PÉRÈS Léon, Irénée, Jean, dit PÉRÈS Jean

Par Jean Maitron

Né le 19 janvier 1897 à Jegun (Gers), mort le 14 février 1961 à Triel-sur-Seine (Seine-et-Oise) ; mécanicien-électricien ; un des fondateurs des syndicats chrétiens dans le Sud-Ouest ; secrétaire confédéral puis secrétaire de la Fédération de la Métallurgie (1927-1944).

Né de père inconnu mais reconnu, trois semaines après sa naissance, par sa mère, Marie Pérès, ménagère, Jean Pérès reçut une éducation chrétienne chez son grand-père, artisan charpentier. Il vint ensuite vivre avec son beau-père, ouvrier plombier-couvreur, ardent cégétiste et sa mère, indifférente au point de vue religieux et devint l’aîné d’une famille de sept enfants. À l’âge de douze ans, il entra au Cercle Salinis de l’ACJF à Auch (Gers). Après quelques années de cours complémentaire, il fit son apprentissage de mécanicien-électricien tout en suivant des cours du soir.

Mobilisé en 1916, il fut libéré en septembre 1919. En avril de l’année suivante, il fondait à Bordeaux (Gironde) le syndicat chrétien des métallurgistes dont il devint le secrétaire. Adhérant à la CFTC dès sa création, il prit la parole lors de la grève de 1920 et fut renvoyé. L’influence de Jean Pérès au sein du syndicat chrétien fut très importante : le syndicat qui groupait une vingtaine de membres en 1920-1921 en comptait environ cent quatre-vingt en 1927. P. Trémouille écrit au sujet de Pérès : « Tous les syndicalistes, cégétistes compris, reconnaissent sa valeur. »

En 1922, Jean Pérès était secrétaire de l’Union régionale du Sud-Ouest qui réunissait sept départements. Il devint, en mars 1923, peu après son mariage, secrétaire appointé de l’Union (il s’était marié le 29 avril 1920 à Auch). Il accéda au comité national de la CFTC en 1924, puis en 1927, devint secrétaire confédéral et l’année suivante secrétaire de la Fédération de la Métallurgie. À ce titre, il présenta en congrès de nombreux rapports comme celui sur le programme d’action, au IXe congrès de la fédération tenu à Paris les 29-30 juin 1929.

Il avait fondé avec Paul Vignaux et quelques autres, en 1937, l’École normale ouvrière. En outre, il fut de 1929 à 1940, responsable de la formation des cadres syndicaux. En 1929, dans la métallurgie, Jean Pérès fut élu secrétaire adjoint avec Charlemagne Broutin comme président. Au congrès d’octobre de la même année,il intervint sur la situation de la CGT et de la CGTU et revendiqua l’obtention de conventions collectives. Poursuivant ses responsabilités dans la fédération, il anima en 1930 un débat sur l’institution de congés annuels payés puis, dans les années suivantes, insista sur le recrutement syndical dans la sidérurgie. Il proposa la création d’un journal fédéral et participa au congrès extraordinaire en janvier 1937 portant sur l’évolution du nombre de syndicats de la métallurgie qui avait triplé, sur les nouvelles lois sociales et le choix d’un nouveau siège de la fédération place Saint-Georges à Paris.

En 1938, Jean Pérès participa à la négociation d’un contrat collectif entre l’Union syndicale des industries aéronautiques et les délégués collaborateurs et ouvriers, pour la Fédération française des syndicats chrétiens d’employés, techniciens et chefs de services et pour la Fédération française des syndicats de la métallurgie et parties similaires CFTC, dont Jean Pérès conduisit la délégation composée avec lui de H. Galtier, Jean Léonard, Roger Lelièvre, Joseph Botton. Ce fut le premier contrat collectif signé par la CFTC, le 23 mai 1938, dans cette branche.

Pendant l’Occupation, il se rangea du côté des partisans du régime de Vichy. Il fut membre du Conseil national de Vichy, siégeant à la 2e commission d’information générale du 5 au 12 décembre 1941. Il fut le seul avec Mentor Pasquier à s’opposer aux conclusions concernant les prix, lors du vote du rapport sur les questions économiques. Il fut délégué ouvrier au conseil consultatif tripartite constitué auprès du comité d’organisation de l’industrie et du commerce de l’automobile et du cycle puis membre de la 3e commission d’information générale au Conseil national du 25 mars au 1er avril 1942. Il fut également membre du comité d’études des questions sociales (arrêté de Belin du 16 avril 1942) et membre du Conseil supérieur de l’économie industrielle et commerciale par décret du 12 septembre 1942, confirmé le 7 août 1944.

En juin 1943, le bureau fédéral de la métallurgie fut réduit à quelques personnes, Jean Pérès poursuivit ses responsabilités mais il démissionna de toutes ses fonctions syndicales dans le troisième trimestre de l’année 1944. Cette démission entraina l’organisation d’une réunion à Paris le 2 décembre 1944, celle ci déboucha sur la constitution et la mise en place d’un nouveau bureau, avec Charles Savouillan comme nouveau secrétaire général. Cette équipe prit ses fonctions le 1er janvier 1945.

À la Libération, il fut exclu à vie de toutes les organisations syndicales.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article125524, notice PÉRÈS Léon, Irénée, Jean, dit PÉRÈS Jean par Jean Maitron, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 11 décembre 2013.

Par Jean Maitron

SOURCES : Jean Pérès, « Le rôle de la CFTC », Syndicalisme chrétien, mai 1931. — P. Trémouille, « Les syndicats chrétiens dans la métallurgie française de 1935 à 1939 », Le Mouvement social, n° 62, janvier-mars 1968. — La circulaire confédérale. — M. Launay, Th., op. cit. — Notes de Jean Limonet. — État civil de Jegun.

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