PONRAMON René

Par André Balent

Né le 1er octobre 1914 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mort le 18 janvier 1997 à Perpignan ; maçon ; jeune communiste à Thuir (Pyrénées-Orientales) ; volontaire en Espagne républicaine disparu lors de la bataille de l’Èbre puis réapparu en 1956 de retour clandestinement d’Espagne.

René Ponramon naquit à Perpignan. Ses parents —Joseph, Michel, François Ponramon, cultivateur et Léonie Romeu, étaient âgés respectivement de trente-cinq et trente-et-un ans en 1914— étaient cependant domicilés à Thuir.

René Ponramon vécut très tôt à Thuir. Militant des Jeunesses communistes de Thuir, René Ponramon se porta volontaire en Espagne républicaine, avec deux autres jeunes militant locaux, Marc Bayonas et Joseph Delmau (Dalmau ?). Ils franchirent la frontière à partir de Sorède, en ayant intégré un groupe de volontaires arrivés par car de la région lyonnaise. Après avoir séjourné au fort de Figueres, ils furent transférés ensuite vers Albacete puis intégrés à la XIVe BI.

René Ponramon fut blessé pendant la bataille de l’Èbre, dans les combats de Corbera le 23 septembre 1938. Il fut porté disparu mais par un concours de circonstances il survécut et fut fait prisonnier par les franquistes à Corbera. Il fut condamné à vingt ans de prison pour "délit d’aide à la rébellion" par un tribunal militaire franquiste siégeant à Sarragosse le 4 janvier 1939.

Après son arrestation, il avait déclaré s’appeler Antonio Parramon Ruiz et être né à Figueres dont il savait que les archives avaient brulé. Il fut incarcéré à la prison de Burgo de Osma (province de Soria). Il fut libéré conditionnellement le 24 mai 1942 et définitivement le 8 novembre 1945.

Il ne put rentrer en France car, conscrit de la classe 1934, il ne put répondre à l’ordre de mobilisation en 1939 et fut donc condamné pour désertion en 1940. Un mandat d’arrêt avait été lancé à cette date.

Il demeura donc en Espagne. il se maria le à Altura (province de Castelló [Castellón] de la Plana) le 16 juin 1947. Une fille, Dolorés naquit à Altura le
14 mai 1949.

Il revint clandestinement en France en 1956 et s’installa à Thuir.

De retour à Thuir, il mena un combat juridique — qui aboutit favorablement en 1957 — pour obtenir la levée de ce mandat d’arrêt.

Son deuxième enfant, René, Antoine, naquit à Perpignan le 17 septembre 1958.

André Marty était l’un des "héros" de René Ponramon. Il n’admettait pas qu’on l’ait diffamé. De ce fait, il se repérait mal, politiquement, dans la France des années 1950 et 1960.

Après avoir repris ses activités professionnelles dans le bâtiment, il était convaincu qu’il ne pourrait bénéficier d’une retraite. Aussi travailla-t-il avec acharnement pour rattraper le temps perdu.

Ses obsèques civiles eurent lieu à Thuir le 20 janvier 1997.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article126898, notice PONRAMON René par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 22 juin 2015.

Par André Balent

SOURCES : Arch. AVER. — Arch. com. Perpignan, actes de naissance et de décès de René Ponramon. — Note d’André Balent, à partir de ses archives. — L’Indépendant, 19 janvier 1997. — Témoignage de son gendre Daniel Boitier recueilli par Claude Pennetier. — Courriels de Daniel Boitier à André Balent (29 et 30 mai 2013).

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