PIÉPLU André, Maurice

Par Jacques Girault

Né le 12 novembre 1911 à Paris (XIe arr.), fils d’un ouvrier mécanicien aux ateliers de la Compagnie des chemins de fer l’Est qui fut licencié après les grèves de 1920 et d’une commerçante qui tenait un étal d’huîtres et d’escargots, André Piéplu obtint le Certificat d’études primaires et effectua un apprentissage d’ajusteur à Montreuil. Adhérent de la CGTU vers 1929, après son service militaire, il travailla dans diverses entreprises de l’Est parisien. Secrétaire du comité intersyndical CGTU de Montreuil, il devint responsable permanent de la région Est du syndicat des Métaux en 1933 et le demeura après la réunification syndicale. Sans être membre du Parti communiste, il participa pourtant à la conférence du rayon communiste de Montreuil, et selon le compte rendu de la Voix de l’Est, intervint sur la question syndicale, les 20-21 juillet 1935. Le 24 juillet 1936, il inaugura la nouvelle rubrique syndicale de Montreuil dans la Voix de l’Est, hebdomadaire communiste.

Quand la guerre d’Espagne commença, Piéplu prit part à l’organisation de la campagne pour l’intervention. Payant de sa personne, sans consulter ses camarades, il rejoignit, à la fin août 1936, l’Espagne, par le canal de la commission d’aide à l’Espagne républicaine et d’une organisation de solidarité qui fonctionnait rue Mathurin-Moreau, au siège du Secours rouge international. Dès son arrivée, il s’engagea comme mécanicien, dans l’escadrille « España » que dirigeait Malraux. Revenu en France en décembre 1936, il n’obtint pas de l’ambassade l’autorisation de retourner en Espagne et reprit ses activités syndicales. En février 1937, le syndicat le désigna pour repartir, avec Rol-Tanguy, comme commissaire politique. Il prit part dans les Brigades internationales à toute la guerre dans un groupe de batteries anti-aériennes et rentra en France en janvier 1939.

Piéplu trouva du travail dans une fabrique d’outillage de la porte des Lilas et se syndiqua. Il fut mobilisé, à la fin août 1939, dans un bataillon d’ouvriers d’artillerie sur la frontière sarroise. Affecté spécial en novembre, il fut envoyé, le 1er février 1940, dans la première compagnie spéciale de travailleurs à Saint-Benoît près de Rambouillet. Avec d’autres militants syndicalistes et communistes, il effectua des travaux de terrassement dans les Alpes. Après un séjour à Fort-Barraux (Isère), envoyé dans les Basses-Alpes pour édifier des digues sur les rives de la Durance, il fut transféré au centre d’internement administratif de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il y retrouva Daniel Renoult, dirigeant communiste de Montreuil, principal responsable communiste du camp, et participa à diverses activités dont le groupe théâtral. Transféré à Bayonne pour construire le mur de l’Atlantique, il fut victime d’un accident le 29 mars 1943 après avoir obtenu un congé en région parisienne. Il ne retourna pas à Bayonne et travailla clandestinement comme mécanicien, chez un marchand de charbon de Levallois-Perret.

Après la guerre, Piéplu, par l’intermédiaire de Négrin, habita la cité-jardin de la Butte rouge à Châtenay-Malabry. Installé à son compte comme mécanicien de voitures, il créa, en association, le garage des Cités, à la ferme de Malabry qu’il tint quelques années. Par la suite, il travailla dans diverses entreprises d’installation et de dépannage de pressings automatiques (porte de Châtillon, Aubervilliers, La Garenne-Colombes). Il prit sa retraite en 1971 comme directeur technique. Simple adhérent de la Fédération nationale des déportés et internés politiques dans les années soixante, il devint secrétaire de son organisation locale vers 1982 et, à partir de 1986, il présida la section de Châtenay-Malabry, de l’Union française des anciens combattants.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article126241, notice PIÉPLU André, Maurice par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 juillet 2012.

Par Jacques Girault

SOURCE : Renseignements fournis par l’intéressé.

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