1931-1933) ; secrétaire du rayon de Nice du Parti communiste (1935) ; conseiller municipal de Guillaumes (1945-1953), maire (1945-1947).

Fils de petits propriétaires cultivateurs, Jules Ravel fréquenta l’école primaire de 6 à 14 ans et commença tout de suite à travailler. Il fit son service militaire comme 2e classe et avait un frère adjudant chef avec lequel il conservait des relations amicales. Employé à la Compagnie du gaz de Nice et membre du Parti communiste, fut, à partir de 1931 ou 1932, secrétaire du syndicat unitaire des employés du gaz de Nice (voir Augustin Salge*). Il fut, en novembre 1931, délégué de la Fédération des Services publics au congrès de la CGTU à Paris. Il fut ensuite désigné secrétaire de l’Union locale unitaire de Nice, probablement à la suite du déplacement administratif de l’institutrice Madeleine Faraut*, en septembre 1932.

Jules Ravel qui avait suivi un cours marxiste du 1er degré organisé par Madeleine Faraut adhéra en mai 1932 au Parti communiste par sympathie « étant dans le mouvement révolutionnaire » (syndicats, SRI). Il était membre de la cellule d’entreprise Gaz-Électricité du rayon de Nice. Dans le SRI, il fut successivement secrétaire adjoint puis secrétaire général.

Mais il semblerait qu’il ait été critiqué en 1933 par certains militants pour son « sectarisme politique » au moment où, à Nice, se dessinait une unité d’action partielle entre CGT et CGTU Le 27 avril 1933, il démissionna et fut remplacé par Bruno Fontanesi*, ouvrier menuisier, qui le combattait apparemment depuis quelques mois. Il resta cependant membre de la commission exécutive de l’Union locale unitaire.

Son dossier au RGASPI apporte des éléments de réponse à ces critiques. Jules Ravel habitait (depuis 1924 écrivait-il dans son autobiographie d’août 1933) chez un « flic gardien de la paix », dont l’épouse avait été à Guillaumes sa camarade de classe, et qui serait sympathisant. Il expliquait avoir « échoué » chez ce couple en raison également du tarif exceptionnel de la location qui n’avait pas été déclarée pour éviter les taxes. Cette déclaration eut pour effet de provoquer l’indignation courroucée de la commission des cadres : (« Secrétaire du SRI il trouve normal cet état de choses ! ! »). Si on ajoute ses bonnes relations avec son frère il est « impossible d’accepter cette argumentation ». Il faut « informer le SRI et la région [et] lui enlever tout travail responsable ». Il fut noté B deux fois.

Le 19 février 1934, il représenta à Nice, en compagnie d’Augustin Salge, son syndicat au congrès de la 9e Union régionale unitaire et, le 7 août, les syndicats unitaires de Nice à une réunion destinée à réaliser l’unité d’action entre unitaires, confédérés et autonomes. Candidat du Parti communiste dans son canton d’origine, à Guillaumes, en octobre 1934, il recueillit au 1er et unique tour, 29 voix (2,5 % des inscrits). Secrétaire du rayon de Nice du Parti communiste en 1935, il fut en mai de cette même année, candidat sur la liste conduite par Virgile Barel* aux élections municipales à Nice et obtint 5 175 voix sur 470 429 inscrits. Il devint en janvier 1936 secrétaire adjoint, avec Bruno Fontanesi, de l’Union locale CGT réunifiée, dont le secrétaire était l’ex-confédéré Cognet, des tramways. Jules Ravel fut délégué en 1937, au VIe congrès fédéral de l’Éclairage (Lyon, juin).

De nouveau candidat dans le canton de Guillaumes en octobre 1937, il obtint 9,8 % des voix des inscrits. À la suite de la grève générale du 30 novembre 1938, il fut licencié par la Compagnie du gaz de Nice.

En avril 1945, il se présenta à la tête de la liste communiste aux élections municipales dans son village natal, fut élu dès le 1er tour et devint maire. En octobre, lors des élections cantonales, il fut élu conseiller général au second tour. Mais en octobre 1947, bien que réélu au second tour conseiller municipal, il perdit son poste de maire au profit d’un modéré. En mars 1949, il fut candidat sans succès aux élections cantonales, battu par le candidat républicain-socialiste. En 1946, à l’issue du XVIe congrès de la Fédération CGT de l’Éclairage (Paris, 17-20 septembre), il avait été élu membre du comité fédéral.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article128212, notice RAVEL Jules, Jean par Jean-Rémy Bézias, René Lemarquis, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 5 mars 2011.

Par Jean-Rémy Bézias, René Lemarquis

SOURCES : Cabinet du préfet des Alpes-Maritimes (1931-1935). — Le Cri des travailleurs, 1935-1939 (photo en 1938). — Nice-Matin, 1945-1949. — RGASPI : 495.270.563 : autobiographie du 2 août 1933.

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