Né le 29 décembre 1904 à Saint-Léopardin-d’Augy (Allier), mort le 18 mars 1989 à Désertines (Allier). Cultivateur, militant syndicaliste paysan. Vice-président de l’Association des écrivains paysans.

D’ascendance paysanne, Pierre Petitjean fit des études jusqu’au Certificat d’études primaires et s’engagea comme domestique de ferme à l’âge de quinze ans. Marié à vingt-deux ans, il prit une petite ferme en location et donna son adhésion, en 1930, au syndicat agricole de Buxières-les-Mines. Militant depuis cette date, il donna des articles revendicatifs à la Voix paysanne et au Travailleur de la terre. En 1936, Petitjean adhéra au Parti communiste et, de 1936 à 1939, il travailla à la fois à la terre et comme ouvrier dans une briqueterie de trente-cinq salariés où il créa un syndicat de tuiliers dont il devint le secrétaire.
Mobilisé en 1939, sous-officier, il fut fait prisonnier en juin 1940. Transféré en Allemagne, il refusa de travailler et fut envoyé dans un camp de représailles où il resta vingt-six mois. A son retour en France, il fut élu conseiller municipal (1945-1957), devint président du syndicat agricole de Buxières, créa une coopérative agricole et une coopérative d’utilisation du matériel agricole (CUMA), assuma la fonction d’assesseur aux tribunaux paritaires pour la défense des fermiers et des métayers contre les propriétaires fonciers. Pacifiste, il présida également un comité local pour la paix en Algérie. En même temps, il collaborait à la Terre et au Réveil paysan, et publiait, en 1954, son premier livre, Chez les autres, dédié « à tous les valets qui ont souffert chez des maîtres inhumains et incompréhensifs, à tous les paysans qui ont su faire preuve de sentiments dignes et élevés à l’égard de leurs auxiliaires ». Il abandonna au bout de cinq ans la direction des deux coopératives qu’il avait fondées. En 1954, profondément marqué par la mort de son fils, il lui fallut plusieurs années pour réagir. En 1956 parut son second roman, Les Villageois de Bel-Air, puis, en 1959, un autre roman, Enfin le soleil se lève. Ses livres, sauf Chez les autres, ont tous été édités à ses frais.
En 1958, Petitjean entra en conflit avec le PCF et, en 1964, il publia Les Kolkhoziens de Viselune, œuvre satirique anticommuniste. Retraité en 1967, Pierre Petitjean quitta sa ferme en location et se retira à La Croix-aux-Mottes, près de Buxières-les-Mines. Pierre Petitjean, qui était vice-président de l’Association des écrivains paysans fondée en 1972, en organisa le congrès annuel à Moulins en 1973.

ŒUVRE : Chez les autres, roman, Moulins, Éd. Crépin-Leblond, 1954. — Les Villageois de Bel-Air, roman, Buxières-les-Mines, 1956. — Enfin le soleil se lève, roman, id., 1959. — Le Sentier de violettes, Nouvelles éditions Debresse, 1961. — Les Kolkhoziens de Viselune, id., 1964. — Manuscrits inédits : Esclaves du XXe siècle, ou Mémoires d’un prisonnier de guerre ; A qui seront les champs [critique de la concentration agraire qui va vers l’élimination de l’exploitation familiale] ; Plus de bergères derrière les haies.

SOURCE : Correspondance de Pierre Petitjean.

Jean Prugnot

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