NAZON Jean [NAZON Jean-Marie, Louis, dit Jean]

Par René Gaudy

Né le 18 août 1912 à Nant (Aveyron), mort le 27 juillet 1999 ; syndicaliste de l’électricité et du gaz, secrétaire de la Fédération CGT de l’Énergie (1956-1972).

Dernier né d’une famille de douze enfants, fils d’un charron installé à Cantobre (commune de Nant), qui exploitait également un commerce de bois pour le charronnage et la menuiserie, Jean-Marie Nazon, après avoir été reçu au Certificat d’études, fut mis en pension à l’école primaire supérieure de Bagnols-sur-Cèze (Gard). La charge étant trop lourde, ses parents le retirèrent vers la fin de la deuxième année et sa sœur le prit chez elle pour suivre le cours complémentaire de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard). À la mort de sa mère, fin 1928, il chercha du travail et entra le 2 janvier 1929 à la banque Teissonnière dans cette ville, sans autre diplôme que le CEP. Le 26 juin 1934, par l’entremise du mari de sa sœur, qui travaillait à la Sud-Électrique, il entra dans cette société, à la division de Sommières, comme employé aux écritures, juste après son service militaire. En 1935, il y devint magasinier. Il s’était marié à Saint-Hyppolyte du Fort (Gard) le 12 juillet 1934.

Fin 1934-début 1935, il adhéra au Parti socialiste SFIO et fut trésorier de la section de Sommières (1936-1939). Avec Pierre Berger et Charles Lacarré , il anima la grève en 1936 et participa à la création du syndicat CGT de la Sud-Électrique, société qui rayonnait sur le Vaucluse, le Gard, l’Hérault et la région d’Arles. Au premier congrès du syndicat, réuni à Tarascon en mai 1937, il fut élu secrétaire adjoint, le secrétaire général étant Pierre Berger. Il fut réélu au IIe congrès du syndicat en mai ou juin 1939 à Arles.

Mobilisé en septembre 1939, démobilisé en juillet 1940, il se tint hors du syndicat légal dirigé par Paul Frugier. De retour à Sommières, il organisa parmi les agents de la société des groupes de résistance du Mouvement de libération nationale. Pour des raisons familiales, il fut muté le 1er février 1943 à Nîmes, à l’usine de Talahot où il se forma au travail de conducteur de tableaux dans une des quatre équipes en roulement. Il continua ses activités résistantes.

À la Libération, il appartint à nouveau à la direction du syndicat. Il fut délégué et intervint à la conférence-congrès de la Fédération CGT de l’Éclairage des 23 et 24 avril 1945. Au congrès de son syndicat, réuni à Lunel (Hérault) le mois suivant, il fut élu secrétaire général aux côtés de Paul Frugier qui démissionna peu après. Il prit une part active à la bataille pour la nationalisation de l’électricité et du gaz, publia plusieurs articles à ce sujet dans Midi libre, dont certains furent repris dans le Républicain du Gard, organe de la Fédération socialiste. Il appelait à la formation de comités de gestion dans toutes les sociétés (Midi libre, 27 octobre 1944).

Conseiller municipal de Nîmes (fin 1944-mai 1945), en désaccord avec la SFIO et notamment avec Robert Lacoste, ministre de la Production industrielle, il démissionna de ce parti en mai 1947. Lors de la scission, il resta à la CGT. Le 28 janvier 1948, au comité fédéral de la Fédération CGT (où il avait été élu lors du XVIe congrès, en septembre 1946), il lança un appel à l’unité, de même que d’autres non-communistes, en particulier Marcel Brunot. Il entra au bureau fédéral lors du XVIIe congrès en mai 1948 et fut constamment réélu à ce poste jusqu’au XXe congrès inclus qui se tint en 1956.

Il fut élu administrateur du Conseil central des œuvres sociales (CCOS) de décembre 1949 à février 1951, puis de la Caisse centrales d’activités sociales (CCAS) à partir de 1963 — il fut secrétaire adjoint de son bureau élu le 3 mai 1963. Il appartint également à la Commission supérieure nationale du personnel d’EDF-GDF de 1950 à 1976.

En octobre 1953, au XXe congrès fédéral, il fut élu secrétaire (non-permanent) et en avril 1966, au congrès du Havre, il devint secrétaire permanent. Il quitta alors le poste de chef de section à la subdivision EDF-GDF d’Avignon qu’il occupait depuis début 1949. Il fut secrétaire permanent jusqu’en 1972 (date de son départ en retraite) et membre du bureau fédéral jusqu’en 1975. En mai-juin 1968, il fit partie de la délégation fédérale qui négocia avec la direction d’EDF-GDF et le gouvernement.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article123784, notice NAZON Jean [NAZON Jean-Marie, Louis, dit Jean] par René Gaudy, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 15 octobre 2013.

Par René Gaudy

SOURCES : Arch. FNE-CGT. — René Gaudy, Les porteurs d’énergie, Paris, Temps Actuels, 1982, pp. 95-96. — Renseignements communiqués par l’intéressé et recueillis par M. Rault.

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