PINÇON Léon

Par Nathalie Viet-Depaule

Né le 28 septembre 1902 à Sillé-le-Guillaume (Sarthe), mort 21 décembre 1976 à Ploemeur (Morbihan) ; ouvrier métallurgiste, ajusteur ; militant syndicaliste CGTU puis CGT ; militant communiste de Renault et de Boulogne-Billancourt.

Né le 28 septembre 1902 à Sillé-le-Guillaume (Sarthe), fils d’un journalier, Léon Pinçon vit sa scolarité abrégée par le travail aux champs. Berger, charretier dans différentes fermes de la Sarthe et de la Mayenne, il devint apprenti maréchal-ferrant, fit son service militaire et fut embauché comme serrurier au Mans puis au Havre notamment comme naviguant civil au bord du « France ». Il était alors collecteur de la CGT. Il fut ajusteur aux Ets Bohard Brigton au Havre du 21 octobre 1927 au 8 janvier 1928. Le 11 juin 1928, il entra en tant qu’ajusteur aux usines Renault (atelier 69, mécanique générale) à Billancourt (Seine) d’abord à l’artillerie puis aux moteurs semi-diesel (216 et 129).

Ayant rallié la CGTU, Léon Pinçon rassembla autour de lui un groupe de sympathisants puis, à partir de septembre-octobre 1931, prit en main la section syndicale unitaire. Il fut en novembre délégué de l’usine au congrès national CGTU Assurant le secrétariat du comité de lutte, il dirigea la grève partielle de Renault de novembre 1931 à janvier 1932 (voir Alfred Costes). Licencié le 8 janvier 1932, il adhéra au Parti communiste et la direction nationale le mit à la tête du rayon de Boulogne-Billancourt à la place de Jacques Pondruel. Il y resta jusqu’en 1934. La commission centrale d’organisation du parti lui demanda alors d’écrire une brochure sur l’expérience du mouvement Renault qui fut ensuite diffusée dans l’usine.

Pinçon assista en 1932 à la conférence préparatoire au VIIe congrès du PC puis au congrès lui-même. En même temps, il devint membre de la commission exécutive de la Fédération des Métaux et suivit en avril ou mai 1932 l’école centrale de la CGTU. Il appartint dès lors aux « brigades de choc » formées par le PC et la CGTU qui comprenaient en outre Pierre Kérautret, gazier, Henri Raynaud, métallurgiste. Semi-clandestin ou clandestin, il était en liaison avec les rabcors et des membres du Parti communiste allemand.

Interné sous l’Occupation, il s’évada, gagna Nîmes où il eut des responsabilités aux mines d’Alès. Convoqué par la comité central fin 1944, il se vit confier la responsabilité du secrétariat de la section communiste de Boulogne-Billancourt. Il fut élu conseiller municipal puis maire adjoint de la commune en avril 1945, octobre 1947 et mai 1953. En 1959, il brigua sans succès un nouveau mandat et un siège au conseil général de la Seine dans le secteur nord.

Léon Pinçon mourut le 21 décembre 1976 à Ploemeur (Morbihan). Il était le beau-frère d’Henri Jeanson.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article126413, notice PINÇON Léon par Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 21 août 2017.

Par Nathalie Viet-Depaule

ŒUVRE : Un exemple, la grève Renault [1934].

SOURCES : Arch. Nat. F7/13786. — Arch. Com. Boulogne-Billancourt. — J.-P. Depretto, Les communistes et les usines Renault de Billancourt, 1920-1936, M. M., Paris IV, 1976. — Notices biographiques Renault, Editions JCM, 2e et 3e fascicule, 1992 et 1993.

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