OTTAWAY John

Par René Gaudy

Né le 11 juin 1887 à Paris, mort le 15 avril 1979 à Clamart (Hauts-de-Seine) ; syndicaliste de l’électricité et du gaz, président du Groupement national des cadres CGT de l’énergie et de la lumière (GNC) de 1938 à 1939 et de 1944 à 1948 ; conseiller municipal de Vélizy (Seine-et-Oise, Yvelines).

John Ottaway était le cinquième d’une famille de sept enfants. Ses parents, d’origine anglaise, habitaient à Paris (VIIe arr.). Sa mère, sans profession, avait vécu la Commune de Paris dans ce quartier et racontait ses souvenirs à son fils. Deux frères de sa mère, née Gadney, furent communards et déportés. Son père était ouvrier sellier.

John Ottaway suivit les cours de l’école de la rue La Rochefoucauld (VIIe arr.) puis travailla dans une serrurerie chez Audigier-Grimot, passage Duguesclin (XVe arr.) de 1911 à août 1914. Mobilisé en 1916, il combattit sur différents fronts et fut cité trois fois. Démobilisé en août 1919, il fut embauché à la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (CPDE) le 1er octobre 1919. Il travailla à la centrale électrique de Saint-Ouen puis à la section Barbès et au siège social de la rue de Vienne (VIIIe arr.). D’abord dessinateur, il devint sous-ingénieur en 1923, spécialiste haute-tension.

Militant du syndicat des employés et contremaîtres des secteurs électriques de la région parisienne que dirigeait Émile Pasquier , il adhéra au Parti communiste en février 1934. En 1935, il devint l’un des dirigeants de la section Paris-Ouest-Versailles du PCF.

En mai 1938, lorsque la Fédération CGT de l’Éclairage, en application d’une décision de son XVe congrès de juin 1937, créa le Groupement national des cadres techniques et administratifs de l’énergie et de la lumière (GNC), Marcel Paul fit appel à lui comme président. Pour ne pas effrayer les cadres, le GNC ne se présentait pas tout à fait comme un syndicat, il était rattaché à la Fédération de l’Éclairage mais avait son nom, ses statuts et un local indépendant (voir Henri Ledru). En 1938-1939, ce groupement lutta afin que les problèmes des cadres ne soient pas dissociés de ceux des autres catégories de personnel lors des négociations avec le patronat et le gouvernement ; il obtint quelques succès et, notamment, une première grille nationale de salaires. Fin 1938, en réplique à la création du GNC naissait l’Union nationale des cadres de la maîtrise eau, gaz, électricité (UNCM) proche des milieux patronaux (voir Gilbert Nasse). Fin 1938, la Fédération CGT de l’Éclairage comptait 3 572 cadres et agents de maîtrise, dont 860 adhérents au GNC. John Ottaway fut gréviste le 30 novembre 1938 et, à ce titre, fut emmené au commissariat avec son collègue Maurice Jollet.

Il dirigea le GNC jusqu’à la dissolution de cet organisme par la direction de la Fédération « légale » de l’Éclairage animée par Clément Delsol et Gabriel Borie. Révoqué, John Ottaway ne se manifesta pas lors de cette décision. En novembre 1939, la police perquisitionna à son domicile. Mobilisé, John Ottaway était à Orléans en juin 1940 et, le 20 juillet, il reprit son travail à la CPDE. Il trouva le contact avec des militants clandestins en août. Après une deuxième perquisition, il fut arrêté le 13 octobre puis emprisonné à Aincourt (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Libéré le 1er juillet 1941, il fut interdit de séjour dans la région parisienne et se réfugia dans la Sarthe. Le 5 juillet 1941, il entrait à l’usine des carburants ligneux de Neufchâtel comme électricien et reprit contact avec la Résistance. Le 26 juin 1944, sur dénonciation, il fut arrêté à nouveau, torturé et mutilé par la Gestapo. Rentré à Neufchâtel, il participa, en août, au comité de Libération de la ville. De retour à Vélizy, le 13 septembre 1944, il fut réintégré à la CPDE puis redevint président du GNC reconstitué ; à dater de 1948, il en fut président d’honneur. Il devint aussi permanent syndical et avait fait partie du Comité d’épuration syndicale de la CPDE en 1945-1946.

En 1945, il fut membre de la commission Perrier, qui était chargée de réfléchir au problème de la nationalisation du gaz et de l’électricité, où il représentait la Fédération CGT de l’Éclairage. En 1946, il fut nommé administrateur d’EDF ; il y représenta les cadres CGT avec Pierre Le Brun. Le 22 avril 1948, il fut remplacé à ce poste par un administrateur UNCM. Administrateur du Conseil central des œuvres sociales (CCOS) de 1947 à fin 1949, secrétaire général adjoint de la Fédération de l’Éclairage (1946-1948), puis membre de son bureau, il abandonna en 1948-1949 ses responsabilités nationales, malade et souffrant des séquelles des tortures subies. En 1952, il fut mis en congé de longue maladie et en retraite en 1953.

En 1970, sa santé se dégrada. Hospitalisé en décembre 1978, il mourut à l’hôpital A. Béclère de Clamart d’une embolie pulmonaire.

Président d’honneur de l’Union des vieux de France de Clamart jusqu’à sa mort, il avait été conseiller municipal de Vélizy.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124481, notice OTTAWAY John par René Gaudy, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 27 février 2017.

Par René Gaudy

SOURCES : Arch. FNE-CGT. — René Le Guen, en collaboration avec René Gaudy, Voyage avec des cadres, Paris, Éditions sociales, 1977. — René Gaudy, Et la lumière fut nationalisée, Éditions sociales, 1978 ; Les porteurs d’énergie, Paris, Temps Actuels, 1982 (iconographie). — Renseignements fournis par la femme et le fils aîné de l’intéressé.

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