MICHEL Isidore, François

Par Jean-Michel Gaillard

Né le 5 avril 1885 à Alès (Gard) ; mort le 6 octobre 1964 au Martinet (Gard) ; ouvrier mineur ; militant syndicaliste ; maire communiste du Martinet.

Fils d’un mineur "bon républicain" et d’une mère qui fut sympathisante communiste, Isidore Michel fréqeunta l’école primaire jusqu’à douze ans sans obtenir le certificat d’études.

Il fut l’une des grandes figures du mouvement ouvrier dans le bassin minier du Gard.

Élu délégué mineur des mines de Trélys et Palmesalade au Martinet pendant la Première Guerre mondiale, il présida en compagnie de Auguste Peyric*, le congrès de la Fédération des mineurs du Gard qui se tint à Bessèges le 11 février 1917. Trésorier de son syndicat, il devint rapidement rédacteur à l’Émancipateur, organe de la Fédération du Gard des mineurs, écrivant un article de fond dans chaque numéro ainsi que les rapports mensuels sur la sécurité dans sa mine. Délégué du Martinet au congrès extraordinaire de la Fédération des mineurs du Gard tenu à Alès le 4 novembre 1917 sous la présidence de Louis Chapon*, il fut élu au début de 1918 successivement secrétaire du syndicat des mineurs du Martinet, secrétaire de l’Émancipateur, secrétaire adjoint de la Fédération du Gard des ouvriers mineurs. Il démissionna de ce dernier poste le 1er décembre 1918 ainsi que A. Ducros, secrétaire, et Flagne trésorier, mais resta tout de même membre du comité fédéral et fut membre de la commission régionale mixte patrons-ouvriers à la fin de 1920. Il était maire socialiste de Saint-Florent-sur-Auzonnet depuis 1919 et le demeura jusqu’en 1921.

Membre de la CGTU dès sa formation, il présida le premier congrès des mineurs CGTU du Martinet le 11 juin 1922, au cours duquel fut décidé la création d’un organe de la Fédération unitaire des mineurs du Gard, l’Émancipateur étant resté aux mains de la CGT. Cet organe fut le Réveil des mineurs dont Isidore Michel fut, dès sa parution en juillet 1922, l’administrateur-rédacteur. A la même époque, il se présenta aux élections de la caisse de retraite autonome des ouvriers mineurs contre Victor Mazars*, de la CGT, élections-test car intervenant immédiatement après la scission et qui devaient donner une idée du rapport des forces CGT-CGTU dans le bassin houiller du Gard en 1922. Michel fut élu par 2 267 voix contre 1 838 à Mazars. Il avait obtenu cette victoire grâce aux votes en sa faveur à Alès, Le Martinet, La Vernarède, Gagnières, Molières, Rochessadoule. Michel fut délégué du Martinet au congrès extraordinaire des mineurs CGTU qui se tint à Alès le 6 août 1922.

Politisé dès 1911, membre du Parti communiste à partir du congrès de Tours, il avait accédé deux mois après le congrès de Tours au poste de maire du Martinet — première municipalité communiste de France — et le resta plus de quarante ans. En 1927, il était secrétaire de la cellule du puits Pisani. Dans son autobiographie de 1938, il déclara "j’ai été lié avec Barbé, Célor, Souvarine".

Toujours régulièrement réélu comme délégué mineur, Isidore Michel fut l’un des rédacteurs de la Tribune des mineurs du Gard, organe du syndicat régional unitaire créé en juillet 1931 pour renforcer la propagande syndicale en cette période de crise. Il fut délégué au congrès d’Amsterdam des 27-29 août 1932 contre la guerre impérialiste. En juin, il avait été élu avec 818 voix à la caisse autonome des retraités mineurs à Decazeville-Cransac. En décembre 1933, il présida le congrès des mineurs CGTU du Gard tenu à Alès et les élections de 1934 à la caisse autonome des délégués mineurs confirmèrent sa popularité grandissante dans tout le bassin puisqu’il triompha du candidat CGT Ducros*, par 3 651 voix contre 1 543. Peu après cette victoire, en septembre 1934, il partit en Union soviétique. A son retour, il écrivit une série d’articles dans le Cri d’Alès, journal local hebdomadaire du rayon communiste, et donna des conférences dans les mairies du bassin sur l’urbanisme, l’hygiène et les conditions de travail dans les zones minières soviétiques. Écrivant toujours régulièrement dans la Tribune des mineurs du Gard devenue organe syndical unique après l’unité, il occupa, avant la Deuxième Guerre mondiale, des fonctions au sein de la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol, notamment comme délégué à la commission nationale.

Après avoir été interné à Saint-Paul-d’Eyjeaux pendant l’Occupation, il fut encore, après la guerre, l’un des militants les plus en vue de la région et maire du Martinet.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article122177, notice MICHEL Isidore, François par Jean-Michel Gaillard, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 28 février 2011.

Par Jean-Michel Gaillard

SOURCES : RGASPI, 495 270 4506, autobiographie, 17octobre 1938, classé A. — Arch. Nat. F7/12985, 13032, 13109, 13129, 13602. — Arch. Dép. Gard, 14 M 806. — Bibl. marxiste de paris, microfilm n° 317. — L’Émancipateur. — Le Réveil des mineurs. — La Tribune des mineurs du Gard.Le Cri d’Alès. — La Voix des travailleurs, 16 juin 1928. — Notes de J. Charles. — État civil.

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