PANCHOT Barthélemy, François, Pierre ["Barthés", pseudonyme de clandestinité]

Par André Balent

Né le 12 janvier 1896 à Canohès (Pyrénées-Orientales) ; ouvrier agricole à Canohès (avant et après son séjour en Tunisie) puis en Tunisie ; cheminot en Tunisie ; militant communiste clandestin (1940-1944) ; un des chefs du maquis FTPF "Henri-Barbusse" dans le massif du Canigou (juin-août 1944).

Barthélemy Panchot était l’aîné d’une famille de militants (voir Aristide Panchot et Julien Panchot). Leur père, Pierre Panchot, fut entre 1900 et 1914 un militant du syndicat CGT des travailleurs de la terre de Canohès. Lecteur assidu de l’Humanité, il avait adhéré vers 1904 au Parti socialiste de France. Petit paysan ("cultivateur"), il travaillait aussi comme ouvrier agricole.

Dès l’âge de dix ans, Barthélemy Panchot adhéra à la Jeunesse socialiste de Canohès. En 1910, il commença de militer dans les rangs de l’important syndicat CGT des travailleurs de la terre de son village que dirigeait alors Boniface Escudier.

Mobilisé en avril 1915, il fut tout d’abord affecté au 52e régiment d’infanterie. Envoyé à Verdun, intégré au 257e régiment d’infanterie, il rejoignit le corps expéditionnaire français à Salonique à la fin de 1916. En juin 1917, il fit partie des troupes qui, à Athènes, prêtèrent main forte aux partisans de Vénizélos qui s’étaient révoltés contre le gouvernement du roi Constantin. Revenu à Salonique, il fut affecté à la garde de prisonniers, des mutins de 1917 du front français, que l’on avait envoyés en Grèce. À leur contact, ses convictions antimilitaristes et pacifistes s’affirmèrent. Il devint un lecteur de La Vague qui parvenait irrégulièrement à Salonique. En août 1918, il obtint une permission de quarante jours pour la France. Il devait ensuite rejoindre le front français mais il regagna son unité avec plusieurs jours de retard. Condamné à quinze jours de prison, il était incarcéré lorsque l’armistice fut signé. Après avoir purgé sa peine, il fut affecté à Sens puis, pendant une brève période, en Belgique. Il fut employé, à Paris, par le service d’intendance des garnisons avant d’être démobilisé en 1919. Pendant son séjour dans la capitale, il suivit très attentivement le débat politique qui se développait au sein du Parti socialiste. Dès cette époque, ses sympathies allaient aux partisans de la IIIe Internationale.

Revenu à Canohès, Barthélemy Panchot adhéra aussitôt à la section socialiste et au syndicat CGT des ouvriers agricoles. Au moment de la préparation du congrès de Tours, il vota pour l’adhésion à l’Internationale communiste. En 1921, il partit pour la Tunisie où il s’embaucha comme ouvrier agricole dans une grande propriété au moment de la taille des vignes. Bientôt, il trouva du travail au service de l’exploitation en gare de Tunis où il résida de 1921 à 1927.

Dès son installation, il adhéra à l’organisation communiste de Tunis. En 1922, il participa à la fondation du Parti communiste tunisien et fut chargé de la réception du matériel de propagande qu’envoyaient depuis Paris le Parti communiste et l’IC. Il milita également dans les rangs de la CGTU créée à Tunis dès 1922. Il se maria à Tunis le 8 mars 1926 avec Madeleine, Gabrielle Sautereau

De retour à Canohès en 1927, Barthélemy Panchot travailla à nouveau comme ouvrier agricole et adhéra à la cellule communiste locale. Avant 1930, il fut, quelque temps, secrétaire de cellule. Lui et son frère Julien en étaient les deux principaux animateurs. En 1932, la cellule disparut : les militants furent directement rattachés à celle de Perpignan (voir Joseph Guisset). Lorsqu’elle fut reconstituée en 1935, Barthélemy Panchot en fut à nouveau le secrétaire jusqu’en septembre 1939.

Après la scission syndicale de 1922, le syndicat des ouvriers agricoles de Canohès était devenu autonome. A son retour en 1927, Barthélemy Panchot dut convaincre ses camarades d’adhérer à ce syndicat qu’ils avaient combattu sans réussir à mettre sur pied un syndicat CGTU. Membre de la direction du syndicat autonome, Panchot adhéra toutefois, à titre individuel, à la CGTU. Bien que très influent, il ne parvint pas à faire adhérer le syndicat autonome à la CGTU.

Mobilisé en septembre 1939, Barthélemy Panchot resta à la citadelle de Perpignan. Militant du Parti communiste clandestin, membre du Front national, il ne joua qu’un rôle de second plan. En juin 1944, menacé d’arrestation, il gagna le maquis avec son frère Julien. Tous deux furent prirent alors le commandement, au plan politique et militaire, du maquis FTPF « Henri-Barbusse » qui opéra dans le massif du Canigou (Pyrénées-Orientales) entre juin et août 1944. Barthélemy Panchot prit part aux combats livrés près de Vernet-les-Bains, sur les flancs du Cogulló (commune de Fillols) et, les 2 et 3 août 1944, à Valmanya (Pyrénées-Orientales) (Voir aussi Sabatier Émile, Galiano Gracia Manuel, Gandia Rafael, Rius Sébastien, Goze Joseph).

Après avoir participé à la libération de Perpignan (19 et 20 août 1944), Barthélemy Panchot regagna Canohès. Il travailla comme ouvrier agricole jusqu’à sa retraite en 1966. Après la Libération et pendant de nombreuses années, il fut souvent, quoique par intermittence, secrétaire de la cellule de Canohès.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124732, notice PANCHOT Barthélemy, François, Pierre ["Barthés", pseudonyme de clandestinité] par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 octobre 2018.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, 2 E 4409, état civil de Canohès, acte de naisssance et mention marginale. — Robert Blanch, Encarnación Pous, Butlletí del Centre pluridisciplinari d’estudis catalans, Université de Perpignan, n° 2, 1974. — Ramon Gual & Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la résistance catalane, II, b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, pp. 545, 552, 554, 734-735, 765, 767. — Interview de Barthélemy Panchot* (Canohès, 17 août 1974) et de Joseph Guisset (Perpignan, 24 décembre 1974).

ICONOGRAPHIE : GUAL & LARRIEU, 1998, op. cit., p. 554, photo de groupe (juillet 1945) lors de l’érection du monument commémoratif du combat victorieux (28 juin 1944) du maquis Henri-Barbusse contre les Miliciens des Pyrénées-Orientales sur les pentes du Cogulló, masssif du Canigou, commune de Fillols ; p. 734.

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