OGUSE Joseph

Par Justinien Raymond, Gilles Morin

Né le 20 mars 1868 à Podborieza (Russie), mort en juillet 1947 ; docteur en médecine ; militant socialiste de Paris.

Né en 1868 dans une famille juive de Russie, Oguse vint en France, à Paris, en 1888 pour faire sa médecine. Il y resta et fut conquis au socialisme à la suite d’une conférence donné en France par Georges Plekhanov et par la lecture du Manifeste communiste.

Domicilié, réside 78 rue de l’Ouest, il exerça comme médecin depuis 1897 et obtint la nationalité française le 23 septembre 1898. Inspecteur des écoles de l’Assistance publique, il fut spécialiste dans les accouchements.

Oguse appartint avant l’unité de 1905 au Parti ouvrier français. L’influence guesdiste transparaît dans l’article hostile au néo-maltusianisme qu’il publia dans la Revue socialiste en 1907. Avant 1914 et entre les deux guerres mondiales, il fut militant de la 14e section socialiste SFIO de Paris à laquelle adhéraient de nombreux militants russes. Il prit la parole dans des réunions de la SFIO à partir de 1910 et fut un orateur.

En 1912, candidat aux municipales dans le quartier du Gros-Caillou, il dénonça la loi des 3 ans.

Lors du débat qui précéda le congrès de Tours, il signa l’appel du Comité pour la reconstruction de l’Internationale (6 novembre 1920) puis celui du Comité de résistance socialiste (21 novembre) et resta au Parti socialiste. Il était président du comité de secours aux enfants russes.

Président de la ligue juive de l’enseignement en 1926, il en démissionna de la présidence le 2 janvier 1932 (Le Populaire, 5 février 1932). Il présida une réunion de l’Union des socialistes juifs de France le 20 décembre 1932.
Il était président de l’association socialiste juive dite “Association Wladimir Meden” (ou Bound), déclarée à la PP, sous le n° 164 369.

Féru de doctrine, il se voulait marxiste de stricte obédience et collaborait à de nombreux périodiques socialistes : le Populaire, la Bataille socialiste dont il soutint la tendance du même nom, mais aussi Essais et Combats, l’organe des Étudiants socialistes et Révolte dirigée par Paul Favier. Il écrivit dans Révolte, n° 20, 1934, un article intitulé “le socialisme des petits bourgeois”.

En juillet 1932 et avril 1933, il fut élu à la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine. En juin et décembre 1934, il n’y siégeait plus que comme suppléant et, à cette dernière date, au titre d’une minorité qui s’était dégagée au conseil fédéral. Courant 1934, il polémiqua dans le Populaire contre le Combat marxiste de L. Laurat à propos de l’éventuel "rajeunissement" du marxisme. Il collabora ensuite à Idée et Action qui avait succédé au Combat marxiste.

Ses obsèques eurent lieu le 17 juillet 1947 au cimetière parisien de Bagneux en présence de 200 personnes et son cortège fut accompagné par 30 membres des JS en uniforme, en présence de Léon Blum, Alexandre Bracke, Gilbert Nowina, Marceau Pivert, Paul-Boncour et Arthur Groussier.

Sa fille, Stéphanie, Jeanne Arager-Oguse, née le 16 juin 1903, médecin et communiste, avait épousé un médecin, Jacob Arager qui mourut pendant la guerre d’Espagne. Elle s’engagea très tôt dans la résistance au sein de plusieurs mouvements communistes. participa à la fondation du Mouvement national contre le racisme, ancêtre du MRAP, puis entra dans le Front National des médecins. Arrêtée pour fait de résistance à son domicile le 27 mars 1943, elle fut internée à la prison de la petite Roquette, puis à Drancy. Déportée à Auschwitz le 30 juin 1944 (son nom ne figure pas sur le Mémorial de la déportation, ni sous le nom d’Arager, ni sous celui d’Oguse, ce qui indique qu’elle était déportée raciale, le passage par Drancy le confirme), elle revint en France. Elle mourut à 1983.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124281, notice OGUSE Joseph par Justinien Raymond, Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 6 juillet 2014.

Par Justinien Raymond, Gilles Morin

ŒUVRE : L’action totale du Parti socialiste, Paris, Imprimerie Berta, 1913, 30 p.

SOURCES : CAC, 20010216/121/3235 ; 20010216/156/5350. — Arch. PPo, BA/2013. — Compère-Morel, Grand dictionnaire socialiste, op. cit. — Arch. Zyromski. — La Bataille socialiste, passim. — Notice biographique de l’OURS — Journaux cités. — Notes de Chantal Doussin et Claude Pennetier.

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