NÈGRE Marius, Auguste

Par H. Dubief

Né et mort à Caux (Hérault) : 16 février 1870-8 février 1952 ; instituteur, secrétaire général de la FNSI (Fédération nationale des syndicats d’instituteurs et institutrices).

Fils aîné d’un menuisier, Marius Nègre fut admis à l’École normale de Montpellier. Après son service militaire, il passa le baccalauréat et fut admissible au professorat des Écoles normales. Il fut professeur délégué au collège de Mende, puis à l’EN de Quimper et enfin instituteur à Paris afin d’aider son jeune frère qui allait continuer ses études à l’École supérieure d’électricité après la mort de leur père.

Nègre fonda un Comité de l’enseignement laïque et républicain dont l’organe bimensuel était l’Action scolaire et s’efforça d’entraîner les Amicales d’instituteurs vers une action plus énergique ; à l’issue de leur congrès de Marseille en 1903, il fut des fondateurs de « l’Émancipation de l’instituteur ». Le 2 mars 1905, il fit adopter la transformation des sections départementales de « l’Émancipation » en une fédération de syndicats solidaire du mouvement ouvrier dont il rédigea les statuts. Aussi orienta-t-il son groupement vers l’adhésion à la Bourse du Travail de Paris. Le 13 juillet 1905, « l’Émancipation » se transforma effectivement en Fédération nationale des syndicats d’instituteurs et d’institutrices publics de France et des colonies. Le syndicat de la Seine fut immédiatement poursuivi, d’ailleurs sans effet, et Nègre fut nommé secrétaire général de la fédération en décembre 1905 ; il le demeura jusqu’en mars 1910 et devint secrétaire du comité central pour la défense du prolétariat de l’État. En 1906 il fut le principal rédacteur d’une lettre ouverte à Clemenceau et dirigea le congrès fédéral de Paris. En 1907, au congrès de Nantes, il intervint sur le rapport de Charles Désirat instituteur de la Seine, pour l’adhésion à la CGT qui fut votée à l’unanimité.

Nègre, traduit devant le Conseil départemental de la Seine pour son activité militante, fut révoqué le 27 avril 1907. Il devint alors secrétaire permanent et le syndicat lui assura son traitement. Dans cette situation des dissentiments apparurent entre les sections ; Nègre se heurta à beaucoup d’hostilité et ne fut vraiment soutenu que par les groupements des Bouches-du-Rhône, de Maine-et-Loire, du Cher et de la Mayenne. Au congrès fédéral d’Angers, en 1910, Nègre fut attaqué parce qu’il s’était fait élire conseiller municipal socialiste de Boulogne-Billancourt. Il démissionna alors, rentra dans le rang et fut réintégré en avril 1911 dans le XXe arr. Il signa en 1912 le manifeste des instituteurs syndicalistes. En février-mars 1914, il participa à la brève scission allemaniste du Parti ouvrier.

Retiré dans sa commune natale, Nègre y créa une coopérative viticole. Lors du 25e anniversaire de la fédération, alors affiliée à la CGTU, il envoya un message au congrès fédéral réuni à la Bellevilloise à Paris, 5 août 1928.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article123821, notice NÈGRE Marius, Auguste par H. Dubief, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 10 décembre 2018.

Par H. Dubief

SOURCES : Arch. PPo. B a/1 701. — Louis Bouet, Les Pionniers du syndicalisme universitaire, s. d. [1951]. — F. Bernard, Le Syndicalisme dans l’enseignement, s. d. [1953]. — Max Ferré, Histoire du Mouvement syndicaliste révolutionnaire chez les instituteurs, 1955.