MIRY Ernest

Par Alain Prigent, Georges-Michel Thomas

Né le 28 octobre 1908 à Guilers (Finistère), mort le 10 février 1970 à Brest (Finistère) ; ouvrier à l’Arsenal ; interné politique ; syndicaliste CGTU puis CGT, secrétaire général de l’Union départementale CGT (1944-1949) ; militant communiste, membre du bureau de la fédération PCF du Finistère (1946), adjoint au maire de Brest (1945-1947).

Après avoir fait son apprentissage chez Dubigeon, Ernest Miry entra comme ouvrier à l’Arsenal de Brest en 1931. Il devint à partir de 1932 secrétaire adjoint du syndicat CGTU de l’Arsenal, secondant Cadec. En décembre 1935, lors de la réunification syndicale, il fut élu membre du bureau puis remplaça Auguste Havez, parti pour Paris, comme secrétaire adjoint. Au congrès de réunification des UD, à Morlaix en décembre 1935, il fut élu à la commission administrative de la CGT. À l’Arsenal, il seconda Charles Berthelot dans le bureau du syndicat CGT réunifié. Après la grève du 30 novembre 1938 il fut sanctionné et muté à Toulon (Var) puis à Lorient (Morbihan). Il fut délégué au congrès national de la CGTU à Issy-les-Moulineaux en septembre 1935 et au congrès de la CGT à Nantes en novembre 1938.

Mobilisé à Granville (Manche) dans une unité de fantassins, Ernest Miry ne fut pas repris à l’Arsenal après la débâcle et sa démobilisation en 1940, en raison de ses activités politiques. Il alla alors travailler à Lorient puis revint à Brest. Il fut arrêté le 3 octobre 1941 pour avoir distribué des tracts à Brest et à Lorient et avoir participé à la rédaction d’un journal communiste clandestin. Interné à Châteaubriant jusqu’au 19 mai 1942, à Voves, à Pithiviers, à Laon et à La Rochelle, il s’évada début 1944. Il devint alors responsable de l’organisation syndicale clandestine de la région Ouest qui groupait neuf départements.

Délégué régional de la CGT en Bretagne en septembre 1944, il œuvra à la réorganisation des UD en Bretagne. A l’issue du premier congrès après la Libération, il fut élu secrétaire général de l’Union départementale CGT du Finistère à Quimper le 11 mars 1945. Réélu secrétaire général au congrès de Rosporden le 13 mai 1946, il participa aux travaux de la commission administrative du 16 novembre 1947 qui précéda la scission. Il fut réélu secrétaire général au congrès de l’Union départementale CGT du Finistère le 6 juin 1948 à Brest.

Militant communiste, il adhéra, selon Eugène Kerbaul, en 1931. Élu au conseil municipal de Brest, en tant que représentant de la CGT, sur une liste d’Union républicaine et antifasciste pour la renaissance de la ville de Brest, il devint troisième adjoint au maire le 18 mai 1945. Le 27 juillet 1947, avec Émile Causeur et Gabriel Paul*, il était présent peu de temps après la catastrophe du Liberty ship qui explosa dans le port de Brest provoquant une catastrophe majeure. Selon Isabelle Picart qui a recueilli le témoignage de Gabriel Paul, lors d’une réunion du bureau politique où il était présent, le cas d’Ernest Miry fut examiné. À la conférence de février 1949, il fut mis en cause par Jeannette Vermeersch avec d’autres dirigeants communiste dont François Rannou, Joseph Stéphan et Alain Cariou. Pierre Hervé fut écarté, ainsi qu’Alain Signor qui ne fut pas réélu au comité central. Marie Lambert fut écartée de la direction de la fédération au profit de Daniel Trellu. La décision fut prise de ne pas accorder la confiance à Ernest Miry à la direction de l’UD. Il présenta le rapport au congrès de l’union départementale à Quimper le 5 juin 1949, mais il ne fut pas réélu. Il fut vivement critiqué par le secrétaire confédéral Henry Raynaud qui notait son absence d’autocritique par rapport au travail syndical de l’UD. La commission administrative de l’UD qui examina le dossier Miry le 14 septembre 1949 repoussa les conclusions proposées mais elle ne réintégra pas l’ancien secrétaire de l’UD. En 1950, l’UD ayant de grosses difficultés, le conseil confédéral demanda la réintégration de Miry à la condition qu’il fasse son autocritique. Miry refusa à nouveau montrant « son esprit d’indépendance et son refus d’obéir aveuglément au parti. » Son exclusion fut donc confirmée. Miry cessa alors toute activité militante.

Ernest Miry avait épousé Marie Calvarin (voir Marie Miry*), sage-femme, le 17 septembre 1932 à Lambézellec. Arrêtée le 3 août 1943, elle fut déportée en Allemagne.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article122482, notice MIRY Ernest par Alain Prigent, Georges-Michel Thomas, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Alain Prigent, Georges-Michel Thomas

SOURCES : Arch. Com. Brest. — Arch. Dép. Finistère 31W348 (dossier Miry). — Arch. comité national du PCF. — Bretagne Nouvelle, hebdomadaire des fédérations du PCF de Bretagne (1968-1981). — Le Télégramme de Brest et de l’Ouest, février 1970. — Eugène Kerbaul, 1270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. — François Tanguy, La CGT dans le Finistère (1944-1968), Editions UD CGT Finistère, 1992. — Le Gall, Vanina, Les Luttes sociales à Brest (mai 1947 - avril 1950), Maîtrise d’ Histoire, Université de Bretagne occidentale, 1997. — Picart Isabelle, Le Parti communiste français à Brest de la Libération à la fin de la 4e République (1944-1958), maîtrise d’histoire, Université de Bretagne occidentale, 1989. — Notes d’Eugène Kerbaul et de Gilles Rivière.

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