NOWINA Gilbert, Isidore

Par Justinien Raymond, Gilles Morin

Né le 22 juin 1893 à Paris (Ve arr.), mort le 29 décembre 1977 à Clamart (Hauts-de-Seine) ; commerçant ; militant socialiste parisien ; secrétaire général et président pour la région parisienne de la LICP ; président des Vétérans socialiste.

Domicilié dans le quartier de la Porte Saint-Martin, Gilbert Nowina adhéra en 1907 à la Jeunesse républicaine, puis en 1909 au Parti socialiste. Il fonda les Jeunesses socialistes du Xe arr., dont il devint le secrétaire et délégué au comité d’entente de la Seine.

Soldat d’active au 147e d’infanterie lors de la mobilisation, il fut blessé une première fois en septembre 1914 puis une seconde, grièvement, en 1915. Réformé, il reprit ses activités militantes au Parti socialiste, à la Ligue des droits de l’Homme et fonda avec quelques amis la Fédération des combattants républicains dont il devint membre du Comité central et vice-président. En 1918, il fonda avec son frère Roger Nowina une maison de commerce en vins.

Membre du Comité pour la reprise des relations internationales, Gilbert Nowina fit ensuite partie de la commission des résolutions du Comité pour la reconstruction de la IIIe Internationale. Signataire de la motion Longuet et du manifeste des reconstructeurs, il fut délégué suppléant de la Seine au congrès de Tours (décembre 1920). Une citoyenne Nowina, membre de la Xe section SFIO également, signa le manifeste des reconstructeurs. S’agit-il de son épouse ?

Gilbert Nowina devint en 1922 secrétaire de la Xe section du Parti socialiste. Longtemps membre de la commission exécutive de la Fédération socialiste de la Seine, il se présenta en 1924 aux élections législatives et en 1925 aux élections municipales dans le quartier de la porte Saint-Martin (Xe arr.). Il siégea au conseil d’administration du Populaire de 1929 à 1932. Militant de l’ARAC, il en démissionna lorsque l’association fut prise en mains par les communistes. Il fonda alors avec Camille Planche la Ligue des anciens combattants pacifistes dont il devint secrétaire général et président pour la région parisienne. Il était l’un des principaux animateurs de la Ligue avec Camille Planche en 1936. Il fut également membre du comité exécutif français de la Confédération internationale des associations de mutilés et anciens combattants et, à ce titre, participa à de nombreux congrès internationaux. Un Nowina était en 1938 membre suppléant du conseil d’administration du Populaire, élu sur la motion Blum.

Après la défaite de la France en 1940, Gilbert Nowina rompit avec le pacifisme et participa aux premières réunions socialistes clandestines avec Amédée Dunois et Raoul Évrard.

Gilbert Nowina fut actif dans la reconstruction de la SFIO après la Libération. Mais il ne joua plus de rôle majeur après la Seconde Guerre mondiale, ses camarades ne lui confiant plus de responsabilité politique exécutive, il joua un rôle honorifique de gardien de la mémoire. Il fut ainsi candidat non élu au comité exécutif fédéral de la Seine le 1er novembre 1944. Délégué au congrès national de 1945, il intervint sur la politique extérieure de la France. Il posa sans succès sa candidature au comité directeur du parti en 1950 et 1959. Il intervint au conseil national de décembre 1957 et fut membre de la commission chargée d’étudier la situation en Algérie au CN des 3-4 mai 1958. Au conseil national de novembre 1968, il disait encore sa crainte de la guerre, du fait de l’attitude de l’impérialisme soviétique.

Nowina conservait une activité et une visibilité comme très actif président du groupement national des Vétérans (ou Anciens selon les dates) du Parti socialiste : pour en être membre, l’Ancien devait arguer de 25 ans d’ancienneté, si possible sans interruption. Nowina, qui incarnait physiquement ces anciens par son port de la barbe à la Jules Guesde, était présent à ce titre à pratiquement tous les congrès et réunions nationales et à de très nombreuses commémorations et en animant le bulletin de l’association. L’Amicale des Anciens du PS-SFIO constituait une butte témoin de la mémoire SFIO, laquelle refusait obstinément de s’éroder. Elle n’adopta pas, par exemple, « la rose au poing », pourtant de rigueur après 1971 et lui préférait le poing dressé devant le soleil levant. Depuis sa création, l’Amicale fêtait les anniversaires de ces membres éminents, commémorait ceux des disparus, y compris au Panthéon pour Jaurès ou à Jouy-en-Josas pour Blum, militait pour baptiser des rues du nom de grandes figures socialistes et publiait un périodique, Le Vétéran socialiste.

Il quitta le PS après le congrès d’Épinay en 1971.

Ses obsèques civiles se déroulèrent le 2 janvier 1978 au columbarium du Père-Lachaise.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124217, notice NOWINA Gilbert, Isidore par Justinien Raymond, Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Justinien Raymond, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat. F7/12992 : 20010216/94/2722 bis. — Arch. de l’OURS, AGM 136, dossier Nowina. — Bulletin communiste, 25 novembre 1920. — Profession de foi (élections municipales de 1925). — Bulletin Intérieur de la SFIO, n° 100, 103, 113. — Documentation politique de la SFIO, 11-18 juin 1953. — Bulletin hebdomadaire fédéral de la Seine, 5 novembre 1944. — Le congrès de Tours : édition critique, op. cit. — Fabrice d’Almeida, Histoire et politique en France et en Italie. L’exemple des socialistes 1945-1983, École française de Rome, 1998, p. 365 et sq.

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