MORA Albert

Par Jean-Claude Paul-Dejean

Né le 4 avril 1896 à Bayonne (Basses-Pyrénées) ; mort le 16 octobre 1959 à Tarnos ; chaudronnier ; militant syndicaliste. Député communiste.

Fils d’une domestique, ouvrier chaudronnier, Albert Mora adhéra au Parti socialiste SFIO en 1919 ; il travailla quelque temps à Tarbes (Hautes-Pyrénées) aux Constructions électriques avant d’être embauché aux Forges de l’Adour. Il s’inscrivit au Parti communiste en 1923 et fut membre du bureau régional dès 1926. Le région Pyrénnées le délégua au congrès de Lille (1926).

Pendant une quinzaine d’années, il joua sur le plan politique et syndical un rôle important. Selon le préfet des Landes (avril 1928), Mora prenait "une très grande part à l’action communiste et syndicaliste dans la 12e Région unitaire". Son ascension fut rapide : secrétaire du syndicat des ouvriers métallurgistes de Boucau, membre du bureau de la région pyrénéenne, responsable de la "section organisation", délégué au congrès de Lille du Parti communiste (1926). Il appartint à la commission exécutive de la 12e région (1927) et fut secrétaire du rayon de Boucau-Tarnos (1928). Élu conseiller municipal de Tarnos le 12 juillet 1926 sur une liste du Bloc ouvrier et paysan, il fut réélu en 1929. En 1928, il s’était présenté aux élections du conseil d’arrondissement dans le canton de Saint-Martin-de-Seignanx et avait obtenu 530 voix (27 % des suffrages exprimés). Aux élections législatives dans la circonscription de Saint-Sever, il avait recueilli 699 voix (5 % des suffrages exprimés).

Albert Mora fut l’initiateur et l’animateur de la grève qui éclata brusquement en mai 1930 et qui, pendant deux mois, paralysa les Forges de l’Adour ; ce mouvement très dur, qui eut une résonance nationale, se termina par un échec. Mora fut renvoyé de l’usine et "condamné pour actes de sabotage et entraves à la liberté du travail" à un an de prison et deux ans d’interdiction de séjour (pour cette dernière peine, il bénéficia de l’amnistie) ; il s’occupa alors de la boucherie syndicale.

Après un séjour en URSS pour le Ve congrès de l’ISR, la police saisit sur lui des documents, comptes rendus et brochures. Il fut candidat aux élections du conseil d’arrondissement de 1931, obtint 287 voix (13 % des suffrages exprimés) dans le canton de Dax, et aux élections législatives de 1932 dans la circonscription de Saint-Sever où le nombre de voix qu’il recueillit fit plus que doubler par rapport à la précédente consultation (1 593 voix : 10 % des suffrages exprimés). Il participa en août 1932 au congrès contre la guerre réuni à Amsterdam. Après 1933, ses activités furent moindres. Un moment secrétaire du rayon de Bayonne, il se consacra essentiellement au secrétariat régional des chômeurs où d’ailleurs il mena une action vigoureuse. En 1935, sanctionné par le PCF et ramené à la base (motif : vie privée), il n’était plus conseiller municipal de Tarnos. Le 25 juillet 1937, lors de l’assemblée générale du centre de liaison des chômeurs de France, il donna lecture du manifeste comme secrétaire régional des chômeurs.

Arrêté en septembre 1939, libéré après 35 jours, il partit à Tarbes où il fit du travail illégal. Arrêté à nouveau en février 1941, par les autorités de Vichy, il s’évada de Sisteron et rejoignit les rangs des FTPF. Il reprit contact avec le PCF en juin 1944.

Après la Libération, secrétaire fédéral à la propagande, il fut député des Basses-Pyrénées d’octobre 1945 à novembre 1958. André Moine le jugeait ainsi : " Tempérament sectaire et gauchiste, semble s’être amélioré, homme de masse, dévoué au Parti. " Il était titulaire des deux Croix de guerre et de la Croix de guerre belge 1914-1918.

Albert Mora s’était marié en 1920 à Tarnos.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article122962, notice MORA Albert par Jean-Claude Paul-Dejean, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.

Par Jean-Claude Paul-Dejean

SOURCES : CRCEDHC, 495 270 322. — Arch. Nat. F7/13013, 13090, 13111 et 13256. — Arch. Dép. Landes, 2 M 180, 181, 491, 495 et 5 M 167, 170. — L’Étincelle.Le Monde, 20 octobre 1959. — État civil.

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