PRIOU Roger, Paul dit PRIOU-VALJEAN Roger ou VALJEAN Jacques

Par Gilles Morin

Né le 7 octobre 1912 à Paris. Responsable de la LAURS ; fondateur du Comité d’action socialiste de « Police et Patrie », membre du comité directeur du Parti socialiste SFIO, conseiller municipal de Paris, conseiller général de la Seine.

Fils d’un officier supérieur d’origine bretonne, Roger Priou fit des études commerciales et du droit à Paris. Étudiant, influencé par Jaurès, il adhéra à la LAURS, aux Étudiants socialistes et aux Jeunesses socialistes en 1929. Membre de la commission exécutive parisienne des ES et de la commission éxécutive de la LAURS, il rejoignit les rangs du Parti socialiste SFIO en 1931, à la 18e section de la Seine. Il fut successivement secrétaire adjoint, délégué à la propagande de la Fédération des JS de la Seine, puis délégué à la propagande de la Fédération de l’Oise. Il se situait à la gauche du parti mais se montrait résolument patriote. Il était très lié à Pierre Brossolette*. Entré comme rédacteur au service des contentieux de la caisse interdépartementale d’Assurances sociales, il adhéra à la CGT en 1935 et fut élu secrétaire du syndicat des cadres.

En 1939, Roger Priou ne reprit pas sa carte de la SFIO. Il condamna les accords de Munich et sans partager les positions de la Gauche révolutionnaire, il n’accepta pas son exclusion au congrès de Royan.

La guerre le ramena à ses amis politiques. Il entra dans la Résistance, dès septembre 1940. Il noua des liens étroits avec les syndicalistes de la CGT de tendance socialiste ou socialisante qui signèrent le manifeste des douze, Albert Gazier*, Christian Pineau, Oreste Capocci* et Charles Laurent*. Mais surtout, il fut un des fondateurs du Comité d’action socialiste avec Daniel Mayer*, Suzanne Buisson*, Henri Ribière et Robert Verdier*, étant responsable de son secteur Paris-Nord.

Il fut aussi un des fondateurs de Libération-Nord, responsable de son secteur Paris-nord, membre de son Comité directeur pour la région parisienne et du Comité directeur national. Il dirigea le réseau de renseignements « France au Combat-Brutus » dans la région parisienne et était chef national adjoint du réseau « Police et Patrie ». Commandant des FFI du IVe arrondissement de Paris et membre de l’état-major FFI, il dirigea à la Libération la prise de la préfecture de Police de Paris et de l’hôtel de ville.

En novembre 1944, Roger Priou fut élu membre du Comité directeur de la SFIO et le demeura jusqu’en 1947. Il fut un des adversaires de l’unité organique avec le PCF, se prononçant pour l’élargissement du parti aux forces issues de la Résistance. Il appuya Daniel Mayer* au congrès de 1946 contre Guy Mollet*. Membre de la commission exécutive de la Seine, il fut de 1945 à 1959 conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine, chargé du rapport général du budget de la préfecture de police. Professionnellement, nommé en 1944 directeur du service contentieux, il termina sa carrière, en 1968, comme directeur général adjoint de la Sécurité sociale.

Bien qu’opposant résolu à la direction de la SFIO durant les premières années de la guerre froide, il adopta une attitude réservée. En 1954, il s’opposa au projet de Communauté européenne de défense soutenu par la majorité du parti. Lors de la guerre d’Algérie, hostile par principe à toute entreprise coloniale, il soutint dès sa naissance, en 1956, la minorité qui se forma autour de ses amis Daniel Mayer*, Édouard Depreux* et Robert Verdier*. Il adhéra au PSA à sa formation, en septembre 1958, puis au PSU, en avril 1960, le quitta quelques années plus tard, heurté par ses divisions internes. Il adhéra au Parti socialiste en 1972 et en était toujours membre au début de 1991.

Roger Priou-Valjean avait été initié à la Franc-maçonnerie en 1936 et atteignit le grade de « maître ». Il avait été aussi un militant actif de la Ligue des droits de l’Homme. Excellent orateur, au français châtié, homme affable, il fit preuve toute sa vie d’une grande discrétion sur ses activités et ses engagements. Il avait reçu de nombreuses décorations : chevalier de la Légion d’honneur à titre militaire, médaille de la Résistance avec rosette et Croix de guerre avec étoile de vermeil et palmes.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article127453, notice PRIOU Roger, Paul dit PRIOU-VALJEAN Roger ou VALJEAN Jacques par Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 16 août 2014.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. OURS, dossier biographique. — C.r. des congrès SFIO. — M. Sadoun, Les Socialistes sous l’Occupation, op. cit. — Témoignage et lettre de R. Priou-Valjean.

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