NOARO Jean, Joseph, Séraphin

Par Jacques Girault

Né le 9 mars 1902 à Propriano (Corse), mort le 12 mai 1969 à Lyon (IIIe arr.) ; professeur en centre d’apprentissage ; militant communiste ; conseiller municipal de Saint-Maur-des-Fossés (Seine-Val-de-Marne).

Ses ancêtres avaient émigré d’Italie. Fils d’un artisan pipier, Jean Noaro se maria le 1er octobre 1927 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Militant du Parti socialiste SFIO dans le Sartenais entre 1930 et 1940, il fut candidat en octobre 1937 aux élections pour le conseil d’arrondissement dans le canton d’Olmetto (Corse). Pendant l’Occupation allemande, en 1942, il quitta la Corse et devint, à Paris, l’un des principaux responsables avec Augustin Balliccioni et Toussaint Marchioni, de la Corse résistante dans le cadre du Front national et, après la Libération, il participa aux milices patriotiques en région parisienne.

Devenu professeur au Centre d’apprentissage de Vincennes, 106 rue Diderot, habitant 76 rue du Pont de Créteil à Saint-Maur, il fit partie de la délégation municipale mise en place à Saint-Maur, le 12 août 1944 à direction socialiste SFIO (Jean Le Trocquer). Excusé lors de la réunion du 18 novembre 1944, il fit partie des commissions du tourisme, des fêtes, du théâtre, de l’harmonie, de l’économat, de la bibliothèque, du musée, des œuvres d’enseignement péri-scolaires et apprentissage. Élu conseiller municipal sur la liste issue « de la Résistance et d’Union républicaine présentée par la Comité de Libération de Saint-Maur », le 29 avril 1945, avec 13 309 voix sur 25 864 suffrages exprimés, il fit partie des commissions de l’économat, de la bibliothèque, du musée, des sports, des œuvres d’enseignement péri-scolaires et apprentissage, de la sous-commission des prix de vertu. Réélu conseiller municipal de Saint-Maur, le 19 octobre 1947, sur la liste « d’Union républicaine et résistante » du Parti communiste français, avec 7 878 voix et signes préférentiels sur 28 187 suffrages exprimés, il siégea dans la minorité d’un conseil municipal dirigée par un maire RPF. Lors de la première séance, le 25 octobre 1947, alors que le débat sur la politique municipale était repoussé sur proposition du nouveau maire, il souligna « le peu de sérieux de la majorité municipale et le peu de position constructive qu’elle a pris. » Le 15 novembre 1947, il fut désigné pour participer aux commissions des finances, de l’économat, de la bibliothèque, du musée, des œuvres d’enseignement péri-scolaires et apprentissage, des anciens combattants, prisonniers, mutilés. Il fut réélu, le 2 mai 1953, sur la liste communiste minoritaire avec 7 005 voix et signes préférentiels sur 26 166 suffrages exprimés.

Il quitta ou fut exclu du PCF à la fin de 1956. Il fit partie du comité qui réclamait la réhabilitation d’André Marty.

Avant la guerre, Jean Noaro avait déjà collaboré à des revues et des journaux corses. Il poursuivit cette activité après la Libération et écrivit des articles dans de nombreux journaux et revues communistes ou syndicalistes. On retrouva aussi ses divers articles dans la presse provençale, de Corse et dans les années 1960, il donna des textes poétiques en langue corse dans U Muntese, revue paraissant à Bastia.

À la fin des années 1940, secrétaire général des Amitiés Franco-polonaises et du Comité national pour la célébration du centenaire de la mort de Frédéric Chopin, il publia plusieurs ouvrages sur la Pologne dont La Pologne, démocratie populaire aux Editions sociales en 1951, écrivit sous le titre « Pologne 1949 » la postface au livre de Maurice Thiédot, Pologne nouvelle, aux éditions de l’Amitié franco-polonaise en 1949, et adapta l’ouvrage de Bernard Mark, L’insurrection du ghetto de Varsovie (Editions sociales, 1955). Il fut chargé d’évincer certaines personnalités non communistes dans cette période de reprise en main des organisations de masse. Notamment, il prépara la tribune critique que Frédéric Joliot-Curie, président de France-Pologne, publia dans Le Monde, le 14 mars 1948 contre Stanislaw Mikolajczyk, ancien membre du gouvernement polonais, dirigeant du Parti paysan, qui s’opposait aux communistes.

Sa bonne connaissance de la langue italienne lui permit d’être un traducteur, parfois avec son frère Pierre Noaro, d’ouvrages italiens dont les Lettres de prison de Gramsci aux Éditions sociales en 1953, d’une biographie de Palmiro Togliatti aux Éditions sociales en 1954. Il fut l’auteur de plusieurs petits ouvrages avec des dessins de Jean Amblard, dont une évocation des mineurs de fer lorrains sous le titre La grève de Bure publiée par la fédération régionale CGT des mines de fer de l‘Est en 1953 ou, en 1956, de Temps d’orage. La légende d’Henri Martin (Les éditions du Pain de Gênes). A partir de 1965, Jean Noaro publia une dizaine d’ouvrages de tourisme sur la Corse, textes sans complaisance sur l’évolution de l’île, et des régions françaises, notamment Corse familière en 1968 (Bibliothèque des "Guides bleus") et Découverte du Vercors, région dans laquelle il s’était retiré en 1962.

Veuf, professeur honoraire, Noaro se remaria le 29 octobre 1961 à Villard-de-Lans (Isère) avec une veuve, négociante en vins.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article124049, notice NOARO Jean, Joseph, Séraphin par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 4 juillet 2013.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le catalogue de la BNF comprend 25 références. Voir texte.

SOURCES : Arch. Nat., 19960325 article 1, rapport des renseignements généraux sur le PCF en 1950 (communiqué par l’IHTP). — Arch. Dép. Corse, 3 M 959. — Le Mémorial des Corses, op. cit., t. 4, p. 202 et t. 5, pp. 34 et 340. — Unir-Débat, n° 30, 10 juin 1969. — Arch. mun. Saint-Maur (Christiane Sennepin). — Hyacinthe Yvia-Croce, Anthologie des écrivains corses, Ed. Cyrnos et Méditerranée, 1987.— Notes d’Antoine Olivesi, Claude Pennetier et de Michel Pinault.

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