PAQUETTE Georges, Bazile

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Né le 27 septembre 1882 à Trucy-l’Orgueilleux (Nièvre), mort le 11 décembre 1944 à Limeil-Brévannes (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) ; cultivateur, terrassier ; militant communiste ; conseiller municipal de Gennevilliers ; interné.

Georges Paquette.
Georges Paquette.

Fils d’Alexandre, équarisseur de bois et d’Anaïs Bourbon, Georges Paquette épousa le 10 avril 1919 Marie Derieux à la mairie de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine), le couple eut un fils. La famille vivait 21 rue Félicie. Il adhéra et milita au parti communiste, en mai 1922, lors d’une élection complémentaire aux municipales, il fut candidat du quartier Gennevilliers-Centre (Village) avec Georges Vilfeu, entre les deux tours, une réunion publique eut lieu dans un préau d’école avec Marcel Cachin, distancés dès le 1er tour, ils furent battus au second.

Le 10 mai 1925, il était élu au second tour lors d’une élection complémentaire, conseiller municipal communiste sur la liste d’Union prolétarienne antifasciste composée de socialistes SFIO et de communistes. À la première séance le 24 mai 1925, il intervint au nom du Bloc ouvrier et paysan, il déclara que les élus de la SFIO devaient leur élection « qu’à une collusion immorale des voix fascistes et des voix ouvrières ».

Le 12 octobre 1925, l’Humanité titrait : « Aujourd’hui, Chômage général ! », un groupe d’ouvriers de Suresnes défilait devant l’usine Radiotechnique pour se rendre à une assemblée à Puteaux. Un ingénieur Léon-François Lafosse fit mettre en batterie une lance à incendie qui arrosa copieusement les manifestants qui étaient dans la rue, dans le même temps, il tira à plusieurs reprises, André Sabatier fut mortellement touché.

Le lendemain des obsèques, le dimanche 18 octobre se tenait une séance du conseil municipal, Georges Paquette proposa au nom des sept élus communistes l’attribution d’un secours de deux cents francs pour sa veuve et l’enfant d’André Sabatier « assassiné lâchement par un vil serviteur du capital ». Georges Paquette ne se représenta pas au scrutin de mai 1929. En 1933, il était trésorier de la section communiste.

Après la dissolution du parti communiste par le décret-loi du 26 septembre 1939, Georges Paquette fut dénoncé à la gendarmerie comme se livrant à de la propagande clandestine, il n’y eut pas de suite. Le 23 octobre 1941, eurent lieu les obsèques de Mme Bernard, belle-mère de Julien Mocquard, premier adjoint dans la municipalité dirigée par Jean Grandel. La veille, vingt-sept otages dont Jean Grandel étaient fusillés à Châteaubriant.

Une quarantaine de personnes dont trois femmes assistaient à la cérémonie au cimetière de la ville. Georges Paquette, Eugénie Gallot et Eulalie Nicolas décidèrent de rendre hommage à Grandel, ils allèrent sur la tombe de son fils Illitch mort en décembre 1935 à l’âge de quatre ans. Ils déposèrent une couronne de fleurs où était inscrit sur un ruban violet : « Notre inoubliable souvenir ». Le conservateur du cimetière intervint, et entendit Georges Paquette prononcer les paroles suivantes : « Salauds ! Ils t’ont tué, nous jurons de te venger ». Ces mots furent rapportés au commissaire de police, qui ordonna à deux inspecteurs de les arrêter.

Georges Paquette fut appréhendé à son domicile le 28 octobre 1941, considéré comme un « propagandiste actif », interné à Rouillé (Vienne) le 10 novembre en application du décret-loi du 18 novembre 1939. Le 2 juillet 1942, le préfet de la Vienne s’adressa au préfet de police : « Compte tenu de l’âge de l’intéressé, soixante ans, il vous est possible d’émettre un avis favorable à sa libération ». Le ministre répondit : « La libération de Paquette ne semble pas opportune dans les circonstances actuelles ».

Libéré en septembre 1942, Georges Paquette regagna son domicile du 21 rue Félicie à Gennevilliers. Malade, il entra au sanatorium de Limeil-Brévannes en octobre 1944, il y mourut le 11 décembre. La municipalité dirigée par Waldeck L’Huillier lui rendit hommage, le conseil municipal du 3 janvier 1945 décida de prendre en charge les frais d’obsèques.

Sur la plaque apposée au cimetière communal dédiée : « À la mémoire de tous ceux qui ont donné leur vie pour la défense et la Libération de la France et dont les corps ne reviendront pas », figure parmi les déportés le nom de Georges Paquette.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124825, notice PAQUETTE Georges, Bazile par Daniel Grason, Claude Pennetier, version mise en ligne le 19 mars 2012, dernière modification le 22 décembre 2017.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier

Georges Paquette.
Georges Paquette.

SOURCES : Arch. PPo., BA 2113, BA 2374, KB 89, KB 100, 77W 756. – Arch. Dép. Seine, DM3, 10451/76/1. – L’Humanité 3 et 9 mai 1922, 12, 13, 14, 18 octobre 1925. – Le Républicain de Levallois, 9 mai 1925. – Le Journal de la banlieue ouest, 14 décembre 1935. – Arch. Mun. Gennevilliers. – État civil, Trucy-l’Orgueilleux.

PHOTOGRAPHIE : Arch. Municipales de Genneviliers.

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