PUESCHMAILLE Alexandre [PUESCHMAILLE Félix, Alexandre]

Par Justinien Raymond

Né le 2 mai 1874 à Golinhac (Aveyron) ; mort le 17 ou 18 octobre 1925 à Moulins (Allier). Instituteur, professeur, puis inspecteur de l’enseignement primaire ; député socialiste de l’Allier en 1924.

Né dans une famille de cultivateurs, Alexandre Pueschmaille (parfois écrit Puechmaille) fréquenta, après l’école primaire, l’enseignement primaire supérieur et devint instituteur. Il enseigna de 1894 à 1899 tout en préparant, avec succès, le concours d’entrée à l’École normale supérieure de Saint-Cloud d’où il sortit professeur deux ans plus tard. Il enseigna aux Écoles normales d’instituteurs de Grenoble puis de Rodez. Après avoir obtenu le certificat d’aptitude, il fut nommé, en novembre 1903, inspecteur de l’enseignement primaire à Lapalisse (Allier).

Pueschmaille se dévoua aux œuvres scolaires et post-scolaires, organisa des colonies de vacances, des sociétés de secours mutuel qu’il groupa en Union départementale. La Première Guerre mondiale interrompit cette activité : mobilisé en 1914 au 98e territorial, il fut mis en sursis d’appel et regagna Moulins où il résidait et où, en 1912, il avait été élu conseiller municipal sur la liste radicale et socialiste. En 1919, il fut chargé de mission à l’œuvre de reconstitution des services d’enseignement en Alsace-Lorraine. Le 1er décembre 1923, il se fit mettre en congé en vue de la campagne électorale de 1924.

Il était devenu président de la Fédération de l’Allier de la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen et, comme tel, prit une part active à la constitution du Cartel des gauches dans le département. Son passé de lutte, son entrain, sa cordialité, son éloquence méridionale lui assurèrent une place sur la liste qui devait affronter les élections législatives du 11 mai 1924 et qui portait le titre de liste d’Union socialiste. Il fut brillamment élu par 47 237 voix sur 121 363 inscrits, dépassant largement le quotient électoral (19 933). Il donna alors son adhésion au Parti socialiste SFIO et à son groupe parlementaire ce que d’aucuns lui reprochèrent, notamment lors de sa candidature au conseil général dans le canton de Varennes-sur-Allier où, au second tour, le 26 juillet 1925, il fut battu de quelques dizaines de voix par le radical conservateur Marcel Régnier.

Il ne devait pas survivre longtemps à ce succès et à cet échec et il mourut à l’âge de cinquante et un ans. Le président de la Chambre des députés, É. Herriot, prononça son éloge funèbre le 29 octobre 1925, déclarant : « Ceux qui l’ont approché ont perçu chez ce professeur passionnément attaché aux œuvres républicaines et pour qui le devoir politique était surtout un devoir d’éducation, une sensibilité contenue mais frémissante, qui lui a dicté certains actes de la plus délicate générosité. Il est certain qu’il n’avait pas donné toute sa mesure et que nous déplorons, par sa mort, un espoir brisé. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article127601, notice PUESCHMAILLE Alexandre [PUESCHMAILLE Félix, Alexandre] par Justinien Raymond, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 janvier 2017.

Par Justinien Raymond

SOURCES : G. Rougeron, Le Réveil socialiste de l’Allier. — Dict. parl., op. cit.

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