POLLASTRINI Adolphe, Jacques, Louis

Par Antoine Olivesi-Jean-Marie Guillon

Né le 14 juillet 1905 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; ouvrier ébéniste ; militant communiste ; Brigades internationales ; Forces françaises libres

Né le 14 juillet 1905 à Marseille (Bouches-du-Rhône), fils d’un ébéniste d’origine italienne, Adolphe Pollastrini, après le CEP, apprit la sculpture sur bois à l’école des Beaux-Arts et travailla d’abord dans l’entreprise paternelle puis comme traceur, toupilleur et vendeur.

En 1933-1934, il adhéra au Comité antifasciste et au Parti communiste. Secrétaire de ce comité pour Marseille et responsable aux organisations de masse au bureau de la section communiste d’Endoume, il fit aussi partie du bureau du mouvement Paix et liberté des Bouches-du-Rhône. Lorsque la guerre d’Espagne éclata, Adolphe Pollastrini s’engagea dans les Brigades internationales. Après un séjour à bord du Ciutad de Barcelona, il fut débarqué d’office par décision du bureau régional. Il poursuivit alors son action en Espagne républicaine comme vendeur de meubles d’une société marseillaise.
Mobilisé en 1939, puis de retour à Marseille après l’armistice, Pollastrini entra en contact en octobre 1940 avec des militants communistes, notamment Joseph Pastor*. Il participa à la reconstitution clandestine du Parti communiste sous la direction de Raymond Latarget*. Il fut d’abord chargé du secteur Sud de la ville, puis au début janvier 1941, avec le frère de Charles Nédelec*, de la commission de contrôle des cadres, chargée notamment des enquêtes sur les militants suspects afin de repérer les indicateurs. Il aurait été membre du bureau régional clandestin avec, entre autres, Henri Auzias* et Francis Davso*. Il fut condamné par le tribunal militaire de la XVe région, le 13 novembre 1941, aux travaux forcés à perpétuité par contumace. Se rapprocha-t-il alors de Joseph Pastor ? C’est probable. En tout cas, il fut considéré comme un renégat par le Parti, puisqu’il fut dénoncé dans le numéro de Rouge Midi de septembre 1942 en même temps que Pastor et ses camarades dans les termes suivants : « condamné à mort par contumace, ex-secrétaire de section période illégale, se promène dans les rues de la ville, agent prov. » Il s’engagea dans les Forces françaises libres en janvier 1943, fut ensuite volontaire pour le Régiment de marche du Tchad et devint responsable du PC pour le RML.

De 1945 à 1968, Pollastrini reprit son activité professionnelle dans l’ameublement à Marseille, tout en restant fidèle à son idéal communiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article126819, notice POLLASTRINI Adolphe, Jacques, Louis par Antoine Olivesi-Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 18 août 2018.

Par Antoine Olivesi-Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 76 W 160 et 157 (rapport Police spéciale 15 janvier 1941). — Arch. Com. Marseille. — Réponse du militant à un questionnaire. — Le Petit Marseillais 15 novembre 1941. — Madeleine Baudoin, Témoins de la résistance en R2, thèse de doctorat d’État, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977. — Marcel-Pierre Bernard, Les communistes dans la Résistance, Marseille et sa région, Université de Provence (Aix-Marseille I), thèse 3e cycle Histoire, 1982.

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