PROUST Edmond. Dit Gapit et Chaumette, dans la Résistance

Par Jacques Blanchard, complété par Claude Pennetier

Né le 20 octobre 1894 à Chenay (Deux-Sèvres), mort le 27 novembre 1956 à Niort (Deux-Sèvres) ; instituteur ; résistant (colonel Chaumette) ; président fondateur de la MAAIF et de la CAMIF.

Edmond Proust
Edmond Proust
Michel Chaumet, MAIF, l’histoire d’un défi, Cherche Midi, 1998.

Né dans une famille protestante, fils d’un roulier et d’une tuyautière qui devint veuve alors qu’il avait treize ans, Edmond Proust entra en 1912 à l’École normale d’instituteurs de Parthenay (Deux-Sèvres). Il fut un grand sportif et un laïque convaincu. Incorporé le 8 septembre 1914 au 32e régiment d’infanterie, sergent puis aspirant, il fut démobilisé le 6 septembre 1919 comme sous-lieutenant avec la Croix de guerre. Nommé instituteur à Saivres, commune rurale des Deux-Sèvres, il devait occuper ce poste jusqu’à sa retraite en octobre 1949. Durant toute sa carrière, il créa et anima de nombreuses œuvres post-scolaires.

Edmond Proust, pacifiste, joua un rôle actif au sein de la Fédération des Deux-Sèvres des combattants républicains dont il fut le secrétaire général de 1933 à 1939 et il devint vice-président de la Fédération nationale (FNCR). Mais c’est dans le domaine de la mutualité qu’Edmond Proust déploya son énergie et joua un rôle prépondérant. Le 1er juillet 1934, trois cents pionniers parmi lesquels Proust, se réunirent pour jeter les bases de l’organisation de la Mutuelle assurance automobile des instituteurs de France. Lors de la première assemblée générale qui eut lieu en avril 1935 à Fontenay-le-Comte (Vendée), Proust fut nommé président de la Mutuelle. Celle-ci ne cessa de se développer au cours des années suivantes et, en 1939, elle groupait plus de 34 000 adhérents. Il déclara en 1937 : « C’est pour mener, sur le front social, avec nos modestes moyens, la lutte contre le monstre capitaliste, que nous avons fondé la MAAIF ». Au congrès de la MAAIF à Lyon en 1947, Proust lança l’idée de la Coopérative des adhérents de la Mutuelle automobile des instituteurs de France, aussitôt adoptée et réalisée, ce fut la CAMIF.

En janvier 1934, Proust adhéra au comité saint-maixentais de lutte contre la guerre et le fascisme et devint, deux ans plus tard, secrétaire du comité départemental de ce mouvement. Cette même année, en tant que militant actif du Parti radical-socialiste Camille-Pelletan, il fut élu secrétaire départemental du Front populaire.

Mobilisé en septembre 1939 comme capitaine au 32e régiment d’infanterie, Proust fut fait prisonnier en juin 1940 et séjourna à l’Oflag XII B de Nuremberg. Libéré en août 1941 comme ancien combattant, il reprit son poste d’instituteur à Saivres. Il ne tarda pas à s’engager dans la Résistance et devint chef départemental de l’Organisation civile et militaire, puis de l’Armée secrète, enfin des FFI. Connu sous les noms de Gapit puis Chaumette, il contribua avec Bétin à la publication de l’Instituteur patriote. Il échappa de justesse à l’arrestation le 18 février 1944. Malgré l’hostilité de de Chêne, chef FTP de la Vienne et du général Koening, mais grâce au soutien de René Hudeley, il commanda à la Libération le 114e régiment d’infanterie sur le front de La Rochelle puis participa à l’occupation de l’Allemagne.

En 1949, Proust fit valoir ses droits à la retraite. Il s’installa à Niort et se consacra dès lors et jusqu’à sa mort à ce qui était l’œuvre essentielle de sa vie : la MAAIF. Le développement de l’entreprise lui valut sa première grève en 1951. En 1952, après un bras de fer avec le directeur, Perrochin, il en fut nommé président-directeur général et le demeura jusqu’à sa mort.

Son fils Robert, le seconda à différents moments, dans la Résistance (officier de liaison) et à la MAAIF.

Officier de la Légion d’honneur, Proust était en outre titulaire de nombreuses décorations et distinctions.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article127497, notice PROUST Edmond. Dit Gapit et Chaumette, dans la Résistance par Jacques Blanchard, complété par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 13 décembre 2018.

Par Jacques Blanchard, complété par Claude Pennetier

Edmond Proust
Edmond Proust
Michel Chaumet, MAIF, l’histoire d’un défi, Cherche Midi, 1998.
Marcel Coubrat, Maxime Lardreau, H. Naud, A. Fradet, E. Proust, J. Bouchard, Gaston Chauvet, Jean Lauroua ">Edmond Proust avec l’un des premiers conseils d’administration de la MAAIF.
Edmond Proust avec l’un des premiers conseils d’administration de la MAAIF.
De gauche à droite : Marcel Coubrat, Maxime Lardreau, H. Naud, A. Fradet, E. Proust, J. Bouchard, Gaston Chauvet, Jean Lauroua
Edmond Proust jeune
Edmond Proust jeune
Edmond Proust pendant la Première Guerre mondiale
Edmond Proust pendant la Première Guerre mondiale
Edmond Proust en sportif
Edmond Proust en sportif
Edmond Proust et la terre
Edmond Proust et la terre
Edmond Proust à la Libération
Edmond Proust à la Libération
Edmond Proust dans les années 1940
Edmond Proust dans les années 1940

SOURCES : Arch. Dép. Deux-Sèvres, 4 M 6/10, 11/3, 13/4 E. — Bulletins de la MAAIF. — Edmond Proust, imp. de la Loire républicaine (Saint-Étienne), s.d. [1957]. — Michel Chaumet, MAIF, l’histoire d’un défi, Cherche Midi, 1998. — Conférence de Michel Chaumet, « Edmond Proust, fondateur et résistant », 2009, site de l’AMOPA 79.

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