PICART Achille, Alfred

Par Stéphane Sirot

Né et mort à Paris : 23 avril 1878-16 février 1962. Métreur-vérificateur ; militant syndicaliste du Bâtiment ; conseiller prud’homme de la Seine.

Syndiqué en 1906, A. Picart devint, en 1907, secrétaire du syndicat des dessinateurs de la Fédération du Bâtiment.

À propos de la suppression du tâcheronat, c’est-à-dire des sous-traitants, obtenue en septembre 1909, qui était certes une victoire ouvrière, mais qui favorisait la concentration de l’industrie du Bâtiment au détriment des concurrents les plus faibles, A. Picart déclarait dans le Mouvement socialiste, en décembre 1909, se comportant ainsi, comme d’autres syndicalistes révolutionnaires de ce temps, en défenseur du progrès technique : « Les intérêts ouvriers se trouvent donc, pour quelque temps et sur certains points, conformes à ceux du gros patronat. Les travailleurs du Bâtiment n’en sont point effrayés. La petite entreprise est, dans notre industrie comme dans bien d’autres, un stade dépassé et qui entrave le progrès. Ils savent, ces travailleurs, qu’ils ne pourront conquérir la direction de la production pour le compte de leur classe que lorsque le trust aura achevé son oeuvre, et que c’est pour eux qu’en fin de compte celui-ci travaille. » En 1913-1914, Picart était membre de la commission exécutive de la Fédération du Bâtiment.

Après la Première Guerre mondiale, il devint l’un des dirigeants de cette Fédération. Au moment de la scission de 1921, il resta dans la CGT, où il milita au sein du syndicat des techniciens de Paris. Après le XIIIe congrès de la Fédération du Bâtiment (12-14 mai 1932) auquel il participa, il fut élu, en septembre 1932, à la commission exécutive. Pendant la période du Front populaire, il exerça la fonction de conseiller prud’homme de la Seine et, à l’intérieur de sa Fédération, il fut considéré comme un spécialiste des questions juridiques. Le 28 novembre 1939, il devint membre du bureau fédéral et secrétaire adjoint de la Fédération du Bâtiment.

Sous le régime de Vichy, il se montra partisan de la Charte du travail et s’opposa à la décision du comité national de la Fédération du Bâtiment demandant à ses membres de démissionner de ses organismes. C’est la raison pour laquelle, en janvier-février 1945, il fut exclu pour cinq ans de toute organisation syndicale et pour dix ans de toute fonction syndicale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article126161, notice PICART Achille, Alfred par Stéphane Sirot, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 18 janvier 2012.

Par Stéphane Sirot

SOURCES : Notes de famille. — Le Mouvement social, n° 65, étude de J. Julliard, pp. 61-62. — C-A Defer, La Fédération du Bâtiment CGT au moment du Front populaire (1936-1938), M. M., Paris I, 1971. — Notes de J. Eglin et de J.-C. Delmas.

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