PERDON Robert

Par Michel Dreyfus

Né vers 1880, Robert Perdon était ouvrier mécanicien. Il milita à la CGT dans la région parisienne et s’efforça de faire prendre plus activement en charge par le mouvement syndical les questions sociales. Il anima des sociétés de secours mutuels ouvrières. En 1920, il intervint au XIIe congrès national de la Fédération nationale de la Mutualité française à Agen au sujet des retraites ouvrières et paysannes ainsi que sur les premiers projets de loi relatifs aux Assurances sociales. Au sein de la FNMF, il se fit le défenseur du futur système en demandant que les mutualistes prennent une part importante dans sa gestion. En 1924, il se présenta, sans succès, au premier collège du conseil supérieur de la Mutualité. Spécialiste des questions de protection sociale, il prononça de nombreuses conférences à leur sujet, notamment le 8 août 1925 à la quinzaine internationale de l’école ouvrière supérieure de Bruxelles sur le thème : « L’historique des Assurances sociales en France ».

Membre de la commission exécutive de la Fédération confédérée des Métaux de 1923 à 1927 (voir Raymond Bouyer), il appartenait au syndicat des ouvriers en instruments de précision de Paris. Lors du congrès fédéral de 1929, il présenta une motion (repoussée) sur l’unité, inspirée par la motion dite de Paris-État, rive droite (syndicat de cheminots). Il fut également un responsable de la Bourse du Travail de Paris, et de 1924 à 1929 appartint à sa commission administrative au titre des Métaux, voiture et aviation.

A partir de 1926, il fut président de la Fédération mutualiste du travail. En 1929 il semble avoir pris part à la création de la Fédération nationale des mutuelles ouvrières « Le Travail » (n° 75-3442), 6-8 rue de la Douane, Xe arr. à Paris. Cette Fédération impulsée par des militants de la CGT fut créée dans la perspective toute proche de la mise en place des Assurances sociales et de leur gestion. Durant toute cette période, Perdon continua d’intervenir fréquemment en faveur des Assurances sociales dans de nombreuses conférences faites notamment à la Ligue des droits de l’Homme et en donnant des articles dans la presse de banlieue telle que la Tribune libre d’Asnières-Courbevoie.

En 1931, Robert Perdon fut président de la Caisse mutualiste d’assurances sociales de la rive gauche à Paris (dite Caisse des malades de la rive gauche), 2 rue Boucicaut, XVe arr. Réélu membre de la commission de contrôle de la FNMF en 1935, il mourut en 1937. Lors de ses funérailles Romain Lavielle, secrétaire de la FNMF loua en lui « l’infatigable défenseur des institutions mutualistes » qui apporta toujours « aux institutions de prévoyance et d’entraide l’appui de ses conseils éclairés, de son dévouement inlassable » et il salua l’un des mutualistes « les plus fervents de la région parisienne ». Perdon était depuis 1931 chevalier de la Légion d’honneur. Durant cette période, il fut un des rares militants syndicalistes à avoir exercé une action importante, à un haut niveau dans le monde mutualiste.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article125510, notice PERDON Robert par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Michel Dreyfus

ŒUVRE : L’histoire des Assurances sociales en France, Paris, Éd. de l’Union des syndicats confédérés CGT, 1926, 24 p. — « Assez de tergiversations ! Assez de temporisation ! Le Réveil mutualiste, septembre 1926. — « En marge des États généraux de la Mutualité », Mutualité française, janvier-février 1983. — « Les Assurances sociales », Le Réveil mutualiste, janvier-mai 1934. — « La grande misère des vieux », Mutualité française, novembre 1934.

SOURCES : Agendas de la BT — C-r. du congrès cité. — La Tribune libre d’Asnières-Courbevoie, octobre 1922. — Renseignements fournis par J. Bennet.

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