RAVEL Charles, Gabriel, Justinien, Henri

Par Jacques Girault

Né et mort à Puget-Ville (Var), 20 février 1887-17 mars 1961 ; artisan charron ; maire communiste de Puget-Ville (1935-1940, 1944-1947).

Fils d’un artisan-charron, Charles Ravel lui succéda. La publicité, dans l’Annuaire du Var des années 1930, indiquait : "Forge, charronnage, carrosserie, outillage, mécanique, charbons de Bessèges". Marié en novembre 1909 dans la commune, après la guerre Ravel présidait le groupe local de l’Union des Poilus. Candidat au conseil municipal sur la "liste républicaine de défense des intérêts locaux", le 30 novembre 1919, il obtint 157 voix sur 478 inscrits, il fut élu, le dimanche suivant avec 184 voix. La Préfecture présentait ce socialiste SFIO comme "unifié à outrance". Désigné comme délégué sénatorial, il annonça qu’il voterait pour le candidat radical-socialiste Louis Martin, originaire de Puget-Ville. Actif dans le conseil municipal, il faisait partie de la commission des fêtes. Après la démission du maire, il dut l’imiter puisqu’il était candidat aux élections municipales complémentaires du 1er octobre 1922. Il l’emporta avec 151 voix sur 457 inscrits. Pour réagir contre les agissements de l’adjoint, il démissionna avec la plupart de ses collègues et se représenta sur la "liste de protestation contre l’adjoint". Il arriva en tête, le 19 novembre 1922, avec 189 voix. Il ne se représenta pas en 1925.

Militant de la Ligue des Droits de l’Homme, Charles Ravel participa aux congrès fédéraux de l’organisation et au congrès des Rouges du Var au Luc en 1924 pour la préparation des élections législatives.

Le 5 mai 1929, seul candidat sur une liste "d’action sociale", Charles Ravel retrouva le conseil municipal, arrivant nettement en tête avec 221 voix sur 494 inscrits. Membre des commissions des finances, des fêtes, de l’instruction publique, il était aussi délégué patronal à la commission locale des retraites ouvrières et paysannes. Membre de la section socialiste SFIO, il participa au congrès de la circonscription en décembre 1931 qui désigna le candidat socialiste SFIO aux élections législatives suivantes et fit partie de son comité de soutien.

Toutefois, pour les élections municipales de 1935, Charles Ravel constitua une "liste de gauche" qui battit celle du maire socialiste SFIO sortant, Ravel recueillant personnellement le 5 mai, 250 voix sur 514 inscrits. Il devint maire. Le Populaire du Var, hebdomadaire socialiste SFIO, l’accusa de s’être appuyé sur les forces de droite, en accord avec le conseiller général Eugène Prat-Flottes, pour battre les sortants. Rouge-Midi, hebdomadaire communiste, ne le signalait pas parmi les maires du Parti communiste. Peu de temps après, il adhérait à la cellule communiste qui venait de se créer. En décembre 1935, il engagea personnellement le conseil municipal à voter des subventions pour l’édification du monument Pierre Renaudel et pour l’aide au comité chargé de manifester sa sympathie du sénateur Louis Martin. Il participa à de nombreuses réunions communistes et notamment au rassemblement paysan de Brignoles en juin 1938.

Le 29 septembre 1939, lors d’une perquisition à la mairie, divers emblèmes communistes furent saisis. Le 1er octobre 1939, lors de la réunion du conseil municipal, Charles Ravel fit une déclaration, interdisant toutes les réunions communistes "ainsi que toutes celles pouvant porter atteinte eu moral de la population et à la Défense nationale". Il écrivit personnellement au sous-préfet, confirmant son "absolu attachement à la Défense nationale" et déclarant n’avoir "jamais subi l’empreinte de l’ex-Parti communiste et de ses dirigeants". A la Libération, le rapport de police indiquait qu’il n’avait pas "voulu répudier le pacte germano-soviétique". Suspendu le 31 janvier 1940, il fut déchu de son mandat le : mars 1940 à la suite d’un arrêté du conseil de Préfecture du 23 février.

Ravel participa à la Résistance avec son fils, renouant très vite avec le Parti communiste clandestin. Président du Comité local de Libération et de la délégation municipale, il entra en conflit, dès novembre 1944, avec la section socialiste SFIO à propos de la répartition des sièges au conseil municipal. Candidat aux élections municipales, le 29 avril 1945, il obtint 321 voix sur 876 inscrits, et fut élu, le dimanche suivant, avec 483 voix. Il conserva son poste de maire. Le 19 octobre 1947, il conduisait la liste communiste qui était battue alors qu’il recevait personnellement 295 voix sur 870 suffrages exprimés. Pour les élections législatives de 1956, Ravel faisait partie du comité de soutien à la liste communiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article128210, notice RAVEL Charles, Gabriel, Justinien, Henri par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 31 juillet 2014.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. Var, 2 M 7 24 2, 28 2, 32 1, 35 3, 4 M 44, 59 4 4, 18 M 95, 3 Z 2 3, 9, 14, 4 19, 20, Cabinet. — Presse locale. — Sources orales. — Notes de Jean-Marie Guillon.

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