NEVEU Henri, Ernest

Par Claude Pennetier

Né le 19 décembre 1894 à Paris (XXe arr.), mort le 26 février 1983 à Clichy (Hauts-de-Seine) ; reporter-photographe ; volontaire en Espagne républicaine ; dirigeant communiste de Colombes (Seine) ; conseiller général.

Henri Neveu et sa femme Ginette
Henri Neveu et sa femme Ginette
La Voix populaire, 4 au 10 mars 1983.

Fils d’une couturière, orphelin de père à sa naissance (son père décédé en 1894 était rédacteur en chef à l’Intransigeant, journal de Rochefort, et « socialiste révolutionnaire »), Henri Neveu obtint son CEP puis fit deux années d’études complémentaires au collège Chaptal.

Clerc d’avoué à Paris, il fut envoyé au front pendant la Première Guerre mondiale comme sous-officier d’infanterie et blessé au Chemin des Dames. Après la guerre, il entra chez Calmann-Lévy où il devint chef de service. Il quitta cette place en janvier 1922 pour aller chez Henri Manuel comme secrétaire général reporter-photographe. Il dirigea de 1922 à 1934 les services de presse. En octobre 1934 il fonda une affaire, avec un opérateur, sous le nom de Paris-Actualités Photos. "J’ai d’ailleurs été escroqué en la circonstance" écrira-t-il en 1937 (RGASPI).

Membre des Jeunesses socialistes depuis 1910 ou 1911 (« J’ai appartenu aux Jeunesses socialistes de 1911 à 1913 — Paris XVIIIe, Grandes carrières — mais sans faire d’activité », (RGASPI), Henri Neveu rallia les rangs du Parti communiste après le congrès de Tours. Son autobiographie rédigée en 1937 et conservée dans les archives du Komintern précise la date de janvier 1922 dans le XIIe arr. de Paris. Il fit la connaissance de Garchery et de Castellaz mais, selon son témoignage, fit « montre de peu d’activité jusqu’en 1925. ». Il milita au 3e rayon, puis au 8e comme membre rattaché de la cellule du Printemps, ensuite au 1er rayon, cellule du Pont de Flandres puis encore au 8e rayon, cellule des banques et assurances.

Il militait depuis 1922 à l’ARAC dont il devint le trésorier national. Il fut secrétaire de la section du XIIe arrondissement de 1925 à 1928, membre de la commission exécutive fédérale de 1926 à 1931 et membre du comité central à partir de 1928. Il avait été le secrétaire particulier d’Henri Barbusse, administrateur technique du journal Monde et secrétaire général entre août 1933 et mars 1934. Toutes ces fonctions étaient bénévoles et jusqu’à 1935, Neveu ne fut pas permanent.

En 1935, il se fixa à Colombes, présida la section locale de l’ARAC et fut élu le 12 mai 1935 conseiller municipal sur la liste d’Élie Bruneau*. Quelques jours plus tard, les électeurs du canton de Colombes l’envoyèrent siéger au conseil général de la Seine. Membre du comité de rédaction de la Voix populaire, organe hebdomadaire du PC pour les communes de Colombes, Bois-Colombes, Courbevoie et la Garenne-Colombes (n° 1, 6 mars 1936), il devint secrétaire du rayon communiste de Colombes en juillet 1935 puis de la section. Il avait été délégué au congrès national de Villeurbanne en janvier 1936, à la conférence national de la salle Huyghens (été 1936) et au congrès d’Arles (1937). Il assista également à trois comités centraux élargis.

Au début de la guerre civile espagnole, il rejoignit pendant trois mois et demi (fin janvier à mi-mai 1937) les Brigades internationales. Commissaire politique, il fut l’un des artisans de l’organisation du service sanitaire. Il précisait dans son autobiographie de décembre 1937 qu’il avait été envoyé par la direction du parti et qu’il "n’avait qu’un désir, y retourner".

Il était mobilisé lorsque la municipalité fut suspendue le 4 octobre 1939. Un document signé par le président du conseil général de la Seine évoque son désaveu de la politique de l’IC en date du 3 décembre 1939 mais rien ne vient confirmer cette information (D3 M2 2). À son retour, il fut arrêté puis interné le 19 décembre 1939 aux camps de Baillet, d’Aincourt puis d’Oraison (Basses-Alpes) d’où il s’évada avec Lucien Sampaix. Il rejoignit la Résistance, prit contact avec Georges Marrane, fut à nouveau arrêté le 23 mars 1941 et interné, emprisonné à Eysses puis déporté à Dachau (Allemagne).

Henri Neveu retrouva son siège de conseiller municipal de Colombes en 1947 (il n’était pas encore rentré de déportation quand eurent lieu en avril 1945 les élections municipales) puis en 1953. La liste qu’il conduisait fut battue en 1959 et il quitta le conseil. En 1965, il conduisit la liste d’Union de la gauche qui l’emporta. À l’issue de la première séance du conseil, l’assemblée municipale le nomma maire honoraire le 28 mars 1965. Il avait aussi retrouvé son fauteuil de conseiller général qu’il conserva jusqu’en 1967. Il était alors secrétaire départemental des vétérans du PC.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article123889, notice NEVEU Henri, Ernest par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 31 mars 2017.

Par Claude Pennetier

Henri Neveu et sa femme Ginette
Henri Neveu et sa femme Ginette
La Voix populaire, 4 au 10 mars 1983.

SOURCES : Arch. Dép. Seine, DM3, versements 10451/76/1 et 10441/64/2. — RGASPI, Moscou, dossier personnel 495 270 2245. — La Voix populaire, 16 septembre et 7 octobre 1937, 4-10 mars 1983. — Nos Édiles, op. cit. — Notes de L. Bonnel. — État civil.

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