NATALINI Joseph, Marie

Par Jacques Girault

Né le 5 juin 1891 à Erbajolo (Corse), fils d’un cultivateur, Joseph Natalini, comme son frère aîné Louis, ouvrier à l’Arsenal maritime de Toulon (Var), atelier de la Grosse chaudronnerie, puis atelier des réparations (direction des Constructions navales), habitait le quartier du Pont-du-Las. Inscrit au carnet B, membre du courant révolutionnaire du syndicat des travailleurs de la Marine, il devint le secrétaire général de ce dernier, en 1921. Aussi fut-il de ceux qui le représentèrent quand la Fédération CGTU des travailleurs de la Marine se constitua. Dans un premier temps, partisan de l’indépendance du combat syndical par rapport au Parti communiste, il s’opposa à ce que son organisation présentât des candidats à la commission locale des salaires. En août 1922, il avait été désigné comme délégué au congrès de l’Union départementale de la CGTU, proposé par la minorité se réclamant du syndicalisme révolutionnaire contre les partisans de Flandrin qui souhaitaient une plus grande identification entre combat communiste et combat syndical.

Ce militant communiste, alors membre actif de la Ligue des droits de l’Homme, présidait en 1922 le Comité pour l’amnistie intégrale, constitué par des syndicalistes, et prit part à la campagne électorale dans le premier canton de Toulon en faveur de la candidature du mutin de la mer Noire, Badina. En octobre 1922, il démissionna du secrétariat général du syndicat des travailleurs de la Marine pour se consacrer au Comité d’amnistie. Le 28 septembre 1923, il démissionna par lettre de sa responsabilité au Comité pour l’amnistie intégrale en signe de protestation contre l’ingérence du Parti communiste dans la vie de l’organisation.

Partisan de l’autonomie syndicale, président d’une réunion des Comités de défense syndicale, dans le cadre de la préparation du congrès CGTU de Bourges, il se montra favorable à la motion Lartigue. Pourtant, il ne suivit pas Demonsais dans sa lutte ouverte contre les communistes.

Natalini poursuivit son évolution vers un accord avec les analyses syndicales du Parti communiste. Le 8 mars 1925, il fut élu secrétaire général de l’Union locale de la CGTU tout en étant secrétaire adjoint du syndicat de l’Arsenal. Proche de Viort (voir ce nom), il suivit ce dernier et fut suspendu de ses responsabilités syndicales à l’Arsenal, le 24 août 1926 tout en demeurant membre de la commission exécutive de l’Union départementale CGTU.

Natalini mourut le 5 janvier 1941 à Erbajolo.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article123714, notice NATALINI Joseph, Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/12948, 13021, 13164, 13643. — Arch. Dép. Var, 4 M 59 4 1, 3 Z 2 5, 3 Z 4 21, 3 Z 4 28, 3 Z 4 29. — Arch. Troisième Région mar., 2 A4 12. — Renseignements fournis par la famille de l’intéressé.

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