OLIVIER Roger [Edmond, Roger]

Par Daniel Grason

Né le 24 octobre 1905, à Reims (Marne) ; tué par un obus le 21 septembre 1938 ; magasinier ; militant syndicaliste et communiste ; volontaire en Espagne républicaine.

Fils de Edmond, peintre en bâtiment et de Rose, née Chanzy, Roger Olivier vécut quatorze ans en Belgique, suivit sa scolarité à l’école primaire et secondaire. Il s’engagea cinq ans dans l’Aéronautique maritime de 1927 à 1932, affecté dans les ports de Rochefort (Charente-Maritime), Lorient (Morbihan) et Bordeaux (Gironde), il fut quartier-maître et second maître de réserve.

Ses trois frères étaient antifascistes. Roger Olivier habitait 33, rue Saint-Denis, à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine). Magasinier, il travailla au laboratoire Film Luminor 24 rue du plateau, à Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) et au Centre tirage Maurice (CTM) au 66, rue Saint-Denis à Gennevilliers, un laboratoire réputé dans les milieux cinématographiques.

Les émeutes fascistes de février 1934 l’éveillèrent à la vie politique, il rejoignit le Secours rouge. Lors du Front populaire en 1936, il adhéra à la CGT, fut organisé au Syndicat des travailleurs du film, devint délégué ouvrier au CTM. Les acquis des grèves de 1936 furent souvent remis en cause par le patronat, des grèves eurent lieux au CTM en 1937 et 1938, Roger Olivier passa vingt-quatre heures au poste de police pour « propagande syndicale ». Il était en relation régulière avec André Martin, secrétaire du comité local d’action et de propagande syndicale.

Il remit son bulletin d’adhésion au Parti communiste, en 1936, à Jean Grandel, maire de la ville. Il fut secrétaire de la cellule de son entreprise, membre du comité de section chargé de l’organisation. La période était propice, en peu de temps, il acquit une notoriété, le parti communiste le détacha au comité du Front populaire de la ville. Célibataire, Roger Olivier était très disponible, il suivit des cours à l’Université ouvrière, rue Mathurin-Moreau à Paris. Il lisait l’Humanité, Le Travailleur de la banlieue ouest, les Cahiers du bolchevisme, L’Internationale communiste, une soif de savoir également syndicalement avec la lecture de La Vie ouvrière et Le Travailleur du film. Il déploya une activité intense, outre ses responsabilités dans l’entreprise, il était secrétaire de la section locale des produits chimiques. Gennevilliers comptait deux grandes entreprises de la chimie, le Carbone Lorraine et les peintures Valentine.

Le 7 mars 1938, il partit pour l’Espagne, il y entra illégalement le 10, sept jours après, il fut incorporé à la XIVe Brigade internationale. Il prit part aux combats de Caspe et de Tortosa, il fut nommé caporal. Le 24 août, il rencontra Lucien Maës, brigadiste gennevillois. Le lendemain, il écrivit une lettre, elle fut publiée dans La Voix populaire. Il regrettait l’absence de visite de Louis Blésy avant son retour en France. Roger Olivier était informé de l’actualité nationale, il dénonçait « le chantage des trusts ». Il avait foi dans la victoire des forces républicaines en Espagne, dans l’issue de la bataille de l’Ebre : « Il y a aujourd’hui un mois [que l’élan] des forces fascistes [vient se briser] sur les lignes de résistance de notre armée populaire.
Quelle hécatombe depuis ce jour. Combien de milliers de fascistes sont venus avaler leur bulletin de naissance devant nous.
Combien de dizaines d’avions soit de chasse ou de bombardement ont été descendus par notre glorieuse aviation ». Il tempérait cet optimisme en rappelant que l’ouverture de la frontière permettrait le transit des « armes qu’il nous manque pour chasser définitivement l’envahisseur de la péninsule ibérique ».

Roger Olivier était désigné pour participer à une école de formation de sous-officiers. Lors des combats au front, il était apprécié pour son courage. Le 21 septembre, il fut à la tête de sa section lors d’une contre-attaque sur l’Ebre, il fut fauché par un obus.

Un article paru en page une de La Voix populaire. Il était notamment écrit : « De la même façon qu’il combattit en France pour les revendications ouvrières, il se battit contre le fascisme italien et allemand ». Le dimanche 13 novembre, lors de la réception, suivi d’un repas fraternel en l’honneur des brigadistes rentrés d’Espagne. Un hommage lui fut rendu. Jean Grandel, Louis Blésy et Lucien Maës prirent la parole. À cette initiative du comité d’aide à l’Espagne républicaine, de la section communiste, de la CGT, avec l’aide de la Municipalité, plusieurs brigadistes étaient présents : René Coulon, commandant d’une compagnie de mitrailleuses, Marcel Leconte, Auguste Le Tabareux, Henri Ligneau, Robert Detraz et Léonard, de Villeneuve-la-Garenne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124333, notice OLIVIER Roger [Edmond, Roger] par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 mai 2011, dernière modification le 15 décembre 2012.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. AVER. – RGASPI 545.6.1040, BDIC mfm 880/1 ; RGASPI 545.6.1043, BDIC mfm 880/2 bis ; RGASPI 545.6.1044, BDIC mfm 880/2 bis ; RGASPI 545.6.1338, BDIC mfm 880/27. – Jean Laffitte, Gennevilliers. Evocation historique, Éd. Ville de Gennevilliers, 1970. – Waldeck L’Huillier, Combats pour la ville, Paris, Éd. sociales, 1982. – Arch. Mun. Gennevilliers, La Voix populaire, 30 septembre, 18 novembre 1938. – État civil, Reims (la date de sa mort ne figure pas).

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