PARENT André

Par Yves Le Maner

Né le 21 mars 1897 à Avion (Pas-de-Calais), mort le 22 septembre 1949 à Manzac-sur-Vern (Dordogne) ; ouvrier mineur ; syndicaliste du Pas-de-Calais, militant communiste, conseiller d’arrondissement, conseiller général, maire d’Avion.

Ouvrier mineur aux mines de Lens, André Parent adhéra au syndicat des mineurs du Pas-de-Calais et au Parti socialiste SFIO au lendemain de la Première Guerre mondiale puis opta pour le Parti communiste et la CGTU lors des scissions de 1921-1922. Il devint bientôt le porte-parole du PC dans la région lensoise, prenant appui sur le bastion constitué par les cheminots du dépôt de la Compagnie du Nord à Avion. Considéré, avec Mangematin et Thorez, comme l’un des principaux dirigeants communistes du Pas-de-Calais au début des années vingt, il assura la mise en place du rayon de Lens en 1924 et fut nommé au poste de vice-président du syndicat des mineurs unitaires du Pas-de-Calais. A ce titre il effectua un voyage en URSS en 1928. Licencié à plusieurs reprises, il parvint à subsister en occupant les fonctions de gérant de la coopérative « L’Ouvrière » d’Avion. Extrêmement populaire dans cette localité, il resta toujours proche de la base, assurant jusqu’en 1939 le secrétariat de la cellule d’Avion-ville, rattachée au rayon de Lens, puis à la section d’Avion (voir Louis Thumerelle). Il fut également pendant plusieurs années secrétaire de la cellule des fosses 4 et 7 des mines de Liévin qui dépendait du rayon de Lens.

Bon orateur, plusieurs fois condamné pour « entraves à la liberté du travail », André Parent représenta le PC à de nombreuses consultations électorales : élu conseiller d’arrondissement pour le canton de Vimy en 1931, il échoua par contre aux législatives de 1932 dans la 1re circonscription d’Arras. Entré au conseil général en 1934 comme représentant du canton de Vimy grâce à la tactique du « front commun », il fut élu maire d’Avion en 1935.

Destitué de l’ensemble de ses fonctions électives en application du décret Daladier à la fin de l’année 1939, André Parent fut arrêté et détenu pendant la durée de la guerre au camp de Chaffaut près de Digne (Basses-Alpes) puis à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Il s’évada au début de 1944 et devint responsable de l’organisation syndicale clandestine des mineurs du Pas-de-Calais (Béthune-Bruay). A son retour à Avion, il fut réélu maire et nommé président de la CCPM du Pas-de-Calais ; il occupa également la fonction d’administrateur délégué de l’entraide sociale des mineurs du bassin Nord-Pas-de-Calais et fut vice-président directeur des Houillères nationales. Il conserva ces mandats jusqu’à son décès. André Parent fut également vice-président du conseil général du Pas-de-Calais de 1945 à 1949 et secrétaire de la Fédération régionale CGT des mineurs du Nord-Pas-de-Calais.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124866, notice PARENT André par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 31 janvier 2011.

Par Yves Le Maner

SOURCES : RGASPI, 495 270 3014, autobiographie de 1938, classé A. — Arch. Nat. F7/13107. — Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 179, 2387, 5142 et 5221. — Liberté, 24 septembre 1949. — J.-M. Lemaire, M M., op. cit.. — J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit.. — Rens. mairie d’Avion.

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