BONY Jean, Félix

Par Nathalie Gozard et Cécile Vigie

Né le 3 août 1913 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), mort le 24 juin 2000 à Clermont-Ferrand ; résistant ; syndicaliste CGT et communiste.

Petit-fils d’agriculteur et fils d’un ajusteur-mécanicien chez Michelin qui adhérait à la CGTU, Jean Bony fut l’aîné d’une famille de huit enfants. Après avoir suivi une formation secondaire dans un établissement public, il entreprit à l’âge de treize ans un apprentissage d’ajusteur dans l’école professionnelle Michelin à Clermont-Ferrand. Les dirigeants de l’établissement l’obligèrent à interrompre ses études au bout de deux ans et demi en raison de son manque de convictions religieuses. Parallèlement à ses études, il adhéra aux Jeunesses socialistes de 1926 à 1928, sans y prendre de responsabilités. Dès l’âge de treize ans, Jean Bony fit également partie de l’Association sportive montferrandaise (ASM), anciennement Michelin, où il pratiqua de nombreux sports et participa à de nombreuses compétitions.
En 1928, Jean Bony trouva un emploi chez Michelin. Malgré son jeune âge, il obtint la carte de la CGT grâce à son père qui travaillait également chez Michelin. Après une altercation avec l’un de ses supérieurs, il quitta son emploi en 1933 ; il devança l’appel de l’armée et partit faire son service militaire. À son retour, il entra en 1935 aux Cuirs et Peaux à Clermont-Ferrand où il exerça le métier de monteur de chaussures. Il participa aux grèves de 1936 et dut affronter, à son retour au travail, des conditions de vie difficiles, les brimades et humiliations de la part de son patron.
Cette situation lui fit prendre conscience de la nécessité de défendre ses droits et motiva son départ d’autant plus qu’il avait trouvé un emploi à la SNCF. Il devint donc cheminot en 1937 et dès son arrivée, un de ses amis qui était responsable syndical, Gaspard Fayet, le persuada d’adhérer au syndicat des cheminots.
Mobilisé à Montluçon en 1939, Jean Bony fut fait prisonnier le 23 juin 1940. Devant son refus d’obtempérer aux ordres des soldats nazis, il fut déporté dans plusieurs camps où il refusa systématiquement de travailler. Il réussit à s’évader en montant dans un train et revint à Clermont-Ferrand le 16 juin 1941. Il retrouva son emploi et participa activement à la Résistance jusqu’en 1945.
À la Libération, Jean Bony devint secrétaire du secteur cheminot jusqu’en 1968 et fut élu représentant du personnel à divers échelons. Membre du Parti communiste depuis 1945, il exerça également des fonctions politiques, entre autres celle de secrétaire de cellule et de membre du bureau de section du PCF de Clermont-Ferrand dans les années 1950-1960. À la même époque, il fit partie du comité fédéral PCF du Puy-de-Dôme. Il se présenta aux élections municipales de 1947 mais ne fut pas élu. En 1968, il devint membre du bureau de l’Union fédérale des cheminots retraités jusqu’en 1983.
Jean Bony s’était marié en juin 1935 à Thiers (Puy-de-Dôme) avec Marie Ditelet, puis avait divorcé en 1947. De cette union il avait eu un fils, Michel, décédé en 1995. Il se remaria en 1948 avec Marie-Jeanne Laudouze, militante CGT qui soutenait son mari dans son action. Ils eurent un fils, Yves, né en 1950, qui est directeur d’un complexe sportif à Paris. Non-croyant, Jean Bony ne s’était pas marié à l’église, mais avait fait baptiser ses deux fils.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article1224, notice BONY Jean, Félix par Nathalie Gozard et Cécile Vigie, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 13 avril 2012.

Par Nathalie Gozard et Cécile Vigie

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Comités fédéraux du PCF. — Notes de Jean-Pierre Bonnet. — Entretien avec Jean Bony, 29 mars 1999. — État civil.

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