PACOUILL Pierre

Par André Balent

Né le 29 juin 1889 à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Professeur à l’école primaire supérieure de Perpignan ; un des fondateurs du Parti communiste en Roussillon.

Fils d’un tonnelier, Pierre Pacouill épousa en 1916 une employée du service des Ponts et Chaussées à Perpignan. Blessé pendant la Première Guerre mondiale, il fut réformé avec le grade de sergent. En 1922, il présidait l’Association des mutilés, réformés et veuves de guerre et était également vice-président de l’Association républicaine des anciens combattants des Pyrénées-Orientales.

Depuis la fin de 1918, Pierre Pacouill militait à la section socialiste de Perpignan et appartenait à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme. Candidat aux élections municipales du 30 novembre 1919 à Perpignan sur la liste conduite par Jean Payra, il fut élu.

En 1920, Pierre Pacouill défendit d’abord des thèses proches de celles du centre reconstructeur. Entre juillet et octobre 1920, il se rapprocha des partisans de l’adhésion à la IIIe Internationale. Pendant la réunion de la section de Perpignan, le 31 août 1921, Pierre Pacouill proposa une motion qui recueillit la majorité des suffrages et ressouda très provisoirement les rangs de la section socialiste. À la réunion de la fin du mois de novembre 1920, il défendit cette fois l’adhésion à l’IC, principe adopté par 59 voix contre 44.

Dès 1921, il était avec Sigismond Moszkowski un des principaux responsables du PC à Perpignan. Propagandiste inlassable, siégeant à la commission administrative fédérale, il prit part à la campagne menée en Roussillon pour la libération d’André Marty, intervenant souvent aux côtés des frères du célèbre mutin de la mer Noire. Utilisant la tribune du conseil municipal, il fit voter le 6 juillet 1921 une proposition contre le projet Bonnevax, visant les "menées antimilitaristes". Délégué au congrès de la Fédération communiste des Pyrénées-Orientales (Perpignan, 11 décembre 1921), il y présenta les avantages et les inconvénients des diverses tactiques électorales et fit adopter par la majorité des délégués (15 mandats contre 11) la position du Comité directeur du parti.

En mai 1922, Pierre Pacouill participa à la campagne électorale en faveur d’André Marty, encore emprisonné, candidat au conseil général dans le canton de Perpignan-Ouest. En 1924, il était membre du bureau fédéral du PC. Membre de la CGTU, il représentait en 1926 les EPS au comité des professeurs. Voir Georges Cogniot.

Candidat aux élections municipales à Perpignan sur la liste du Bloc ouvrier et paysan (scrutin du 4 mai 1925), il fut, après Jean Gout, le candidat communiste qui obtint le plus de voix. Il fut également candidat aux élections législatives des 12 et 19 mai 1928 dans la circonscription de Perpignan. Au 1er tour, il recueillit 2 151 suffrages sur 18 631 inscrits et maintint sa candidature au second. Il ne recueillit plus que 778 voix. Voir Jean Payra.

En 1928, Pierre Pacouill fut, avec François Chiroleu, Émile Masnou et Sistach, l’un des dirigeants du rayon de Perpignan qui n’approuva pas le tournant stratégique de l’IC. Ils en critiquaient notamment la tactique électorale. Pierre Pacouill était depuis longtemps hostile à une conception sectaire du front unique. Blâmé par une conférence de la Région du Midi du PC, il refusa d’accepter cette sentence. Il fut exclu à l’occasion d’une réunion des cellules de Perpignan en février 1929. Il n’en demeura pas moins un communiste convaincu. Dans ses cours d’histoire à l’EPS de Perpignan, il exposait à ses élèves la conception marxiste de l’histoire et se refusa à adhérer à la SFIO.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124566, notice PACOUILL Pierre par André Balent, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par André Balent

ŒUVRE : Petite histoire du Roussillon, en coll. avec P. Chevalier et G. Dagneaux, Librairie Félix Juven, 1929.

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, liasses 108 et 111. — Le Cri catalan, 4 septembre 1920, 27 novembre 1920, 11 octobre 1924, 2 mars 1929. — L’Ordre nouveau, 29 avril 1921. — H. Chauvet, La politique roussillonnaise (de 1870 à nos jours), Perpignan, 1934. — Interviews de J. Guisset, F. Cortale et C. Lloansi. — Témoignage de L. Bourrat.

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