PERDRIGÉ Daniel

Par Nadia Ténine-Michel, Claude Pennetier

Né le 27 décembre 1905 à Paris (IIe arr.), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; employé de banque et de bourse ; militant communiste ; conseiller municipal puis maire de Montfermeil (Seine-et-Oise) 1936, conseiller d’arrondissement du Raincy (Seine-et-Oise) 1937.

Daniel Perdrigé
Daniel Perdrigé

Fils d’un employé de commerce et d’une modiste, domicilié à Montfermeil, Daniel Perdrigé fréquenta l’école primaire, obtint le CEP, puis fit un an de cours supérieur et un an de cour complémentaire et devint comptable. Son épouse était couturière à façon. Il fut victime de la crise économique et se trouva sans travail.
Animateur du comité de chômeurs, il adhéra au Parti communiste en 1934 et devint très vite membre du bureau de section local et du bureau régional. Candidat aux élections municipales en 1934, il fut élu à celles de 1935 : il était alors employé de banque. Après une dissolution en 1936 à la suite de l’impossibilité de voter le budget, il conduisit la liste communiste au 1er tour, puis la liste du Front populaire au second, fut élu le 9 août de cette année et devint maire. Entre-temps, il avait participé au mouvement de grève de juin 1936 et était devenu délégué du personnel.
Élu conseiller d’arrondissement du Raincy en 1937, le préfet lui prédisait un avenir politique brillant. Mobilisé en septembre 1939, il ne fut pas fait prisonnier et put regagner Montfermeil. Déchu en 1939, il était soupçonné par le commissaire de police de Gagny, de poursuivre son activité" communiste clandestinement. Le 27 décembre 1940 celui-ci écrivait au directeur de la police d’État pour demander l’internement de Perdrigé" : ""ces petits dépôt de tracts sont faits sur les instigations de Perdrigé. D’autre part la maison habitée où un tract ancien a été déposé le 24 décembre 1940 est située face à la maison d’habitation de Perdrigé. Depuis un certain temps nous avons remarqué que Perdrigé se livrait dans son entourage à une propagande verbale. Cette propagande a d’autant plus d’effets qu’elle émane du premier militant de Montfermeil." Informé des risques d’arrestation il resta cependant à son domicile.
Il fut interné à Aincourt (Seine-et-Oise) en avril 1941. Inscrit comme otage par la direction il fut livré aux autorités allemandes après les incidents qui opposèrent communistes et partisans de Marcel Gitton et conduit au camp de Romainville le 10 décembre 1941.
Daniel Perdrigé a été fusillé comme otage, en représailles aux attentats des 28 novembre 1941 et 7 décembre 1941, au Mont-Valérien, parmi 99 victimes dont Gabriel Péri. La prersse locale n’annonça pas son décès qui ne fut connu que par le bouche à oreille.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article125512, notice PERDRIGÉ Daniel par Nadia Ténine-Michel, Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 24 février 2017.

Par Nadia Ténine-Michel, Claude Pennetier

Daniel Perdrigé
Daniel Perdrigé

SOURCES : DAVCC, Caen, BVIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – RGASPI, 495 270 2381, autobiographie, Montfermeil, 17 juin 1937, classé A. – Arch. Dép. Seine-et-Oise, 2 M 16/26, 21/4, 30/37, 30/52, 30/63, 1 W 71, 73, 77, 146, 221. – Renaissance de Seine-et-Oise, 22 décembre 1945. – Montfermeil en Seine-Saint-Denis, 1982. — Charles Peyre, "La fin tragique du maire de Montfermeil", Le Vieux Montfermeil, 1981.

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