RABAUT Jean, Adolphe (RABINOVICI Jean dit)

Par Jean-Michel Brabant, Jean Maitron

Né le 18 janvier 1912 à Courbevoie (Seine), mort le 1er juin 1989 à Évreux (Eure) ; journaliste, commentateur radio ; historien ; membre de la Jeunesse communiste puis du Cercle communiste démocratique, du Parti socialiste SFIO et du PSOP.

Issu d’un milieu aisé, son père était ingénieur électricien et sa mère médecin, « tous les deux juifs venus d’Europe orientale et ayant milité dans le mouvement socialiste dans leur jeunesse » (témoignage cité), Jean Rabaut (son nom courant devenu son nom légal en décembre 1955) fit ses études au lycée Pasteur de Neuilly (Seine) où il obtint son baccalauréat latin-grec-philosophie.

En 1928, il adhéra à la LAURS et aux Étudiants socialistes, mais, l’année suivante, par « pacifisme révolutionnaire » dit-il, il rallia la Jeunesse communiste et devint trésorier du 15e rayon des Jeunesses communistes de Paris. Membre de l’Union fédérale des étudiants, groupement contrôlé à l’époque par le Parti communiste, il participa à la direction de l’UFE constituée par la fraction communiste ; il connut plusieurs des futurs dirigeants du parti et de l’opposition. Jean Rabaut faisait alors des études de sciences naturelles ; il devait les abandonner par la suite et obtenir finalement une licence et un diplôme d’études supérieures d’histoire-géographie.

S’exprimant avec aisance, il défendit tout d’abord avec fougue la ligne du parti au sein de l’UFE. Puis, impressionné par le point de vue de Trotsky sur la situation allemande, il s’y rallia et fut exclu en décembre 1932 de la Jeunesse communiste.

Lié à Jean Prader, il déclara en avril 1933, dans un texte public, ne pas pouvoir envisager un possible redressement de l’Internationale communiste puis il rejoignit courant 1933 le Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine et se mit en rapport avec la Fédération communiste indépendante de l’Est, à Belfort, ville où il fit son service militaire. Il adhéra aux Étudiants socialistes en octobre 1934 puis au Parti SFIO et fut affecté à la 5e section de Paris. Délégué de son arrondissement au congrès fédéral de la Jeunesse socialiste, du 21 juillet 1935, il se prononça en faveur de la direction fédérale appuyée par les tendances de gauche.

Jean Rabaut soutenait, à l’époque, la tendance « Spartacus » de René Lefeuvre et rejoignit avec lui la Gauche révolutionnaire de Marceau Pivert. Dans le même temps, il devenait membre du bureau national des Étudiants socialistes. En 1937, lorsque cette organisation fut dissoute par la direction de la SFIO pour indiscipline, Jean Rabaut quitta le Parti socialiste mais resta rédacteur de la revue Essais et combats devenue organe de la Fédération des étudiants révolutionnaires.

Mobilisé en septembre 1939 au voisinage de Paris, il participa, après sa libération, à la rédaction de journaux clandestins ronéotés (Sous la botte, La nation libre), avant de gagner la zone non-occupée au printemps 1941. Il exerça alors divers métiers pour subsister : manœuvre, chef de chantier de carbonisation. En 1944, maquisard, il devint l’adjoint du commandant FFI des Basses-Alpes. Il adhéra de nouveau à la SFIO puis, devint en 1945, rédacteur en chef adjoint à la Radiodiffusion française. Il quitta le parti de Guy Mollet* en 1958 pour suivre le Parti socialiste autonome et adhéra finalement en 1960 au Parti socialiste unifié dont il resta membre jusqu’en 1964. En 1962, au moment du putsch des généraux, il anima le Comité de vigilance antifasciste de la RTF où il travaillait. Il rejoignit, en 1969, le nouveau Parti socialiste, y soutint le courant rocardien et quitta le PS après l’affaire du Rainbow warrior en 1985.

Auteur de plusieurs ouvrages d’histoire, il fonda en 1959, avec Ernest Labrousse* et Yvonne Régnier-Jaurès, la Société d’études jaurésiennes.

Marié en juillet 1938 à Paris (VIe arr.) avec Geneviève Weill-Raynal, (fille d’Étienne Weill-Raynal*, voir ce nom), professeur d’histoire, dont il eut deux enfants, il divorça en 1962, épousa l’année suivante Élisabeth Darcey Chauvreau, journaliste dont il divorça en novembre 1975 puis en juin 1980, à Bures-sur-Yvette Martine Laulan, bibliothécaire.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article127870, notice RABAUT Jean, Adolphe (RABINOVICI Jean dit) par Jean-Michel Brabant, Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 septembre 2018.

Par Jean-Michel Brabant, Jean Maitron

Jean Rabaut
Jean Rabaut

ŒUVRE : Jaurès et son assassin, Cercle du bibliophile, 1961. — Jaurès, Librairie académique Perrin, 1971. — Tout est possible ! Les gauchistes français de 1929 à 1944, Denoël, 1974. — L’Antimilitarisme en France, Hachette, 1975. — Histoire des féminismes français, Stock, 1978. — Jaurès assassiné, Éd. Complexe, 1984. — Féministes à la belle époque, France-Empire, 1985. — Marguerite Durand, 1864-1936 : "La fronde" féministe ou "Le temps" en jupons, L’Harmattan, 1996.

SOURCES : S. Ketz, De la naissance du GBL à la crise de la section française de la LCI, MM, Paris I, 1974. — Madeleine Rebérioux, « En souvenir de Jean Rabaut », Bulletin de la société d’études jaurésiennes, n° 114, juillet-septembre 1989. — Témoignage autobiographique. — État civil.

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